Ondes et physique moderne 203-SN3-RE • Exercices corrigés de cégep à Montréal
Fiche de révision : physique quantique, photon, spectres de raies et dualité (203-SN3-RE)
La physique quantique du cégep ne demande pas d'intuition nouvelle : elle demande de savoir quelle relation s'applique à quel objet, et dans quelle unité. Les points se perdent sur une puissance de dix, un carré oublié, un inverse non pris, rarement sur l'idée.
Cette fiche rassemble les pièges des évaluations du cours 203-SN3-RE sur le photon, le modèle de Bohr, les spectres de raies et la dualité onde-particule, l'arbre qui choisit la relation, une rédaction type et un exemple de diffraction d'électrons résolu pas à pas.
Le fil du chapitre
À l'échelle de l'atome, l'énergie ne s'échange que par paquets, et c'est une condition d'onde qui fixe ces paquets : un électron lié est une onde stationnaire, seules certaines longueurs d'onde tiennent, donc seules certaines énergies existent. Les pièges portent sur les unités et les puissances, jamais sur l'idée.
•Photon : E=hf=λhc et p=λh. Raccourci : E(eV)=λ(nm)1240 ; 1 eV =1,60×10−19 J.
•Hydrogène (Bohr) : En=−n213,6 eV, rn=n2a0 avec a0=0,0529 nm. Ion à un électron de charge Z : En=−n213,6Z2.
•Une transition émet ou absorbe un photon d'énergie EXACTEMENT égale à l'écart : hf=∣Ehaut−Ebas∣. Au-delà de l'énergie d'ionisation, toute énergie convient.
Une descente émet, une montée absorbe, et chaque flèche a la longueur exacte d'un écart entre deux niveaux : 10,2 eV pour 2 vers 1, 1,89 eV pour 3 vers 2.
Les énergies sont négatives parce que le zéro est l'électron libre, au repos à l'infini : un électron lié doit recevoir de l'énergie pour s'échapper.
Dualité et quantification par les ondes
•Toute particule a une longueur d'onde de de Broglie λ=ph ; électron accéléré sous V : λ=2meeVh.
•Électron dans une boîte de largeur L : onde stationnaire, L=n2λ, d'où En=8mL2n2h2 avec n≥1.
•Rayons X : coupure λmin=eVhc ; loi de Moseley EKα≈10,2(Z−1)2 eV.
•L'intensité d'une lumière fixe le NOMBRE de photons ; leur énergie ne dépend que de la fréquence.
Quantifier, c'est imposer à une onde de tenir dans un espace fermé : seules certaines longueurs d'onde conviennent, donc seules certaines énergies existent.
Les pièges qui coûtent des points
Les erreurs ci-dessous sont celles que je corrige le plus souvent en séance. Chacune coûte des points sur une copie, même quand le raisonnement est juste.
1.Laisser la longueur d'onde en nanomètres dans hc sur lambda
toute la question, et un photon un milliard de fois trop faible
Ce qu'il ne faut pas écrire
« E=5506,63×10−34×3,00×108=3,6×10−28 J. »
Ce qu'il faut écrire
« λ=550×10−9 m : E=3,62×10−19 J, soit 2,25 eV. »
Pourquoi : Avec h en J·s et c en m/s, λ doit être en mètres. Le raccourci λ(nm)1240 en eV évite la conversion, mais seulement si l'on garde les deux unités qu'il suppose.
2.Croire qu'une lumière plus intense donne des photons plus énergétiques
2 à 3 points sur la question de raisonnement
Ce qu'il ne faut pas écrire
« En doublant l'intensité de la lampe, on double l'énergie cinétique des électrons arrachés. »
Ce qu'il faut écrire
« Doubler l'intensité double le nombre de photons, donc le nombre d'électrons et le courant ; l'énergie cinétique maximale ne dépend que de la fréquence. »
Pourquoi : Un photon agit seul : son énergie ne s'additionne pas à celle d'un voisin. C'est précisément l'observation que la théorie ondulatoire ne pouvait pas expliquer et que le photon explique.
3.Oublier d'inverser la formule de Rydberg
toute la question
Ce qu'il ne faut pas écrire
« λ=RH(41−91)=1,52×106 m. »
Ce qu'il faut écrire
« La formule donne λ1=1,52×106 m⁻¹, donc λ=6,56×10−7 m =656 nm. »
Les raies de Balmer se resserrent vers la limite de 365 nm : aucune n'est plus courte, et H alpha à 656 nm est la plus longue de la série.
Pourquoi : L'unité de R, des mètres à la puissance moins un, annonce l'inverse d'une longueur. Une longueur d'onde lumineuse de mille kilomètres doit faire relire la ligne.
4.Faire croître le rayon de Bohr comme n
2 points
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Orbite n=3 : r3=3a0=0,159 nm. »
Ce qu'il faut écrire
« rn=n2a0 : r3=9×0,0529=0,476 nm. »
À gauche, des rayons en 1, 2, 3 : faux. À droite, des rayons en 1, 4, 9 : la troisième orbite est neuf fois plus grande que la première.
Pourquoi : La condition mevr=nℏ combinée à la force électrique donne un rayon en n2 et une vitesse en n1. Les orbites s'écartent de plus en plus vite, alors que les niveaux d'énergie se resserrent.
5.Mettre Z au lieu de Z au carré pour un ion à un électron
2 points, et toutes les raies de l'ion fausses
Ce qu'il ne faut pas écrire
« He⁺ : Eion=13,6×2=27,2 eV. »
Ce qu'il faut écrire
« Eion=13,6Z2=13,6×4=54,4 eV. »
Pourquoi : Le noyau deux fois plus chargé attire deux fois plus fort ET l'électron est deux fois plus près : les deux effets se multiplient.
6.Doubler la tension pour diviser la longueur d'onde par deux
2 points
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Pour passer de 0,167 à 0,084 nm, on accélère les électrons sous 108 V au lieu de 54 V. »
Ce qu'il faut écrire
« λ∝V1 : il faut 4×54=216 V. »
Pourquoi : La quantité de mouvement varie comme la racine de l'énergie cinétique, donc comme la racine de la tension. Diviser la longueur d'onde par deux demande une énergie quatre fois plus grande.
7.Oublier l'écrantage dans la loi de Moseley
2 points, et un élément mal identifié
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Cuivre, Z=29 : EKα=10,2×292=8,58 keV. »
Ce qu'il faut écrire
« EKα=10,2(Z−1)2=10,2×282=8,00 keV, soit 0,155 nm. »
Pourquoi : L'électron qui tombe en couche K voit le noyau à travers l'électron qui y reste : la charge effective vaut Z moins 1. Oublier ce 1 décale l'identification d'un élément.
Quelle méthode choisir
Quelle relation selon ce que l'énoncé met en jeu
L'objet décrit par l'énoncé
Si une longueur d'onde ou une fréquence de lumière, une énergie de photon → E=λhc, ou λ(nm)1240 en eV
Exemple : 6561240=1,89 eV
Si des raies de l'hydrogène, des niveaux n → En=−n213,6 eV ou Rydberg
Exemple : 3→2 : 13,6(41−91)=1,89 eV
Si un ion à un seul électron (He⁺, Li²⁺) → même modèle avec Z2 dans les énergies, Z1 dans les rayons
Exemple : Li²⁺ : 13,6×9=122,4 eV
Si un électron ou un neutron qui diffracte → λ=ph=2mEh
Exemple : 54 V : 0,167 nm
Si une particule confinée entre deux parois → onde stationnaire : En=8mL2n2h2
Exemple : L=1 nm : E1=0,377 eV
Si un tube à rayons X → λmin=eVhc et Moseley 10,2(Z−1)2 eV
Exemple : 30 kV : 0,0413 nm
Avant tout calcul, choisir l'unité d'énergie de tout l'exercice : les électronvolts pour les atomes et les photons, les joules dès qu'une masse ou une quantité de mouvement apparaît.
La rédaction attendue
Le correcteur coche des étapes. Les voici dans l'ordre, avec la phrase de conclusion qu'il attend mot pour mot.
Exploiter une transition, rédigé pour le correcteur
Quand l'utiliser : L'énoncé donne un photon absorbé ou émis par un atome d'hydrogène et demande le niveau atteint ou la raie produite.
1Convertir la longueur d'onde en énergie, en eV : E=λ(nm)1240.
2Écrire le bilan : En=Edeˊpart+Ephoton pour une absorption, Ephoton=Ehaut−Ebas pour une émission.
3Résoudre −n213,6=En et vérifier que n est entier ; sinon, le photon n'est pas absorbé.
4Conclure par une phrase qui nomme la transition et le domaine du rayonnement.
Phrase de conclusion
« Le photon de 97,3 nm porte 12,74 eV ; −13,6+12,74=−0,86 eV correspond à n=4 : l'électron passe du niveau 1 au niveau 4. »
Le piège : Arrondir un n non entier au plus proche : un photon de 11,0 eV donnerait n environ 2,3 et n'est tout simplement pas absorbé.
Barème : En général 1 point pour la conversion, 1 pour le bilan, 1 pour le n entier, 1 pour la conclusion.
Vérifier avant de rendre
Cinq minutes de vérification récupèrent plus de points qu'un exercice de plus commencé à la hâte.
Le photon visible entre 1,8 et 3,1 eV
Toute énergie de photon visible calculée doit tomber dans cet intervalle ; l'ultraviolet est au-dessus, l'infrarouge en dessous.
3,6×10−28 J pour de la lumière verte : longueur d'onde laissée en nanomètres.
Le niveau entier
Après une absorption, le n calculé doit être un entier à moins de 1 % près. Sinon, soit le photon n'est pas absorbé, soit l'énergie est fausse.
n=3,99 : niveau 4. n=2,29 : pas d'absorption.
Les longueurs d'onde de de Broglie atomiques
Un électron de quelques dizaines à quelques centaines d'électronvolts a une longueur d'onde de l'ordre du dixième de nanomètre, comparable aux distances entre atomes.
0,1 nm pour 150 V : cohérent. 10−7 m : erreur de puissance de dix.
Les raies de Balmer dans le visible
Une raie qui aboutit au niveau 2 doit se situer entre 365 et 656 nm.
Une raie de Balmer à 1875 nm est en réalité la transition 4→3 de Paschen.
L'exercice type décortiqué
Un faisceau d'électrons diffracté par un cristal
Des électrons partent du repos et sont accélérés sous 150 V, puis frappent un cristal dont les rangées d'atomes sont espacées de d=0,215 nm. h=6,63×10−34 J·s, me=9,11×10−31 kg, e=1,60×10−19 C.
Calculer la longueur d'onde des électrons et l'angle du premier maximum, donné par dsinθ=λ.
Étape 1
Énergie cinétique : E=eV=1,60×10−19×150=2,40×10−17 J.
Pourquoi
On passe en joules parce que la suite fait intervenir une masse : les électronvolts ne se mélangent pas avec les kilogrammes.
Étape 2
Quantité de mouvement : p=2meE=2×9,11×10−31×2,40×10−17=6,61×10−24 kg·m/s.
Pourquoi
On passe par p plutôt que par v : c'est p qui entre dans la relation de de Broglie.
Étape 3
λ=ph=6,61×10−246,63×10−34=1,00×10−10 m =0,100 nm.
Pourquoi
Le résultat est de l'ordre des distances interatomiques : c'est ce qui rend la diffraction observable.
Étape 4
sinθ=0,2150,100=0,466, donc θ=27,8°.
Pourquoi
Le cristal se comporte comme un réseau : la même relation qu'en optique, avec la longueur d'onde de la matière.
Étape 5
Contrôle : v=mep=7,26×106 m/s, 2,4 % de c.
Pourquoi
Sous 5 à 10 % de la vitesse de la lumière, le calcul non relativiste est justifié ; un correcteur apprécie qu'on le vérifie.
Conclusion rédigée
« Les électrons de 150 eV ont une longueur d'onde de 0,100 nm et donnent un premier maximum à 27,8° : la matière diffracte comme la lumière. »
L'erreur classique sur cet exercice : Mettre la tension de 150 V directement à la place de l'énergie dans la racine, sans la multiplier par la charge de l'électron.
À savoir par cœur
•E=λhc, p=λh ; E(eV)=λ(nm)1240.
•Hydrogène : En=−n213,6 eV, rn=n2a0 ; ion : Z2 dans l'énergie.
•Rydberg donne λ1 : inverser à la fin.
•Une transition n'absorbe que l'écart exact ; au-delà de 13,6 eV, ionisation.
•De Broglie : λ=2meVh, λ∝V1.
•Boîte : En=8mL2n2h2, jamais n=0.
•Rayons X : λmin=eVhc ; Moseley 10,2(Z−1)2 eV.
•Intensité : nombre de photons. Fréquence : énergie de chacun.
Questions fréquentes
Pourquoi les niveaux d'énergie de l'atome d'hydrogène sont-ils négatifs ?
Parce que l'on fixe le zéro d'énergie pour un électron libre, immobile et infiniment loin du noyau. Un électron lié à l'atome a moins d'énergie que cet électron libre : il faut lui fournir de l'énergie pour l'arracher. L'énergie de l'état fondamental, moins 13,6 électronvolts, signifie qu'il faut 13,6 électronvolts pour ioniser l'atome.
Comment savoir si un photon est absorbé par un atome d'hydrogène ?
On ajoute l'énergie du photon à celle du niveau de départ et on cherche si le résultat correspond exactement à un niveau permis, c'est-à-dire si le nombre quantique obtenu est un entier. Si ce n'est pas le cas, le photon traverse le gaz sans être absorbé, sauf s'il dépasse l'énergie d'ionisation, auquel cas il peut arracher l'électron.
Qu'est-ce que la longueur d'onde de de Broglie ?
C'est la longueur d'onde associée à toute particule en mouvement, égale à la constante de Planck divisée par sa quantité de mouvement. Elle est mesurable pour des électrons, qui diffractent sur les cristaux comme des rayons X, mais elle est infime pour un objet macroscopique, ce qui explique qu'on n'observe jamais une balle diffracter.
Pourquoi la formule de Rydberg donne-t-elle un inverse de longueur d'onde ?
Parce qu'elle est proportionnelle à l'écart d'énergie entre deux niveaux, et que l'énergie d'un photon est inversement proportionnelle à sa longueur d'onde. La constante de Rydberg s'exprime donc en mètres à la puissance moins un, et il faut prendre l'inverse du résultat pour obtenir la longueur d'onde elle-même.
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Exercices corrigés : Physique quantique : photon, spectres de raies et dualité
Une méthode se prouve sur une copie, pas sur une fiche. La série du même chapitre reprend chacun de ces pièges dans un exercice, avec le corrigé rédigé étape par étape.
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