Exercice 1 : Probabilités et suites : lancers francs au basket, loi binomiale, seuil en Python et récurrence
5 points Loi binomiale et concentrationSuites et récurrenceArbres pondérés et probabilités totalesPython et méthodes numériques
- Partie A
- Une joueuse de basket constate qu'elle réussit de ses lancers francs au cours d'une séance d'entraînement.
- En se basant sur ces statistiques, on modélise la situation comme une succession d'épreuves aléatoires indépendantes.
- 1. Cette joueuse effectue cinq lancers consécutifs.
- A.1.a. Soit la variable aléatoire donnant le nombre de lancers réussis. Justifier que suit une loi binomiale dont on précisera les paramètres.
- A.1.b. Donner une valeur approchée à près de . Interpréter ce résultat dans le contexte de l'exercice.
- 2. On suppose maintenant que cette sportive doit effectuer lancers, où est un entier naturel non nul.
- Soit la variable aléatoire donnant le nombre de lancers réussis.
- On admet que la variable aléatoire suit la loi binomiale de paramètres et .
- A.2.a. Montrer que .
- A.2.b. En déduire le nombre de lancers à partir duquel la probabilité d'en réussir au moins un dépasse .
- A.2.c. Recopier et compléter le script de la fonction Python suivante afin qu'elle permette de retrouver le résultat de la question 2. b.
- Partie B
- Pour un autre joueur, on remarque que :
• lorsqu'il a réussi un lancer franc, il réussit le suivant avec une probabilité de .
• lorsqu'il a raté un lancer franc, il réussit le suivant avec une probabilité de . - On considère que la probabilité de réussir son premier lancer est de
- On note l'évènement : « le joueur réussit son premier lancer franc ».
- On a donc .
- On note l'évènement : « le joueur réussit son deuxième lancer franc ».
- B.1. Calculer . On pourra utiliser un arbre de probabilité.
- Soit un entier naturel non nul.
- On note l'évènement « le joueur réussit le -ième lancer franc » et , la probabilité de .
- On définit ainsi une suite de réels.
- On admet que pour tout , .
- B.2.a. En utilisant un raisonnement par récurrence, démontrer que pour tout ,
- B.2.b. Quel argument permet d'affirmer que la suite est majorée ?
- B.2.c. En déduire que la suite est convergente.
- B.3. On admet que la limite de quand tend vers est . Interpréter cette valeur dans le contexte de l'exercice.
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Réponses
- A.1.a : épreuves de Bernoulli identiques et indépendantes, succès « lancer réussi »
- A.1.b
- A.2.a
- A.2.b :
- A.2.c while p <= 0.9999 : ; p = 1 - 0.4**n ; return n
- B.1
- B.2.a Initialisation ; hérédité : est croissante
- B.2.b est une probabilité, donc : la suite est majorée par
- B.2.c est croissante et majorée : elle converge (théorème de convergence monotone)
- B.3 À long terme, le joueur réussit un lancer franc avec une probabilité proche de
A.1.a. On reconnaît un schéma de Bernoulli. Chaque lancer est une épreuve à deux issues : succès « le lancer est réussi », de probabilité , et échec, de probabilité . L'énoncé modélise la situation par une succession d'épreuves INDÉPENDANTES, et les lancers se déroulent dans les mêmes conditions, donc les épreuves sont identiques. La variable compte le nombre de succès sur épreuves : elle suit la loi binomiale de paramètres et , notée .
Les trois éléments attendus : deux issues, épreuves identiques et indépendantes, compte les succès. Les paramètres seuls, sans cette justification, ne rapportent pas tous les points.
A.1.b. « Au moins quatre lancers réussis » s'écrit , soit ou . Par la formule de la loi binomiale, : et .
Donc . À la calculatrice, on obtient aussi .
Interprétation : sur une série de cinq lancers francs, la joueuse a environ de chances d'en réussir au moins quatre. Erreur fréquente : calculer , qui est seulement ; l'inégalité large « au moins 4 » compte la valeur .
A.2.a. L'évènement contraire de « au moins un lancer réussi », , est « aucun lancer réussi », . Donc .
Le passage par l'évènement contraire est la méthode de toute question « au moins un » : calculer directement serait interminable. Contrôle : pour , on retrouve , la probabilité de réussir un lancer.
A.2.b. On cherche le plus petit entier tel que , c'est-à-dire . La fonction étant strictement croissante sur , cette inégalité équivaut à , soit .
Comme , : en divisant par ce nombre négatif, on CHANGE le sens de l'inégalité. On obtient . Le plus petit entier qui convient est : c'est à partir de lancers que la probabilité d'en réussir au moins un dépasse .
Vérification : , donc pour la probabilité vaut environ , encore insuffisante ; , et la probabilité vaut environ . Erreur fréquente : oublier de changer le sens en divisant par , ce qui donne , absurde.
A.2.c. Le script part de et , qui est bien pour un lancer. La boucle doit tourner TANT QUE la probabilité ne dépasse pas : while p <= 0.9999 :. À chaque tour on ajoute un lancer, puis on recalcule la probabilité avec la formule de 2.a : p = 1 - 0.4**n. En sortie de boucle, on renvoie le nombre de lancers : return n. La fonction renvoie . Le script complété figure en fin de corrigé.
Piège : « dépasse » veut dire strictement supérieur, donc on continue tant que p <= 0.9999, et non tant que p < 0.9999 (ici la différence ne change pas le résultat, aucune valeur n'étant égale à , mais c'est la condition fidèle à l'énoncé). L'ordre des deux lignes de la boucle compte aussi : est augmenté AVANT le calcul de p, pour que p corresponde au nouveau nombre de lancers.
B.1. On traduit l'énoncé en probabilités conditionnelles : (après un lancer réussi) et (après un lancer raté), avec et . L'arbre pondéré figure en fin de corrigé.
Les évènements et forment une partition de l'univers ; par la formule des probabilités totales, .
Contrôle : la relation admise ensuite donne , la même valeur. C'est d'ailleurs ainsi qu'on obtient cette relation : .
B.2.a. Raisonnement par récurrence. Pour tout entier , on note la propriété : « ».
Initialisation : et (question B.1). On a bien : est vraie. Attention, la récurrence commence au rang , pas au rang : la suite n'est définie qu'à partir de .
Hérédité : soit tel que . En multipliant par , le sens est conservé : . En ajoutant : , c'est-à-dire . est vraie.
Conclusion : est vraie et la propriété est héréditaire ; par le principe de récurrence, pour tout . La suite est croissante. Le point à écrire dans l'hérédité est la positivité du coefficient : c'est elle qui conserve le sens de l'inégalité.
B.2.b. Pour tout , est la PROBABILITÉ de l'évènement : elle est donc comprise entre et . En particulier pour tout : la suite est majorée par .
C'est un argument de sens, pas de calcul : aucune récurrence n'est nécessaire. Erreur fréquente : invoquer la croissance de la suite, qui fournit au contraire un MINORANT (), ou la limite , qui n'est admise qu'à la question suivante.
B.2.c. La suite est croissante (B.2.a) et majorée par (B.2.b). Par le théorème de convergence monotone, une suite croissante et majorée converge : est convergente.
Le théorème dit que la limite existe et qu'elle est inférieure ou égale au majorant, ici ; il ne dit pas qu'elle vaut . Erreur fréquente : conclure « elle converge vers ».
B.3. On peut retrouver la valeur admise : la limite vérifie (par passage à la limite dans la relation de récurrence), donc et .
Interprétation : quand le nombre de lancers devient grand, la probabilité que le joueur réussisse son -ième lancer franc se rapproche de , soit environ . À long terme, il réussit à peu près lancers francs sur , quel que soit le résultat de son premier lancer.
Cohérence : est compris entre et , les deux probabilités conditionnelles, et la suite croissante part de pour monter vers , en restant sous sa limite.
def basket ():
p = 0.6
n = 1
while p <= 0.9999 :
n = n + 1
p = 1 - 0.4**n
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