Exercice 1 : Équation différentielle et fonction exponentielle : un modèle de glycémie après un repas
5 points Les équations différentiellesExponentielle et logarithmeLimites et continuitéPrimitives et intégration
- Partie A
- On considère l'équation différentielle
où est une fonction de la variable réelle . - On cherche l'ensemble des fonctions définies et dérivables sur qui sont solutions de cette équation.
- A.1. Soit la fonction définie sur par : . Vérifier que est solution de .
- 2. Soit une fonction définie et dérivable sur . On note la fonction définie sur par : . Soit l'équation différentielle .
- A.2.a. Démontrer que si la fonction est solution de l'équation différentielle alors la fonction est solution de l'équation différentielle .
- On admettra que la réciproque est vraie.
- A.2.b. Résoudre l'équation différentielle .
- A.2.c. En déduire les solutions de .
- A.2.d. Déterminer la solution de telle que .
- Partie B
- On s'intéresse à la glycémie chez une personne venant de prendre un repas.
- La glycémie en g.L, en fonction du temps , exprimé en heure, écoulé depuis la fin du repas, est modélisée par la fonction définie sur par : .
- B.1.a. Montrer que, pour tout , .
- B.1.b. Étudier les variations de sur puis dresser son tableau de variations sur cet intervalle.
- 2. Une personne est en hypoglycémie lorsque sa glycémie est inférieure à g.L.
- B.2.a. Démontrer que sur l'intervalle l'équation admet une unique solution que l'on notera .
- B.2.b. Au bout de combien de temps après avoir pris son repas cette personne est-elle en hypoglycémie ? On exprimera ce temps à la minute près.
- 3. On souhaite déterminer la glycémie moyenne en g.L chez cette personne lors des six heures qui suivent le repas.
- B.3.a. À l'aide d'une intégration par parties, montrer que : .
- B.3.b. Calculer la glycémie moyenne en g.L chez cette personne lors des six heures qui suivent le repas.
- B.3.c. En remarquant que la fonction est solution de l'équation différentielle , expliquer comment on aurait pu obtenir ce résultat autrement.
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Réponses
- A.1 : est solution de
- A.2.a : est solution de
- A.2.b Solutions de : ,
- A.2.c Solutions de : ,
- A.2.d
- B.1.a
- B.1.b croissante sur , décroissante sur ; , maximum ,
- B.2.a Aucune solution sur () ; une seule sur par le corollaire du TVI ;
- B.2.b En hypoglycémie pour h, soit au bout de 5 h 37 min
- B.3.a
- B.3.b g.L
- B.3.c , donc , sans intégration par parties
A.1. Méthode : pour vérifier qu'une fonction est solution d'une équation différentielle, on calcule séparément les deux membres et on les compare, pour tout réel .
La fonction est le produit de et de , toutes deux dérivables sur . La dérivée de est (forme , de dérivée ). Par la formule : .
Alors pour tout . La fonction est donc solution de .
Piège : oublier le facteur en dérivant l'exponentielle. On obtiendrait et la vérification échouerait, ce qui doit alerter : une question « vérifier » ne peut pas aboutir à une contradiction.
A.2.a. On suppose que est solution de : pour tout réel , . Comme , avec et dérivables sur , la fonction est dérivable et .
Pour tout réel : . La première parenthèse est nulle puisque est solution de ; la seconde vaut d'après la question A.1. Donc : est solution de .
Le regroupement des termes en deux parenthèses est tout le raisonnement : c'est la linéarité de l'équation. Erreur fréquente : partir de « est solution de », ce qui démontre la réciproque, admise par l'énoncé, et non l'implication demandée.
A.2.b. L'équation s'écrit , de la forme avec . D'après le cours, ses solutions sur sont les fonctions , où est un réel quelconque.
Piège de signe : est écrite sous la forme , il faut faire passer le terme de l'autre côté avant de lire . Écrire revient à prendre , et la vérification le montre.
A.2.c. D'après A.2.a et sa réciproque admise, est solution de si et seulement si est solution de , c'est-à-dire si et seulement s'il existe un réel tel que pour tout .
Les solutions de sont donc les fonctions , où est un réel quelconque.
L'équivalence est indispensable : l'implication de A.2.a seule montre que ces fonctions sont des solutions, la réciproque montre qu'il n'y en a pas d'autre. Oublier la solution particulière et répondre revient à résoudre au lieu de .
A.2.d. La solution cherchée est de la forme . La condition initiale donne , donc et pour tout réel .
Contrôle : . C'est exactement la fonction étudiée dans la partie B, ce qui confirme le résultat.
B.1.a. Méthode : dérivée d'un produit. Avec , , et , : .
Vérification par l'équation différentielle : est solution de , donc , le même résultat. Piège : distribuer le sur seulement et écrire .
B.1.b. Pour tout réel , : a le signe de , fonction affine décroissante qui s'annule en .
Donc sur et sur : est strictement croissante sur et strictement décroissante sur .
Valeurs du tableau : ; , maximum de sur ; . Le tableau de variations figure à la fin du corrigé.
Interprétation : la glycémie monte pendant une heure et demie après le repas jusqu'à environ g.L, puis redescend. Piège : laisser des valeurs approchées seules dans le tableau ; on y écrit les valeurs exactes, les arrondis servent ensuite.
B.2.a. On travaille sur les deux intervalles de monotonie.
Sur : est croissante, donc . L'équation n'a aucune solution sur cet intervalle.
Sur : est continue (elle est dérivable) et strictement décroissante, avec et . Comme est compris entre et , le corollaire du théorème des valeurs intermédiaires (cas strictement monotone) assure que l'équation admet une unique solution dans .
Au total, l'équation admet une unique solution sur . À la calculatrice, et , donc .
Erreur fréquente : appliquer le théorème directement sur , où n'est pas monotone. L'existence en découlerait, pas l'unicité ; c'est l'étude séparée de qui l'apporte. Il faut aussi citer les trois hypothèses : continuité, stricte monotonie, valeur intermédiaire.
B.2.b. La personne est en hypoglycémie lorsque . D'après le tableau de variations : sur , ; sur , décroît strictement donc ; sur , . L'hypoglycémie commence donc à l'instant .
Un balayage plus fin donne h. On convertit la partie décimale : min. Pour trancher à la minute : h min h et , alors que h min h et .
La personne est en hypoglycémie au bout de 5 h 37 min environ après le repas. La valeur est cohérente avec le modèle, défini jusqu'à h.
Piège : lire h comme « 5 h 61 min ». Une heure compte minutes, et c'est la partie décimale qu'on multiplie par .
B.3.a. Méthode : intégration par parties, . On dérive le facteur affine, qui disparaît, et on intègre l'exponentielle : , ; , . Les fonctions et sont dérivables à dérivées continues sur .
.
Or . D'où .
Contrôle numérique : , positif comme l'intégrale d'une fonction positive, et compris entre et . Pièges : la primitive de est et non ; et le signe moins de la formule, qui devient un plus.
B.3.b. La glycémie moyenne sur les six heures est la valeur moyenne de sur : g.L.
Cohérence : la moyenne se situe entre le minimum et le maximum de sur l'intervalle. Oublier de diviser par donne , qui n'est pas une glycémie mais une quantité en g.L.h.
B.3.c. Puisque est solution de , , donc pour tout . On exprime ainsi à l'aide d'une fonction qu'on sait intégrer et d'une dérivée, dont elle-même est une primitive.
Par linéarité de l'intégrale : .
Avec et : . On retrouve le résultat sans intégration par parties.
L'idée à retenir : l'intégrale d'une dérivée se calcule sans chercher de primitive, . C'est elle qui rend l'équation différentielle utile ici.
| signe de | |||||
| variations de |
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