Maths Seconde, programme français • Exercices corrigés à Montréal
Exercices corrigés : la valeur absolue en Seconde, distance et fonction
Voici une série d'exercices corrigés sur la valeur absolue pour la classe de Seconde, programme français de 2026 : la notation ∣a∣ pour la distance de a à 0, la distance ∣b−a∣ entre deux réels, l'inéquation ∣x−a∣≤r et son intervalle [a−r;a+r], puis la fonction valeur absolue, sa courbe, son signe et ses variations, et la relation a2=∣a∣. À la fin, l'élève sait passer d'une valeur absolue à une distance et d'un intervalle à son centre et à son rayon, résoudre ∣x∣=k et ∣x∣<k sur la courbe puis par le calcul, comparer deux images, et démontrer les variations de la fonction par ses deux morceaux affines.
Le fil de la série tient en une phrase : une valeur absolue est une distance ; on ne l'enlève pas en effaçant le signe moins, on choisit le bon cas selon le signe de ce qu'elle contient. Les pièges traités en découlent : ∣π−4∣ écrit π−4 (exercice 0.1), le centre 4 lu dans ∣x+4∣ (exercices 0.2 et 8), le rayon confondu avec la longueur (exercice 3), la comparaison de deux images de part et d'autre de la pointe du V (exercices 5 et 7), a2 simplifié en a (exercice 6), l'opposé de x+2 écrit −x+2 (exercice 7), le centre d'un intervalle pris à une borne (exercice 8).
Deux listes de calcul direct ouvrent la série. Les exercices 1 à 5 posent les bases sur la droite graduée et sur la courbe ; les exercices 6 à 10 font raisonner, jusqu'à deux problèmes : un jeu d'estimation où l'on retrouve un nombre caché par une égalité d'écarts, et deux postes de secours sur une plage, dont les courbes en V se coupent au milieu.
Conformément au programme, la valeur absolue sert ici à exprimer des distances et des intervalles de centre donné : les équations à valeur absolue d'expressions quelconques dépassent le programme de Seconde et ne sont pas posées. La simplification des racines carrées est travaillée dans la série sur les carrés et les racines carrées.
Faites chaque exercice au complet avant d'ouvrir la correction : c'est en cherchant qu'on apprend, pas en lisant la solution.
Série autocorrigéeTape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.
•DÉFINITION : ∣a∣ est la distance entre le point d'abscisse a et l'origine. Par cas : ∣a∣=a si a≥0, ∣a∣=−a si a<0.
•Une valeur absolue est toujours positive ou nulle, et ∣a∣=0 seulement pour a=0.
•DISTANCE entre deux réels a et b : ∣b−a∣=∣a−b∣.
•∣x−a∣ est la distance entre x et a ; ∣x+a∣=∣x−(−a)∣ est la distance entre x et −a.
•INTERVALLE DE CENTRE DONNÉ : pour r>0, ∣x−c∣≤r⟺x∈[c−r;c+r]. Centre c, rayon r, longueur 2r.
•De [m;n] à la valeur absolue : centre 2m+n, rayon 2n−m.
•∣x∣=k : deux solutions −k et k si k>0, une seule (0) si k=0, aucune si k<0.
•FONCTION VALEUR ABSOLUE : définie sur R, égale à −x sur ]−∞;0] (décroissante) et à x sur [0;+∞[ (croissante). Courbe en V, minimum 0 en 0.
•Comparer ∣a∣ et ∣b∣ : c'est comparer les distances de a et de b à 0, pas a et b.
•Pour tout réel a : a2=∣a∣, et non a.
Calculs : valeurs absolues et distances
Exercice 0.1 : Calculer des valeurs absolues et des distances : dix calculs directs
Calculez chaque nombre sans calculatrice, sauf pour l'arrondi demandé en h) et i). Le geste est toujours le même : on calcule d'abord ce qui est ENTRE les barres, puis on prend la distance de ce résultat à 0. Une valeur absolue est donc toujours positive ou nulle ; un signe moins écrit DEVANT les barres, lui, reste.
La distance entre deux réels a et b vaut ∣b−a∣, dans n'importe quel ordre.
a) ∣−12∣
b) ∣4−19∣
c) ∣−6+2,5∣
d) ∣−9∣−∣4∣
e) ∣−9−4∣
f) La distance entre −7,5 et 2.
g) La distance entre −43 et −2.
h) ∣π−4∣ : écrivez-le sans barres, puis donnez sa valeur au centième.
i) ∣1−3∣ : écrivez-le sans barres, puis donnez sa valeur au centième.
j) −∣−8∣
Voir la correction
Réponses
a)12
b)15
c)3,5
d)5
e)13
f)9,5
g)45=1,25
h)4−π≈0,86
i)3−1≈0,73
j)−8
Une seule règle pour les dix calculs : l'intérieur des barres d'abord, la distance à 0 ensuite.
Les erreurs de cette liste viennent toutes d'un raccourci : effacer les signes moins un par un au lieu de calculer, ou faire entrer dans les barres un signe qui est dehors.
a)
∣−12∣=12 : le point d'abscisse −12 est à 12 unités de 0.
b)
On calcule l'intérieur : 4−19=−15.
∣4−19∣=∣−15∣=15.
Piège : écrire ∣4−19∣=4+19=23 en « rendant tout positif » ; on ne touche jamais aux signes à l'intérieur des barres.
c)
−6+2,5=−3,5, donc ∣−6+2,5∣=3,5.
d)
Ici il y a DEUX valeurs absolues, calculées séparément : ∣−9∣=9 et ∣4∣=4.
∣−9∣−∣4∣=9−4=5.
e)
Une seule valeur absolue : −9−4=−13, donc ∣−9−4∣=13.
Comparez avec d) : les mêmes nombres, deux écritures, deux résultats. La place des barres change le calcul.
f)
∣2−(−7,5)∣=∣2+7,5∣=9,5.
On vérifie dans l'autre ordre : ∣−7,5−2∣=∣−9,5∣=9,5.
Piège :∣2−7,5∣=5,5, qui oublie le signe de −7,5 ; deux nombres de part et d'autre de 0 sont séparés par la SOMME de leurs distances à 0, 7,5+2.
g)
−2−(−43)=−2+43=−45=45.
Les deux nombres sont du même côté de 0 : leur distance est la DIFFÉRENCE de leurs distances à 0, 2−43=45=1,25.
h)
π≈3,14<4, donc π−4<0 et ∣π−4∣=−(π−4)=4−π.
4−π≈0,86.
Piège : répondre π−4, nombre négatif ; une valeur absolue ne l'est jamais. On choisit le cas selon le SIGNE de l'intérieur, on n'efface pas le moins.
i)
3≈1,73>1, donc 1−3<0 et ∣1−3∣=3−1≈0,73.
Même raisonnement qu'en h) : comparer les deux termes suffit à connaître le signe.
j)
∣−8∣=8, et le signe moins est DEVANT les barres : −∣−8∣=−8.
Piège : répondre 8 ; la valeur absolue ne s'applique qu'à ce qui est entre les barres.
Coche ici les exercices faits ou à revoir : un compte gratuit, sans mot de passe, retient tes coches et tes réponses justes d'une visite à l'autre, te dit quel chapitre attaquer ensuite et te permet de demander l'exercice qui te manque. Crée ton espace, un courriel suffit.
Calculs : distances et intervalles
Exercice 0.2 : Distances et intervalles : dix résolutions directes
Résolvez chaque équation ou inéquation en la LISANT comme une distance : ∣x−a∣ est la distance entre x et a, et ∣x+a∣=∣x−(−a)∣ la distance entre x et −a. Placez a sur une droite graduée, puis lisez les réels qui conviennent.
Pour i) et j), écrivez l'intervalle donné sous la forme ∣x−c∣≤r ou ∣x−c∣<r en donnant son centre c et son rayon r.
a) ∣x∣=7
b) ∣x∣<3
c) ∣x−5∣≤2
d) ∣x+4∣<1,5
e) ∣x−2∣=6
f) ∣x+1∣=0
g) ∣x−3∣≤−1
h) ∣x+0,5∣≥2
i) [−2;10]
j) ]−8,5;−1,5[
Voir la correction
Réponses
a)x=−7 ou x=7
b)]−3;3[
c)[3;7]
d)]−5,5;−2,5[
e)x=−4 ou x=8
f)x=−1
g)aucune solution
h)]−∞;−2,5]∪[1,5;+∞[
i)∣x−4∣≤6
j)∣x+5∣<3,5
Méthode unique : repérer le CENTRE (le nombre a de ∣x−a∣, attention au signe) et le RAYON (le nombre de droite), puis partir du centre d'un rayon vers la gauche et d'un rayon vers la droite.
« = » donne les deux extrémités, « ≤ » ou « < » le segment entre elles, « ≥ » ou « > » ce qui est au-delà.
a)
Les réels à distance 7 de 0 : x=−7 ou x=7.
b)
Les réels à distance strictement inférieure à 3 de 0 : ]−3;3[, crochets ouverts car l'inégalité est stricte.
c)
Centre 5, rayon 2 : [5−2;5+2]=[3;7].
d)
∣x+4∣=∣x−(−4)∣ : centre −4, rayon 1,5.
]−4−1,5;−4+1,5[=]−5,5;−2,5[.
Piège : prendre le centre 4 ; le +4 dans les barres annonce le centre −4.
e)
Centre 2, rayon 6 : x=2−6=−4 ou x=2+6=8.
f)
Une distance nulle : x est confondu avec −1, une seule solution x=−1.
g)
Une distance n'est jamais négative : aucune solution.
Piège : écrire [4;2] en appliquant la formule sans réfléchir ; un rayon négatif ne définit aucun intervalle.
h)
Centre −0,5, rayon 2 : les réels À DISTANCE AU MOINS 2 de −0,5 sont à gauche de −2,5 ou à droite de 1,5.
]−∞;−2,5]∪[1,5;+∞[, deux morceaux reliés par « ou ».
i)
Centre c=2−2+10=4, rayon r=210−(−2)=6.
[−2;10] s'écrit ∣x−4∣≤6.
Contrôle : 4−6=−2 et 4+6=10.
j)
Centre c=2−8,5+(−1,5)=−5, rayon r=2−1,5−(−8,5)=3,5.
Crochets ouverts, donc inégalité stricte : ∣x−(−5)∣<3,5, soit ∣x+5∣<3,5.
Piège : donner la longueur 7 comme rayon ; le rayon est la MOITIÉ de la longueur.
Partie A : les bases (/50)
Exercice 1 : La valeur absolue est la distance à zéro
Le programme définit la valeur absolue d'un réel a, notée ∣a∣, comme la DISTANCE entre le point d'abscisse a et l'origine O de la droite graduée. Ainsi ∣−2∣=2, parce que le point d'abscisse −2 est à deux unités de O.
Sur la droite graduée ci-dessous, d'origine O, sont placés quatre points A, B, C et D d'abscisses a, b, c et d.
a) Lisez les abscisses a, b, c et d, puis donnez ∣a∣, ∣b∣, ∣c∣ et ∣d∣.
b) On admet la définition par cas : ∣x∣=x si x≥0 et ∣x∣=−x si x<0. Vérifiez-la sur a et sur c. Pourquoi le nombre −a est-il POSITIF ici ?
c) Deux des quatre points sont à la même distance de O : lesquels ? Qu'en déduisez-vous sur la phrase « si ∣x∣=∣y∣, alors x=y » ?
d) Quels sont les réels dont la valeur absolue vaut 4 ? Quel réel a pour valeur absolue 0 ? Pourquoi aucun réel n'a-t-il pour valeur absolue −3 ?
e) Comparez b et c, puis ∣b∣ et ∣c∣. Le plus grand de deux nombres a-t-il toujours la plus grande valeur absolue ?
b)∣a∣=−a=−(−3,5)=3,5 et ∣c∣=c=1 ; −a est positif car a est négatif
c)A et D ; la phrase est fausse : ∣x∣=∣y∣ équivaut à x=y ou x=−y
d)−4 et 4 ; 0 seul ; une distance n'est jamais négative
e)b<c mais ∣b∣>∣c∣ : non
a)
On lit a=−3,5, b=−1,5, c=1 et d=3,5 (une graduation vaut 0,5).
Les distances à O se comptent en unités, sans signe : ∣a∣=3,5, ∣b∣=1,5, ∣c∣=1 et ∣d∣=3,5.
Une distance est un nombre positif ou nul : c'est la seule chose que la valeur absolue « fait » au nombre. Elle ne change rien à un nombre positif et remplace un nombre négatif par son opposé.
b)
a=−3,5<0 : on est dans le second cas, ∣a∣=−a=−(−3,5)=3,5.
c=1≥0 : premier cas, ∣c∣=c=1.
Le nombre −a n'est pas « un nombre négatif » : c'est l'OPPOSÉ de a. Comme a est négatif, son opposé est positif.
Piège : lire −a comme « moins quelque chose, donc négatif » et conclure que ∣a∣=−a est absurde. La définition par cas dit justement : on choisit le cas selon le signe de a, on n'efface pas un signe.
c)
A et D sont tous deux à 3,5 unités de O, de part et d'autre : ∣a∣=∣d∣=3,5 alors que a=d.
La phrase « si ∣x∣=∣y∣, alors x=y » est donc fausse ; la bonne propriété est : ∣x∣=∣y∣ équivaut à x=y ou x=−y.
Sur la droite, deux points distincts à la même distance de O sont symétriques par rapport à O.
d)
Les réels à distance 4 de O sont les deux points situés à 4 unités à gauche et à droite : −4 et 4.
Un seul réel est à distance 0 de O : 0 lui-même.
Aucun réel n'a pour valeur absolue −3, car une distance n'est jamais négative.
Retenez les trois cas : ∣x∣=k a deux solutions si k>0, une seule si k=0, aucune si k<0.
e)
b=−1,5<1=c, mais ∣b∣=1,5>1=∣c∣ : l'ordre s'inverse.
Le plus grand de deux nombres n'a donc pas toujours la plus grande valeur absolue. Comparer des valeurs absolues, c'est comparer des DISTANCES à 0 : B est plus loin de O que C, même s'il est plus à gauche.
L'ordre est conservé seulement quand les deux nombres sont positifs ; il est renversé quand ils sont tous deux négatifs. C'est le sens de variation de la fonction valeur absolue, démontré à l'exercice 4.
Exercice 2 : La distance entre deux réels
La distance entre deux réels a et b, c'est-à-dire la longueur du segment qui joint leurs points sur la droite graduée, vaut ∣b−a∣. Elle se calcule en soustrayant les deux nombres, dans n'importe quel ordre, puis en prenant la valeur absolue du résultat.
Sur la droite graduée ci-dessous, les points M, N et P ont pour abscisses m=−4, n=−1,5 et p=3.
a) Calculez les distances MN, NP et MP. Vérifiez que MN+NP=MP et expliquez pourquoi.
b) Un élève écrit : « la distance entre −4 et 3 vaut ∣3−4∣=1 ». Où est l'erreur ?
c) Pourquoi a-t-on toujours ∣b−a∣=∣a−b∣ ? Illustrez avec ∣−1,5−3∣ et ∣3−(−1,5)∣.
d) Traduisez par une phrase de distance : ∣x−4∣, ∣x+2,5∣ et ∣x∣.
e) Trouvez les réels x tels que ∣x+2,5∣=3, en raisonnant sur la droite graduée.
f) Quel réel est à égale distance de M et de P ? Traduisez la réponse par une égalité de valeurs absolues.
Voir la correction
Réponses
a)MN=2,5, NP=4,5, MP=7 ; N est entre M et P
b)il a remplacé −4 par 4 : ∣3−(−4)∣=7
c)a−b et b−a sont opposés, donc ont la même valeur absolue : ∣−4,5∣=∣4,5∣=4,5
d)distance de x à 4 ; distance de x à −2,5 ; distance de x à 0
e)x=−5,5 ou x=0,5
f)x=−0,5, le milieu ; ∣x+4∣=∣x−3∣
a)
MN=∣−1,5−(−4)∣=∣2,5∣=2,5.
NP=∣3−(−1,5)∣=∣4,5∣=4,5.
MP=∣3−(−4)∣=∣7∣=7.
2,5+4,5=7 : l'égalité MN+NP=MP est vraie parce que N est situé ENTRE M et P sur la droite. Si le point du milieu n'était pas entre les deux autres, on n'aurait pas cette égalité : MP+PN=7+4,5=11,5=MN.
b)
L'élève a écrit 3−4 au lieu de 3−(−4) : il a perdu le signe de −4.
La bonne distance est ∣3−(−4)∣=∣3+4∣=7.
Piège : soustraire un nombre négatif sans parenthèses. Le contrôle visuel suffit : −4 et 3 sont de part et d'autre de 0, donc leur distance dépasse chacune de leurs distances à 0, 4 et 3. Une réponse 1 est impossible.
c)
a−b=−(b−a) : les deux différences sont des nombres OPPOSÉS, et deux opposés sont à la même distance de 0.
∣−1,5−3∣=∣−4,5∣=4,5 et ∣3−(−1,5)∣=∣4,5∣=4,5.
C'est pour cela qu'on peut soustraire « dans n'importe quel ordre » : seule la valeur absolue rend la distance indépendante de l'ordre.
d)
∣x−4∣ est la distance entre x et 4.
∣x+2,5∣=∣x−(−2,5)∣ est la distance entre x et −2,5.
∣x∣=∣x−0∣ est la distance entre x et 0.
Piège : lire ∣x+2,5∣ comme la distance à 2,5. Pour lire une distance, il faut une DIFFÉRENCE ; on récrit donc la somme comme la soustraction de l'opposé.
e)
D'après d), on cherche les réels situés à distance 3 de −2,5.
On part de −2,5 : vers la gauche, −2,5−3=−5,5 ; vers la droite, −2,5+3=0,5.
Vérification : ∣−5,5+2,5∣=∣−3∣=3 et ∣0,5+2,5∣=3.
Une distance donnée autour d'un point donne DEUX réels, un de chaque côté.
f)
Le réel à égale distance de −4 et de 3 est le milieu du segment [MP] : 2−4+3=−0,5.
Il est à 3,5 de chacun : ∣−0,5−(−4)∣=3,5 et ∣3−(−0,5)∣=3,5.
En valeurs absolues, la condition s'écrit ∣x+4∣=∣x−3∣ : « la distance de x à −4 égale la distance de x à 3 ». Lue comme une distance, cette équation se résout sans calcul : c'est le milieu.
Exercice 3 : Intervalle de centre donné : l'inéquation |x − c| ≤ r
Le programme relie la valeur absolue aux intervalles. Pour r>0, dire que ∣x−c∣≤r, c'est dire que x est à une distance au plus r de c, autrement dit que x∈[c−r;c+r]. Le réel c est le CENTRE de l'intervalle, r son RAYON, et sa longueur vaut 2r.
Les deux figures représentent un intervalle I et un intervalle J, chacun sur sa droite graduée.
a) Démontrez l'équivalence ∣x−c∣≤r⟺c−r≤x≤c+r en distinguant les cas x≥c et x<c.
b) Résolvez ∣x−1,5∣≤2,5 et représentez l'ensemble des solutions sur une droite graduée.
c) Résolvez ∣x+3∣<0,5. Le réel −2,6 en est-il solution ?
d) Écrivez I et J sous la forme ∣x−c∣≤r ou ∣x−c∣<r.
e) Résolvez ∣x−4∣≥1 et écrivez la solution comme une réunion de deux intervalles.
f) Un intervalle fermé a pour centre −1 et pour longueur 5. Écrivez-le avec des crochets, puis avec une valeur absolue.
Voir la correction
Réponses
a)si x≥c, ∣x−c∣=x−c ; si x<c, ∣x−c∣=c−x ; dans les deux cas on obtient c−r≤x≤c+r
b)[−1;4]
c)]−3,5;−2,5[ ; oui, ∣−2,6+3∣=0,4<0,5
d)I=[−6;2] : ∣x+2∣≤4 ; J=]0,2;1,8[ : ∣x−1∣<0,8
e)]−∞;3]∪[5;+∞[
f)[−3,5;1,5], soit ∣x+1∣≤2,5
a)
On ne peut pas « enlever les barres » d'un coup : on CHOISIT le cas selon le signe de x−c.
Cas x≥c : x−c≥0, donc ∣x−c∣=x−c. L'inégalité x−c≤r donne x≤c+r ; avec x≥c, on a bien c−r≤c≤x≤c+r.
Cas x<c : x−c<0, donc ∣x−c∣=−(x−c)=c−x. L'inégalité c−x≤r donne x≥c−r ; avec x<c, on a c−r≤x<c≤c+r.
Réciproquement, si c−r≤x≤c+r, alors −r≤x−c≤r, et dans chacun des deux cas ∣x−c∣≤r. L'équivalence est démontrée.
Piège : traiter un seul cas et écrire « ∣x−c∣≤r donne x≤c+r », ce qui perd toute la moitié gauche de l'intervalle.
b)
Centre 1,5, rayon 2,5 : [1,5−2,5;1,5+2,5]=[−1;4].
Sur la droite graduée, on part de 1,5 et l'on va de 2,5 unités de chaque côté ; les crochets sont fermés car l'inégalité est large (figure du corrigé).
c)
∣x+3∣=∣x−(−3)∣ : centre −3, rayon 0,5, inégalité stricte.
]−3,5;−2,5[.
Pour −2,6 : ∣−2,6+3∣=∣0,4∣=0,4<0,5, donc oui, −2,6 est solution ; on le voit aussi parce que −3,5<−2,6<−2,5.
d)
Sur la figure, I=[−6;2], crochets fermés.
Centre 2−6+2=−2, rayon 22−(−6)=4 : ∣x−(−2)∣≤4, soit ∣x+2∣≤4.
Sur la seconde figure, J=]0,2;1,8[, crochets ouverts vers l'extérieur.
Centre 20,2+1,8=1, rayon 21,8−0,2=0,8 : ∣x−1∣<0,8, inégalité STRICTE car les bornes sont exclues.
e)
Les réels à distance au moins 1 de 4 sont à gauche de 3 ou à droite de 5 :
]−∞;3]∪[5;+∞[.
C'est le complémentaire de ]3;5[, solution de ∣x−4∣<1 : changer le sens de l'inégalité échange l'intérieur et l'extérieur, et les bornes changent de crochet.
f)
La longueur vaut 5, donc le rayon vaut 25=2,5.
[−1−2,5;−1+2,5]=[−3,5;1,5], soit ∣x+1∣≤2,5.
Piège : prendre la longueur comme rayon et écrire ∣x+1∣≤5, intervalle deux fois trop long.
Exercice 4 : La fonction valeur absolue : deux morceaux affines, des variations démontrées
La fonction valeur absolue est la fonction f définie sur R par f(x)=∣x∣. Le programme demande sa définition, sa courbe, son signe et ses variations.
La figure représente, dans un repère orthonormé, les droites d1 d'équation y=x et d2 d'équation y=−x.
a) Calculez f(−4), f(−0,5) et f(2,5).
b) Sur [0;+∞[, f(x) est égal à l'expression d'une fonction affine : laquelle ? Même question sur ]−∞;0]. Déduisez-en quelles demi-droites de la figure forment la courbe de f.
c) Démontrez que f est croissante sur [0;+∞[ : prenez deux réels a et b tels que 0≤a<b et comparez f(a) et f(b).
d) Démontrez de même que f est décroissante sur ]−∞;0].
e) Dressez le tableau de variations de f sur R et donnez le signe de f(x). Quel est le minimum de f, et en quelle valeur est-il atteint ?
f) Les points R(−2,2;2,2), S(1,7;−1,7) et T(−3;−3) sont-ils sur la courbe de f ?
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Réponses
a)f(−4)=4, f(−0,5)=0,5, f(2,5)=2,5
b)f(x)=x sur [0;+∞[, f(x)=−x sur ]−∞;0] ; la moitié droite de d1 et la moitié gauche de d2
c)f(a)=a<b=f(b) : f est croissante sur [0;+∞[
d)a<b≤0 donne −a>−b, soit f(a)>f(b) : f est décroissante sur ]−∞;0]
e)décroissante puis croissante ; f(x)≥0, nul seulement en 0 ; minimum 0 atteint en x=0
f)R oui ; S non ; T non
a)
f(−4)=∣−4∣=4, f(−0,5)=∣−0,5∣=0,5 et f(2,5)=∣2,5∣=2,5.
Un nombre positif est son propre image, un nombre négatif a pour image son opposé.
b)
Si x≥0, ∣x∣=x : sur [0;+∞[, f coïncide avec la fonction affine x↦x, de droite d1.
Si x≤0, ∣x∣=−x : sur ]−∞;0], f coïncide avec x↦−x, de droite d2.
La courbe de f est donc formée de la demi-droite de d1 située à DROITE de l'axe des ordonnées et de la demi-droite de d2 située à GAUCHE : un V de pointe O, entièrement au-dessus de l'axe des abscisses (figure du corrigé).
Piège : garder les deux droites entières. Les moitiés de d1 et d2 situées sous l'axe des abscisses portent des ordonnées négatives, impossibles pour une valeur absolue.
c)
Soient a et b tels que 0≤a<b. Les deux sont positifs, donc f(a)=a et f(b)=b.
Comme a<b, on a f(a)<f(b).
L'ordre est conservé : f est croissante sur [0;+∞[. C'est le sens de variation de la fonction affine x↦x, de coefficient directeur 1>0.
d)
Soient a et b tels que a<b≤0. Les deux sont négatifs ou nuls, donc f(a)=−a et f(b)=−b.
Multiplier l'inégalité a<b par −1, nombre négatif, en change le sens : −a>−b.
Donc f(a)>f(b) : l'ordre est renversé, f est décroissante sur ]−∞;0], comme la fonction affine x↦−x de coefficient directeur −1<0.
Piège : oublier de changer le sens de l'inégalité en multipliant par −1, ce qui « démontre » une croissance fausse.
e)
Tableau : f décroît sur ]−∞;0], vaut 0 en 0, puis croît sur [0;+∞[.
Signe : une distance est positive ou nulle, donc f(x)≥0 pour tout réel x, et f(x)=0 seulement pour x=0.
Le minimum de f sur R vaut 0, atteint en x=0 ; f n'a pas de maximum, puisque ∣x∣ dépasse tout nombre quand x s'éloigne de 0.
f)
Un point (x;y) est sur la courbe si et seulement si y=∣x∣.
R : ∣−2,2∣=2,2, c'est bien son ordonnée, donc R est sur la courbe.
S : ∣1,7∣=1,7=−1,7, donc S n'est pas sur la courbe.
T : ∣−3∣=3=−3, donc T n'est pas sur la courbe ; il est sur d1, dans la moitié qu'on a retirée en b).
Contrôle rapide : un point d'ordonnée négative n'est JAMAIS sur la courbe de la valeur absolue.
Exercice 5 : Résoudre |x| = k et |x| < k : la courbe, puis le calcul
Pour résoudre graphiquement ∣x∣=k ou ∣x∣<k, on trace la droite horizontale d'équation y=k et l'on lit les ABSCISSES des points de la courbe situés sur cette droite, ou en dessous. Pour résoudre par le calcul, on distingue les cas x≥0 et x<0, ou l'on lit ∣x∣ comme la distance de x à 0.
La figure représente la courbe C de la fonction valeur absolue f(x)=∣x∣ et les droites d'équations y=3,5 et y=1,5.
a) Résolvez graphiquement ∣x∣=3,5, puis retrouvez les solutions par le calcul en distinguant deux cas.
b) Résolvez graphiquement ∣x∣≤1,5, puis par le calcul.
c) Résolvez ∣x∣>3,5. Pourquoi la réponse est-elle formée de deux morceaux ?
d) Selon la valeur du réel k, combien l'équation ∣x∣=k a-t-elle de solutions ?
e) Sans les calculer, comparez f(−0,8) et f(−1,25) en citant le sens de variation de f.
f) Comparez f(−3,1) et f(2,6). Pourquoi faut-il d'abord remplacer f(−3,1) par f(3,1) ?
Voir la correction
Réponses
a)x=−3,5 ou x=3,5
b)[−1,5;1,5]
c)]−∞;−3,5[∪]3,5;+∞[
d)aucune si k<0, une (x=0) si k=0, deux (−k et k) si k>0
e)f(−1,25)>f(−0,8)
f)f(−3,1)=f(3,1)>f(2,6)
a)
La droite y=3,5 coupe la courbe en deux points, d'abscisses −3,5 et 3,5.
Par le calcul : si x≥0, ∣x∣=x et l'équation devient x=3,5, qui convient car 3,5≥0.
Si x<0, ∣x∣=−x et l'équation devient −x=3,5, soit x=−3,5, qui convient car −3,5<0.
Les solutions sont −3,5 et 3,5.
Dans chaque cas, on VÉRIFIE que la solution trouvée appartient bien au cas étudié : c'est ce contrôle qui rend la méthode rigoureuse.
b)
On cherche les points de la courbe situés sur ou SOUS la droite y=1,5 : ils sont entre les abscisses −1,5 et 1,5.
Par le calcul : ∣x∣≤1,5 dit que x est à distance au plus 1,5 de 0, donc −1,5≤x≤1,5.
S=[−1,5;1,5], crochets fermés car l'inégalité est large.
Piège : lire les ordonnées au lieu des abscisses, ou répondre ]−∞;1,5] en oubliant que la courbe remonte à gauche.
c)
La courbe est strictement au-dessus de la droite y=3,5 pour x<−3,5 et pour x>3,5.
S=]−∞;−3,5[∪]3,5;+∞[.
Il y a deux morceaux parce que la courbe a deux branches : on s'éloigne de 0 de plus de 3,5 soit vers la gauche, soit vers la droite. Ce n'est pas un intervalle, et l'écrire ]−3,5;3,5[ donnerait exactement l'inverse.
d)
On fait glisser la droite horizontale y=k sur le V.
Si k<0, la droite passe sous la courbe : aucune solution, car une valeur absolue n'est jamais négative.
Si k=0, elle touche la pointe : une seule solution, x=0.
Si k>0, elle coupe chaque branche une fois : deux solutions, −k et k.
e)
−1,25 et −0,8 sont tous deux dans ]−∞;0], où f est décroissante.
−1,25<−0,8, et une fonction décroissante renverse l'ordre : f(−1,25)>f(−0,8).
Contrôle : 1,25>0,8.
f)
−3,1 et 2,6 ne sont pas dans un même intervalle où f est monotone : le sens de variation ne permet pas de les comparer directement.
Or f(−3,1)=∣−3,1∣=∣3,1∣=f(3,1) : deux opposés ont la même image, la courbe étant symétrique par rapport à l'axe des ordonnées.
2,6 et 3,1 sont dans [0;+∞[, où f est croissante, et 2,6<3,1, donc f(2,6)<f(3,1)=f(−3,1).
Piège : conclure f(−3,1)<f(2,6) parce que −3,1<2,6. C'est appliquer une croissance qui n'existe pas sur R.
Partie B : problèmes et raisonnement (/50)
Exercice 6 : La racine d'un carré est une valeur absolue
Le programme pose la relation a2=∣a∣, vraie pour TOUT réel a. Elle explique une erreur très répandue : simplifier a2 en a, ce qui est faux dès que a est négatif.
On rappelle que, pour b≥0, b est l'unique réel POSITIF ou nul dont le carré vaut b.
a) Calculez (−9)2 et 92. L'égalité a2=a est-elle vraie pour a=−9 ?
b) Démontrez que, pour tout réel a, a2=∣a∣.
c) Écrivez (x−5)2 sans racine ni valeur absolue, d'abord pour x≥5, puis pour x<5. Contrôlez avec x=2.
d) Résolvez l'équation (x+1)2=4.
e) Un élève écrit (1−2)2=1−2. Montrez sans calculatrice que c'est impossible, puis donnez la bonne écriture et sa valeur au centième.
f) Résolvez l'inéquation x2≤6.
Voir la correction
Réponses
a)(−9)2=9 et 92=9 ; non, 9=−9
b)∣a∣≥0 et ∣a∣2=a2, donc ∣a∣ est la racine carrée de a2
c)x−5 si x≥5 ; 5−x si x<5 ; pour x=2 : 3
d)∣x+1∣=4 : x=−5 ou x=3
e)1−2<0 ne peut pas être une racine carrée ; 2−1≈0,41
f)∣x∣≤6 : [−6;6]
a)
(−9)2=81, donc (−9)2=81=9. De même 92=81=9.
Pour a=−9, a2=9 alors que a=−9 : l'égalité a2=a est fausse.
Le carré a effacé le signe de −9, et la racine ne peut pas le rendre : elle donne toujours un nombre positif. Ce qui reste, c'est la distance de −9 à 0, c'est-à-dire ∣−9∣.
b)
Il suffit de vérifier que ∣a∣ a les deux propriétés qui définissent a2.
D'abord ∣a∣≥0, puisque c'est une distance.
Ensuite ∣a∣2=a2, par cas : si a≥0, ∣a∣2=a2 ; si a<0, ∣a∣2=(−a)2=a2.
Donc ∣a∣ est un réel positif ou nul dont le carré vaut a2 : par unicité, a2=∣a∣.
Piège : écrire « la racine et le carré se simplifient ». C'est vrai dans l'autre sens, (b)2=b pour b≥0, mais pas dans celui-ci.
c)
D'après b), (x−5)2=∣x−5∣, puis on choisit le cas selon le signe de x−5.
Si x≥5, x−5≥0 et (x−5)2=x−5.
Si x<5, x−5<0 et (x−5)2=−(x−5)=5−x.
Contrôle avec x=2 : (2−5)2=9=3, et la seconde expression donne 5−2=3 ; la première aurait donné 2−5=−3, impossible pour une racine.
d)
(x+1)2=∣x+1∣ : l'équation s'écrit ∣x+1∣=4, « la distance de x à −1 vaut 4 ».
x=−1−4=−5 ou x=−1+4=3.
Vérification : (−5+1)2=16=4 et (3+1)2=4.
Piège : simplifier en x+1=4 et ne trouver que x=3 ; la solution −5 est perdue.
e)
2>1=1, donc 1−2<0. Or une racine carrée est toujours positive ou nulle : elle ne peut pas valoir 1−2.
La bonne écriture est (1−2)2=∣1−2∣=−(1−2)=2−1.
2−1≈0,41.
Ce contrôle de signe prend deux secondes et attrape l'erreur à coup sûr.
f)
x2=∣x∣ : l'inéquation s'écrit ∣x∣≤6.
Les réels à distance au plus 6 de 0 forment [−6;6].
Piège : simplifier en x≤6 et répondre ]−∞;6] ; or pour x=−10, (−10)2=10>6.
Exercice 7 : La fonction distance à −2 : écrire sans valeur absolue en choisissant le cas
On considère la fonction g définie sur R par g(x)=∣x+2∣ : g(x) est la distance entre x et −2.
La figure représente sa courbe Cg et les droites d'équations y=3 et y=1.
a) Écrivez g(x) sans valeur absolue sur [−2;+∞[, puis sur ]−∞;−2[. Calculez g(−5) : laquelle des deux expressions donne le bon résultat ?
b) Déduisez-en le sens de variation de g sur chacun des deux intervalles, en citant le coefficient directeur de chaque fonction affine. Quel est le minimum de g ?
c) Résolvez g(x)=3 graphiquement, puis en lisant g(x) comme une distance.
d) Résolvez g(x)<1.
e) Sans calculer les images, comparez g(−4,5) et g(0,3).
f) Pour quelles valeurs du réel a la courbe de la fonction x↦∣x−a∣ passe-t-elle par le point K(1;4) ?
Voir la correction
Réponses
a)g(x)=x+2 sur [−2;+∞[, g(x)=−x−2 sur ]−∞;−2[ ; g(−5)=3, donné par −x−2
b)décroissante sur ]−∞;−2] (coefficient −1), croissante sur [−2;+∞[ (coefficient 1) ; minimum 0 en −2
c)x=−5 ou x=1
d)]−3;−1[
e)g(−4,5)=2,5>g(0,3)=2,3
f)a=−3 ou a=5
a)
Si x≥−2, x+2≥0 et g(x)=x+2.
Si x<−2, x+2<0 et g(x)=−(x+2)=−x−2.
g(−5)=∣−5+2∣=∣−3∣=3. Comme −5<−2, c'est la seconde expression qui s'applique : −(−5)−2=3. La première donnerait −5+2=−3, nombre négatif, impossible pour une distance.
Piège : écrire −x+2 pour le second cas. L'opposé de x+2 est −x−2 : le signe moins porte sur TOUTE la parenthèse.
b)
Sur ]−∞;−2], g(x)=−x−2 : fonction affine de coefficient directeur −1<0, donc g y est décroissante.
Sur [−2;+∞[, g(x)=x+2 : coefficient directeur 1>0, donc g y est croissante.
Le minimum de g vaut g(−2)=0, atteint en x=−2 : c'est la pointe du V, au point (−2;0), et non en x=0 comme pour ∣x∣.
c)
La droite y=3 coupe Cg aux points d'abscisses −5 et 1.
Par le calcul : g(x)=3 signifie « la distance de x à −2 vaut 3 », donc x=−2−3=−5 ou x=−2+3=1.
Vérification : g(−5)=3 et g(1)=∣3∣=3.
d)
Cg est strictement sous la droite y=1 entre les abscisses −3 et −1.
Les réels à distance strictement inférieure à 1 de −2 forment ]−2−1;−2+1[=]−3;−1[.
e)
g(−4,5) est la distance de −4,5 à −2, soit 2,5 ; g(0,3) est la distance de 0,3 à −2, soit 2,3.
−4,5 est plus loin de −2 que 0,3, donc g(−4,5)>g(0,3).
Piège : conclure g(−4,5)<g(0,3) parce que −4,5<0,3. Les deux nombres sont de part et d'autre de −2, où g change de sens : on compare des DISTANCES à −2, pas des positions.
f)
Le point K(1;4) est sur la courbe de x↦∣x−a∣ si et seulement si ∣1−a∣=4, c'est-à-dire si la distance entre a et 1 vaut 4.
a=1−4=−3 ou a=1+4=5.
Vérification : ∣1−(−3)∣=4 et ∣1−5∣=4. Il y a deux V qui passent par K, de pointes (−3;0) et (5;0).
Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger
Chacune des cinq affirmations suivantes est FAUSSE. Pour chacune, donnez un contre-exemple chiffré, expliquez l'erreur, puis écrivez l'énoncé correct.
a) « Pour tous réels a et b, ∣a+b∣=∣a∣+∣b∣. »
b) « ∣x+4∣ est la distance entre x et 4. »
c) « La fonction valeur absolue est croissante sur R, puisque ∣x∣≥0 pour tout réel x. »
d) « Si a<b, alors ∣a∣<∣b∣. »
e) « L'intervalle [−1;7] s'écrit ∣x−7∣≤8. »
Voir la correction
Réponses
a)a=3, b=−5 : ∣a+b∣=2 mais ∣a∣+∣b∣=8 ; l'égalité n'est vraie que si a et b sont de même signe
b)x=4 : ∣x+4∣=8, pas 0 ; c'est la distance entre x et −4
c)−3<−1 mais ∣−3∣=3>∣−1∣=1 ; décroissante sur ]−∞;0], croissante sur [0;+∞[
d)a=−5, b=2 : ∣a∣=5>∣b∣=2 ; vrai seulement si 0≤a<b
e)x=12 vérifie ∣x−7∣≤8 sans être dans [−1;7] ; [−1;7] s'écrit ∣x−3∣≤4
a)
Contre-exemple : a=3 et b=−5. ∣a+b∣=∣−2∣=2, alors que ∣a∣+∣b∣=3+5=8.
L'erreur est de traiter les barres comme des parenthèses qu'on distribue. Quand a et b sont de signes contraires, ils se compensent dans la somme, et la distance à 0 diminue.
Énoncé correct : ∣a+b∣=∣a∣+∣b∣ lorsque a et b sont de même signe ; en général, on calcule a+b d'abord.
b)
Contre-exemple : x=4. La distance entre 4 et 4 vaut 0, mais ∣4+4∣=8.
Une distance se lit sur une DIFFÉRENCE : ∣x+4∣=∣x−(−4)∣.
Énoncé correct : ∣x+4∣ est la distance entre x et −4. Avec x=−4, on trouve bien ∣−4+4∣=0.
c)
Contre-exemple : −3<−1, mais ∣−3∣=3>∣−1∣=1 : l'image diminue quand x augmente.
L'erreur confond le SIGNE d'une fonction et son SENS DE VARIATION. « Toujours positive » dit où se trouve la courbe, pas si elle monte.
Énoncé correct : la fonction valeur absolue est décroissante sur ]−∞;0] et croissante sur [0;+∞[ ; elle est positive ou nulle sur R.
d)
Contre-exemple : a=−5 et b=2. On a bien −5<2, mais ∣−5∣=5>∣2∣=2.
Énoncé correct : si 0≤a<b, alors ∣a∣<∣b∣ ; si a<b≤0, alors ∣a∣>∣b∣ ; si a et b sont de signes contraires, on compare leurs distances à 0.
C'est exactement le tableau de variations de la fonction valeur absolue.
e)
Contre-exemple : x=12. ∣12−7∣=5≤8, donc 12 vérifie l'inéquation, mais 12∈/[−1;7].
L'erreur est d'avoir pris une BORNE, 7, pour centre, et la longueur, 8, pour rayon : ∣x−7∣≤8 décrit en fait [−1;15].
Énoncé correct : centre 2−1+7=3, rayon 27−(−1)=4, donc [−1;7] s'écrit ∣x−3∣≤4.
Contrôle : 3−4=−1 et 3+4=7.
Exercice 9 : Problème : le jeu de l'estimation
À la fête de fin d'année d'un lycée, un grand bocal contient des billes. Chaque participant inscrit une estimation entière x du nombre de billes. Le nombre exact, noté N, n'est révélé qu'à la fin.
L'ÉCART d'une estimation x est la distance ∣x−N∣ entre l'estimation et le nombre exact. Le gagnant est celui dont l'écart est le plus petit.
a) Pendant le jeu, l'organisatrice annonce : « le nombre de billes est compris entre 400 et 470 ». Écrivez cette information sous la forme ∣N−c∣≤r.
b) Juste avant la révélation, l'animateur annonce que deux joueurs, qui ont proposé 418 et 444, ont exactement le même écart, non nul. Traduisez cette annonce par une égalité de valeurs absolues, et déduisez-en N. Est-ce compatible avec a) ?
c) Inès a proposé 412, Yanis 455 et Chloé 447. Calculez leurs écarts, ainsi que celui des deux joueurs de b). Qui gagne ?
d) Un lot de consolation récompense toute estimation dont l'écart ne dépasse pas 15. Traduisez la condition par une inéquation, puis par un intervalle. Combien d'estimations entières différentes sont récompensées ?
e) Léo se souvient seulement que son écart vaut 20 et que son estimation était inférieure à celle de Chloé. Quelle estimation avait-il proposée ?
Voir la correction
Réponses
a)∣N−435∣≤35
b)∣418−N∣=∣444−N∣ ; N=431, qui est bien dans [400;470]
c)Inès 19, Yanis 24, Chloé 16, les deux joueurs de b) 13 : ce sont eux qui gagnent, à égalité
d)∣x−431∣≤15, soit x∈[416;446] : 31 estimations entières
e)411 (451 est rejeté car supérieur à 447)
a)
Centre : c=2400+470=435 ; rayon : r=2470−400=35.
L'annonce s'écrit ∣N−435∣≤35 : le nombre de billes est à au plus 35 de 435.
Contrôle : 435−35=400 et 435+35=470.
b)
« Même écart » se traduit par ∣418−N∣=∣444−N∣ : N est à la même distance de 418 et de 444.
Deux nombres distincts à la même distance de N sont soit égaux, ce qui est exclu, soit symétriques par rapport à N : N est le MILIEU de 418 et 444.
N=2418+444=431.
Vérification : ∣418−431∣=13 et ∣444−431∣=13. Et 431∈[400;470] : l'annonce est compatible avec a).
L'écart non nul compte : avec un écart nul, il faudrait N=418 ET N=444, ce qui est impossible.
c)
Inès : ∣412−431∣=∣−19∣=19.
Yanis : ∣455−431∣=24.
Chloé : ∣447−431∣=16.
Joueurs de b) : 13 chacun.
Le plus petit écart est 13 : les deux joueurs de b) gagnent à égalité, devant Chloé.
Piège : comparer les estimations entre elles, ou retenir le plus grand nombre ; on compare des ÉCARTS, et Inès, qui a proposé moins que N, n'est pas pénalisée par le signe de 412−431.
d)
La condition s'écrit ∣x−431∣≤15, soit 431−15≤x≤431+15 : x∈[416;446].
Les entiers de 416 à 446 inclus sont au nombre de 446−416+1=31.
Piège : répondre 30 en faisant 446−416, qui compte les « pas » et oublie une des deux bornes. Les deux bornes sont récompensées, puisque l'inégalité est large.
Parmi les joueurs de c), Inès (412) et Yanis (455) ne sont pas récompensés, Chloé (447) non plus, de justesse : 16>15.
e)
Un écart de 20 signifie ∣x−431∣=20, donc x=431−20=411 ou x=431+20=451.
L'écart seul ne suffit pas : il laisse deux estimations possibles, une de chaque côté de N.
L'indice tranche : l'estimation de Léo est inférieure à 447. 451 est rejeté, et Léo avait proposé 411.
Exercice 10 : Problème : deux postes de secours sur une plage
Une plage rectiligne est repérée par une abscisse x, exprimée en centaines de mètres, de 0 à 12. Deux postes de secours sont installés aux abscisses 2 et 9. Quand un baigneur en difficulté est signalé à l'abscisse x, c'est le poste le plus proche qui intervient.
On note d1(x)=∣x−2∣ et d2(x)=∣x−9∣ les distances, en centaines de mètres, entre le baigneur et chacun des deux postes. La figure représente d1 et d2 sur [0;12].
a) Calculez d1(6) et d2(6). Quel poste intervient pour un baigneur à l'abscisse 6 ?
b) Écrivez d1(x) sans valeur absolue sur [0;2], puis sur [2;12], et déduisez-en les variations de d1 sur [0;12]. Quel est le maximum de d1 sur [0;12], et où est-il atteint ?
c) Lisez sur la figure les coordonnées du point d'intersection des deux courbes, puis justifiez l'abscisse par un raisonnement de distance.
d) Résolvez graphiquement d1(x)<d2(x) sur [0;12]. Quelle portion de plage le poste 1 surveille-t-il ?
e) Le poste 2 garantit une intervention en moins de deux minutes pour tout baigneur situé à 150 m au plus du poste. Traduisez par une inéquation et résolvez-la.
f) On veut installer un troisième poste à une abscisse c>9, de sorte que le poste 2 ne surveille plus que la portion [5,5;10]. Déterminez c.
Voir la correction
Réponses
a)d1(6)=4, d2(6)=3 : le poste 2
b)2−x sur [0;2], x−2 sur [2;12] ; décroissante puis croissante ; maximum 10 en x=12
c)(5,5;3,5) ; 5,5 est le milieu de 2 et 9
d)[0;5,5[ : de 0 à 550 m
e)∣x−9∣≤1,5 : x∈[7,5;10,5]
f)c=11
a)
d1(6)=∣6−2∣=4 et d2(6)=∣6−9∣=∣−3∣=3.
3<4 : le baigneur est plus proche du poste 2, qui intervient. Il est à 300 m de ce poste.
b)
Sur [0;2], x−2≤0, donc d1(x)=−(x−2)=2−x : fonction affine de coefficient −1, décroissante.
Sur [2;12], x−2≥0, donc d1(x)=x−2 : coefficient 1, croissante.
d1 décroît de d1(0)=2 à d1(2)=0, puis croît jusqu'à d1(12)=10.
Le maximum sur [0;12] est donc atteint à une EXTRÉMITÉ : on compare d1(0)=2 et d1(12)=10, et le maximum vaut 10, en x=12, soit 1000 m.
Piège : chercher le maximum à la pointe du V ; la pointe est le MINIMUM, et sur un intervalle borné le maximum se lit aux bornes.
c)
Les courbes se coupent au point de coordonnées (5,5;3,5).
En ce point, d1(x)=d2(x) : le baigneur est à égale distance des deux postes, donc au milieu du segment qui les joint, 22+9=5,5.
Sa distance à chaque poste vaut 5,5−2=3,5, soit 350 m.
L'égalité ∣x−2∣=∣x−9∣ se résout ainsi sans aucun calcul : c'est la lecture en distances qui donne le milieu.
d)
La courbe de d1 est strictement sous celle de d2 à gauche du point d'intersection.
Sur [0;12], les solutions de d1(x)<d2(x) forment [0;5,5[.
Le poste 1 surveille la portion de plage comprise entre 0 et 550 m ; à 550 m exactement, les deux postes sont à égalité.
e)
150 m font 1,5 centaine de mètres. La condition s'écrit d2(x)≤1,5, soit ∣x−9∣≤1,5.
Centre 9, rayon 1,5 : x∈[7,5;10,5], de 750 m à 1050 m.
Piège : garder les mètres et écrire ∣x−9∣≤150, qui mélange deux unités et couvre toute la plage.
f)
Le poste 2 surveillera la portion où il est le plus proche : à droite, elle s'arrêtera au milieu de 9 et de c.
On veut ce milieu en 10 : 29+c=10, donc 9+c=20 et c=11.
Vérification : 11>9, et un baigneur en 10 est à 1 des postes 2 et 3. Le troisième poste est à l'abscisse 11, soit à 1100 m.
Il manque quelque chose dans cette série ?Un type d'exercice que ton prof donne, un énoncé qui te bloque, une erreur repérée : dis-le-moi, je lis chaque demande.
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