Maths Première, tronc commun, programme français • Exercices corrigés à Montréal

Exercices corrigés : variation exponentielle et suites géométriques (Première, tronc commun)

Voici une série d'exercices corrigés sur la variation exponentielle pour les élèves de Première qui suivent les mathématiques du tronc commun, intégrées à l'enseignement scientifique, sans spécialité maths. Elle suit le programme français de 2026 et s'adresse aux élèves des lycées français, dont le Lycée Marie de France et le Collège Stanislas à Montréal, et à tout élève qui prépare l'épreuve anticipée de fin de Première, passée sans calculatrice.

Le fil de la série tient en une phrase : le temps s'additionne, le coefficient se multiplie. nn périodes, c'est le coefficient à la puissance nn ; une fraction 1n\frac{1}{n} de période, c'est la racine nn-ième du coefficient ; un taux moyen sur nn évolutions, c'est la racine nn-ième du coefficient global. Toutes les erreurs du chapitre, du « 10,5 %10{,}5\ \% en six mois » aux « 75 %75\ \% au bout d'une demi demi-vie », viennent d'un taux qu'on a divisé ou additionné.

Tous les nombres ont été choisis pour se calculer de tête ou à la main ; quand une racine ne tombe pas juste, sa valeur est donnée dans l'énoncé. Faites chaque exercice au complet avant d'ouvrir la correction : c'est en cherchant qu'on apprend, pas en lisant la solution.

Série autocorrigée Tape tes réponses sous chaque question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points.

Ce chapitre fait partie de Maths du tronc commun en Première, sans spécialité
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Remonter plus loin : la chaîne complète (10 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1Fractions et proportionnalitéSixième, Mathématiques
  2. 2Proportionnalité et pourcentagesCinquième, Mathématiques
  3. 3Proportionnalité, pourcentages et vitessesQuatrième, Mathématiques
  4. 4Les fonctions linéairesTroisième, Mathématiques
  5. 5Les fonctions affinesTroisième, Mathématiques
  6. 6Développer et factoriserTroisième, Mathématiques
  7. 7Équations, équations produit et inéquationsTroisième, Mathématiques
  8. 8Pourcentages et évolutionsSeconde, Mathématiques
  9. 9Fonctions affines et systèmesSeconde, Mathématiques
  10. 10Variation linéaire : suites arithmétiques et fonctions affines

Rappel de cours

  • • SUITE GÉOMÉTRIQUE : on passe d'un terme au suivant en multipliant par la raison qq. u(n+1)=q×u(n)u(n+1)=q\times u(n) et u(n)=u(0)×qnu(n)=u(0)\times q^{n}.
  • • Reconnaître : écarts constants, suite arithmétique (croissance linéaire) ; QUOTIENTS constants, suite géométrique (croissance ou décroissance exponentielle).
  • • Une évolution de t %t\ \% correspond au coefficient 1+t1001+\frac{t}{100} : +21 %+21\ \% donne 1,211{,}21, −20 %-20\ \% donne 0,80{,}8.
  • • Termes strictement positifs : q>1q>1, suite croissante ; 0<q<10<q<1, suite décroissante ; q=1q=1, suite constante.
  • • EXPOSANT 1n\frac{1}{n} : a1na^{\frac{1}{n}} est le nombre positif dont la puissance nn-ième vaut aa. 813=28^{\frac{1}{3}}=2 car 23=82^{3}=8 ; ce n'est pas 83\frac{8}{3}.
  • • FONCTION x↦axx\mapsto a^{x} (a>0a>0, x≥0x\geq 0) : elle prolonge la suite géométrique ana^{n} entre les entiers. Croissante si a>1a>1, décroissante si 0<a<10<a<1.
  • • Propriétés admises : ax×ay=ax+ya^{x}\times a^{y}=a^{x+y}, (ax)y=axy\left(a^{x}\right)^{y}=a^{xy}, ax×bx=(ab)xa^{x}\times b^{x}=(ab)^{x}.
  • • FRACTION DE PÉRIODE : si le coefficient d'une période est CC, celui d'une fraction 1n\frac{1}{n} de période est C1nC^{\frac{1}{n}}. Six mois à 21 %21\ \% par an : 1,2112=1,11{,}21^{\frac{1}{2}}=1{,}1.
  • • TAUX MOYEN de nn évolutions de coefficient global CC : tm=C1n−1t_{m}=C^{\frac{1}{n}}-1. Jamais la moyenne des taux.
  • • SEUIL : on calcule les termes un à un, on lit la courbe ou on remplit une colonne de tableur, jusqu'au premier terme qui franchit la valeur demandée.

Partie A : les bases (/50)

Exercice 1 : Le triangle de Sierpinski : de la récurrence au terme de rang n

On part d'un triangle équilatéral noir d'aire 6464 cm². À chaque étape, dans CHAQUE triangle noir, on relie les milieux des trois côtés et l'on retire le petit triangle central, qui devient blanc. Chaque triangle noir est ainsi remplacé par trois triangles noirs, dont chacun a une aire quatre fois plus petite. La figure montre les étapes 00, 11 et 22 ; les triangles noirs y sont hachurés.

On note T(n)T(n) le nombre de triangles noirs et A(n)A(n) l'aire noire totale, en cm², après nn étapes. Ainsi T(0)=1T(0)=1 et A(0)=64A(0)=64.

étape 0étape 1étape 2
  • a) Comptez T(1)T(1) et T(2)T(2) sur la figure, puis calculez T(3)T(3) sans dessiner.
  • b) Exprimez T(n+1)T(n+1) en fonction de T(n)T(n). Quelle est la nature de la suite TT ? Donnez T(n)T(n) en fonction de nn, puis calculez T(5)T(5).
  • c) Justifiez que A(n+1)=34×A(n)A(n+1)=\dfrac{3}{4}\times A(n), puis calculez A(1)A(1), A(2)A(2) et A(3)A(3).
  • d) Donnez le sens de variation de chacune des deux suites, en justifiant par leur raison.
  • e) À partir de quelle étape l'aire noire devient-elle inférieure à 2020 cm² ?

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) T(1)=3T(1)=3, T(2)=9T(2)=9, T(3)=27T(3)=27
  • b) T(n+1)=3 T(n)T(n+1)=3\,T(n) : suite géométrique de raison 33, T(n)=3nT(n)=3^{n}, T(5)=243T(5)=243
  • c) A(1)=48A(1)=48, A(2)=36A(2)=36, A(3)=27A(3)=27 (en cm²)
  • d) TT croissante (raison 3>13>1), AA décroissante (raison 0<34<10<\frac{3}{4}<1)
  • e) A(4)=20,25A(4)=20{,}25 et A(5)=15,187 5A(5)=15{,}187\,5 : à partir de l'étape 55

a) À l'étape 11, le grand triangle est coupé en quatre et l'on retire celui du milieu, pointe en bas : il reste T(1)=3T(1)=3 triangles noirs. Le piège est d'en compter quatre, en prenant le trou pour un triangle : le triangle central est BLANC, il ne compte pas. À l'étape 22, chacun des 33 triangles noirs subit la même opération et donne 33 triangles : T(2)=3×3=9T(2)=3\times 3=9. Sans dessiner, l'étape 33 donne T(3)=9×3=27T(3)=9\times 3=27. On ne compte plus sur la figure, on applique la règle.

b) Chaque triangle noir est remplacé par trois : T(n+1)=3×T(n)T(n+1)=3\times T(n). On passe d'un terme au suivant en MULTIPLIANT toujours par le même nombre, donc TT est une suite géométrique de premier terme T(0)=1T(0)=1 et de raison 33. Le terme de rang nn s'obtient en multipliant nn fois par 33 : T(n)=1×3n=3nT(n)=1\times 3^{n}=3^{n}. Donc T(5)=35=243T(5)=3^{5}=243. Remarquez la différence avec une suite arithmétique, où l'on AJOUTE toujours le même nombre : ici les écarts 22, 66, 1818 ne sont pas constants, ce sont les quotients qui le sont.

c) Passer de l'étape nn à l'étape n+1n+1 remplace chaque triangle noir par trois triangles d'aire quatre fois plus petite : chaque triangle garde 34\frac{3}{4} de son aire noire, donc l'aire noire TOTALE est multipliée par 34\frac{3}{4}. D'où A(n+1)=34A(n)A(n+1)=\frac{3}{4}A(n) et A(n)=64×(34)nA(n)=64\times\left(\frac{3}{4}\right)^{n}. On obtient A(1)=64×34=48A(1)=64\times\frac{3}{4}=48, A(2)=48×34=36A(2)=48\times\frac{3}{4}=36 et A(3)=36×34=27A(3)=36\times\frac{3}{4}=27. Contrôle par l'autre bout : à l'étape 22 il y a 99 triangles, chacun d'aire 6416=4\frac{64}{16}=4 cm², soit 9×4=369\times 4=36 cm². Les deux calculs concordent.

d) Tous les termes sont strictement positifs, donc le sens de variation se lit sur la raison. TT a pour raison 3>13>1 : chaque terme est plus grand que le précédent, TT est croissante. AA a pour raison 34\frac{3}{4}, comprise entre 00 et 11 : chaque terme est plus petit que le précédent, AA est décroissante. La même figure porte donc une croissance exponentielle, le nombre de triangles, et une décroissance exponentielle, l'aire noire : il n'y a aucune contradiction, les triangles se multiplient mais rapetissent plus vite.

e) On continue le calcul terme à terme, ce que ferait un tableur avec la formule « cellule du dessus fois 0,750{,}75 » recopiée vers le bas : A(3)=27A(3)=27, A(4)=27×0,75=20,25A(4)=27\times 0{,}75=20{,}25, A(5)=20,25×0,75=15,187 5A(5)=20{,}25\times 0{,}75=15{,}187\,5. L'aire est encore supérieure à 2020 cm² à l'étape 44, de peu, et passe en dessous à l'étape 55. Comme AA est décroissante, elle y restera ensuite. Réponse : à partir de l'étape 55. L'erreur fréquente est de s'arrêter à l'étape 44 parce que 20,2520{,}25 « vaut presque 2020 » : un seuil se franchit, il ne s'approche pas.

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Exercice 2 : Linéaire ou exponentielle : le test des quotients

Trois grandeurs sont relevées à intervalles de temps réguliers ; nn désigne le numéro du relevé.

(A) Le nombre de bornes de recharge installées dans une commune, en fin d'année : 4040, 5555, 7070, 8585, 100100.

(B) Une rumeur se propage en cascade : chaque personne qui l'apprend la transmet dans l'heure suivante à trois personnes qui l'ignoraient, puis ne la répète plus. Nombre de personnes nouvellement informées à l'heure nn : 22, 66, 1818, 5454, 162162.

(C) La masse d'un pesticide restant dans un sol, en milligrammes par kilogramme de terre, mesurée chaque année : 5050, 4040, 3232, 25,625{,}6, 20,4820{,}48.

La figure représente deux de ces grandeurs, pour nn allant de 00 à 44.

1234520406080100120nuage 1nuage 2n
  • a) Pour (A), calculez les écarts entre termes consécutifs, puis les quotients. Quelle est la nature de la suite ?
  • b) Même travail pour (B) et (C). Donnez la raison de chacune.
  • c) Pour (C), quel est le taux d'évolution annuel ? Quel est le sens de variation de la suite ?
  • d) En prolongeant chaque modèle, calculez la valeur de chaque grandeur au relevé n=6n=6. Pour (C), arrondissez au dixième.
  • e) Associez chaque nuage de la figure à sa grandeur, et dites comment on reconnaît à l'œil le nuage d'une suite arithmétique.

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) Écarts constants égaux à 1515, quotients non constants : suite arithmétique de raison 1515
  • b) (B) quotients constants : géométrique de raison 33 ; (C) quotients constants : géométrique de raison 0,80{,}8
  • c) Baisse de 20 %20\ \% par an ; suite décroissante
  • d) (A) 130130 ; (B) 1 4581\,458 ; (C) 13,107 2≈13,113{,}107\,2\approx 13{,}1 mg/kg
  • e) Nuage 1 : (C) ; nuage 2 : (A), dont les points sont alignés

a) Écarts de (A) : 55−40=1555-40=15, 70−55=1570-55=15, 85−70=1585-70=15, 100−85=15100-85=15. Ils sont tous égaux. Quotients : 5540=1,375\frac{55}{40}=1{,}375 puis 7055≈1,27\frac{70}{55}\approx 1{,}27 : ils ne sont pas constants. On ajoute toujours 1515 bornes : (A) est une suite arithmétique de raison 1515, c'est une croissance LINÉAIRE. Le test se fait toujours dans cet ordre : écarts constants, arithmétique ; quotients constants, géométrique ; ni l'un ni l'autre, aucun des deux modèles.

b) Pour (B), les écarts 44, 1212, 3636, 108108 ne sont pas constants, mais les quotients le sont : 62=186=5418=16254=3\frac{6}{2}=\frac{18}{6}=\frac{54}{18}=\frac{162}{54}=3. C'est une suite géométrique de raison 33, ce que dit l'énoncé : chaque personne informée en informe trois. Pour (C), les écarts −10-10, −8-8, −6,4-6{,}4, −5,12-5{,}12 ne sont pas constants, et les quotients valent tous 0,80{,}8 : 4050=3240=25,632=20,4825,6=0,8\frac{40}{50}=\frac{32}{40}=\frac{25{,}6}{32}=\frac{20{,}48}{25{,}6}=0{,}8. Suite géométrique de raison 0,80{,}8. Le piège de (C) : des écarts qui rétrécissent peuvent faire croire à une baisse « qui ralentit au hasard » ; c'est au contraire la signature d'une décroissance exponentielle, où l'on perd toujours la même PROPORTION, donc une quantité de plus en plus petite.

c) Multiplier par 0,80{,}8, c'est multiplier par 1−0,21-0{,}2 : la masse baisse de 20 %20\ \% chaque année. Tous les termes sont positifs et la raison est comprise entre 00 et 11, donc la suite est décroissante. Elle ne s'annule jamais : on garde chaque année 80 %80\ \% de ce qui reste, et 80 %80\ \% d'un nombre positif est encore positif.

d) (A) : on ajoute deux fois 1515 à 100100, soit 130130 bornes. (B) : on multiplie deux fois par 33, 162×9=1 458162\times 9=1\,458 personnes nouvellement informées. (C) : 20,48×0,8=16,38420{,}48\times 0{,}8=16{,}384 puis 16,384×0,8=13,107 216{,}384\times 0{,}8=13{,}107\,2, soit environ 13,113{,}1 mg/kg. Pour une suite géométrique on multiplie à chaque pas, on n'ajoute jamais le dernier écart : prolonger (C) par l'écart −5,12-5{,}12 donnerait 10,2410{,}24 au relevé 66, une erreur de près d'un quart.

e) Le nuage 2 monte de 1515 à chaque pas : ses points sont ALIGNÉS, c'est (A). Le nuage 1 descend de moins en moins vite, ses points dessinent une courbe qui s'aplatit : c'est (C). La grandeur (B) n'est pas représentée ; avec des valeurs de 22 à 162162, elle sortirait d'ailleurs de la fenêtre bien avant n=6n=6. À retenir : le nuage d'une suite arithmétique est aligné, celui d'une suite géométrique est courbé, vers le haut si la raison dépasse 11, vers le bas en s'aplatissant si elle est comprise entre 00 et 11.

Exercice 3 : L'exposant 1/n : la racine n-ième, sans calculatrice

Pour un réel a>0a>0 et un entier n≥1n\geq 1, le nombre a1na^{\frac{1}{n}} est le nombre POSITIF dont la puissance nn-ième vaut aa : (a1n)n=a\left(a^{\frac{1}{n}}\right)^{n}=a. On l'appelle la racine nn-ième de aa ; pour n=2n=2, c'est la racine carrée.

On admet que les puissances à exposant non entier ont les mêmes propriétés que les puissances entières : ax×ay=ax+ya^{x}\times a^{y}=a^{x+y}, (ax)y=axy\left(a^{x}\right)^{y}=a^{xy} et ax×bx=(ab)xa^{x}\times b^{x}=(ab)^{x}. Aucune calculatrice n'est autorisée.

  • a) Calculez de tête 491249^{\frac{1}{2}}, 8138^{\frac{1}{3}}, 811481^{\frac{1}{4}}, 1,21121{,}21^{\frac{1}{2}} et 0,64120{,}64^{\frac{1}{2}}.
  • b) Vérifiez par la définition que 2713=327^{\frac{1}{3}}=3, puis calculez 272327^{\frac{2}{3}} de deux façons différentes.
  • c) À l'aide des propriétés, calculez 41,54^{1{,}5}, 160,7516^{0{,}75} et 212×8122^{\frac{1}{2}}\times 8^{\frac{1}{2}}.
  • d) Un élève écrit : « 1,2112=1+0,212=1,1051{,}21^{\frac{1}{2}}=1+\frac{0{,}21}{2}=1{,}105 ». Calculez 1,10521{,}105^{2} et concluez.
  • e) Sans calculatrice, encadrez 101210^{\frac{1}{2}} entre deux entiers consécutifs, puis entre deux nombres à un chiffre après la virgule.

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Réponses

  • a) 77 ; 22 ; 33 ; 1,11{,}1 ; 0,80{,}8
  • b) 33=273^{3}=27 ; 2723=(2713)2=(272)13=927^{\frac{2}{3}}=\left(27^{\frac{1}{3}}\right)^{2}=\left(27^{2}\right)^{\frac{1}{3}}=9
  • c) 41,5=84^{1{,}5}=8 ; 160,75=816^{0{,}75}=8 ; 212×812=1612=42^{\frac{1}{2}}\times 8^{\frac{1}{2}}=16^{\frac{1}{2}}=4
  • d) 1,1052=1,221 025≠1,211{,}105^{2}=1{,}221\,025\neq 1{,}21 : l'élève a tort, 1,2112=1,11{,}21^{\frac{1}{2}}=1{,}1
  • e) 3<1012<43<10^{\frac{1}{2}}<4 et 3,1<1012<3,23{,}1<10^{\frac{1}{2}}<3{,}2

a) Pour chaque nombre, on cherche le nombre positif qui, élevé à la bonne puissance, redonne aa. 72=497^{2}=49, donc 4912=749^{\frac{1}{2}}=7. 23=82^{3}=8, donc 813=28^{\frac{1}{3}}=2 et non 83\frac{8}{3} : l'exposant 13\frac{1}{3} ne divise pas par 33, il demande quel nombre, pris trois fois en FACTEUR, donne 88. 34=813^{4}=81, donc 8114=381^{\frac{1}{4}}=3. 1,12=1,211{,}1^{2}=1{,}21, donc 1,2112=1,11{,}21^{\frac{1}{2}}=1{,}1. 0,82=0,640{,}8^{2}=0{,}64, donc 0,6412=0,80{,}64^{\frac{1}{2}}=0{,}8. Réflexe utile : connaître les carrés jusqu'à 15215^{2} et les cubes jusqu'à 535^{3} rend presque toutes les questions de ce chapitre faisables de tête.

b) 33=3×3×3=273^{3}=3\times 3\times 3=27, et 33 est positif : par définition 2713=327^{\frac{1}{3}}=3. Pour 272327^{\frac{2}{3}}, on écrit 23=13×2\frac{2}{3}=\frac{1}{3}\times 2 et l'on utilise (ax)y=axy\left(a^{x}\right)^{y}=a^{xy}. Première façon : 2723=(2713)2=32=927^{\frac{2}{3}}=\left(27^{\frac{1}{3}}\right)^{2}=3^{2}=9. Seconde façon : 2723=(272)13=7291327^{\frac{2}{3}}=\left(27^{2}\right)^{\frac{1}{3}}=729^{\frac{1}{3}}, et comme 93=7299^{3}=729, on retrouve 99. Les deux chemins donnent le même nombre, mais le premier est bien plus court : on prend la racine d'abord, quand le nombre est encore petit.

c) 41,5=41×40,5=4×2=84^{1{,}5}=4^{1}\times 4^{0{,}5}=4\times 2=8, grâce à ax+y=ax×aya^{x+y}=a^{x}\times a^{y} avec 1,5=1+0,51{,}5=1+0{,}5. 160,75=1634=(1614)3=23=816^{0{,}75}=16^{\frac{3}{4}}=\left(16^{\frac{1}{4}}\right)^{3}=2^{3}=8, car 24=162^{4}=16. Enfin 212×812=(2×8)12=1612=42^{\frac{1}{2}}\times 8^{\frac{1}{2}}=(2\times 8)^{\frac{1}{2}}=16^{\frac{1}{2}}=4, grâce à ax×bx=(ab)xa^{x}\times b^{x}=(ab)^{x}. Aucun de ces calculs ne demande de connaître 2122^{\frac{1}{2}} ni 8128^{\frac{1}{2}}, qui ne sont pas des nombres décimaux : les propriétés permettent de contourner les valeurs qu'on ne sait pas calculer.

d) 1,1052=1,105×1,105=1,221 0251{,}105^{2}=1{,}105\times 1{,}105=1{,}221\,025, qui n'est pas 1,211{,}21. Donc 1,1051{,}105 n'est pas la racine carrée de 1,211{,}21 ; la bonne valeur est 1,11{,}1, puisque 1,12=1,211{,}1^{2}=1{,}21. L'erreur de l'élève est celle qui revient dans tout le chapitre : il a DIVISÉ le taux 21 %21\ \% par 22, alors que deux hausses de 10,5 %10{,}5\ \% se composent en 1,105×1,1051{,}105\times 1{,}105, qui dépasse 1,211{,}21. Deux hausses successives de 10 %10\ \% font une hausse de 21 %21\ \%, pas de 20 %20\ \% : c'est la même remarque lue dans l'autre sens.

e) 32=9<10<16=423^{2}=9<10<16=4^{2}, et la racine carrée conserve l'ordre des nombres positifs, donc 3<1012<43<10^{\frac{1}{2}}<4. Pour affiner, on essaie les dixièmes : 3,12=9,61<103{,}1^{2}=9{,}61<10 et 3,22=10,24>103{,}2^{2}=10{,}24>10, donc 3,1<1012<3,23{,}1<10^{\frac{1}{2}}<3{,}2. C'est la méthode de l'ordre de grandeur sans machine : on encadre par des carrés connus, puis on resserre. Elle servira pour tous les seuils du chapitre, où l'on encadre une puissance entre deux entiers consécutifs.

Exercice 4 : Prolonger la suite en fonction : un produit de contraste dans le sang

Pour un examen d'imagerie, on injecte à un patient 100100 mg d'un produit de contraste. Le laboratoire mesure la quantité restant dans le sang toutes les deux heures : à chaque mesure, elle a été multipliée par 0,640{,}64 depuis la précédente. On note u(n)u(n) la quantité, en mg, après nn périodes de deux heures ; ainsi u(0)=100u(0)=100. La figure place les cinq premières mesures en fonction du temps tt, en heures.

Entre deux mesures, rien n'est relevé. On cherche à savoir ce qui se passe entre les points.

123456789102030405060708090100110t (h)Q (mg)
  • a) Exprimez u(n)u(n) en fonction de nn, puis calculez u(1)u(1), u(2)u(2) et u(3)u(3).
  • b) On note cc le coefficient par lequel la quantité est multipliée en UNE heure. Justifiez que c2=0,64c^{2}=0{,}64, déduisez-en cc puis la quantité au bout d'une heure. Pourquoi n'est-ce pas la moyenne de 100100 et 6464 ?
  • c) On admet que la quantité au bout de tt heures vaut Q(t)=100×0,8tQ(t)=100\times 0{,}8^{t} pour tout réel t≥0t\geq 0. Calculez Q(3)Q(3) et Q(5)Q(5), et vérifiez que Q(4)=u(2)Q(4)=u(2).
  • d) Quel pourcentage du produit présent est éliminé en une heure ? en deux heures ?
  • e) Quel est le sens de variation de QQ ? L'examen doit être terminé avant que la quantité passe sous 5050 mg : au bout de combien d'heures entières est-elle pour la première fois inférieure à 5050 mg ?

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Réponses

  • a) u(n)=100×0,64nu(n)=100\times 0{,}64^{n} ; u(1)=64u(1)=64, u(2)=40,96u(2)=40{,}96, u(3)=26,214 4u(3)=26{,}214\,4
  • b) c=0,6412=0,8c=0{,}64^{\frac{1}{2}}=0{,}8 ; Q(1)=80Q(1)=80 mg, moyenne géométrique de 100100 et 6464
  • c) Q(3)=51,2Q(3)=51{,}2 mg, Q(5)=32,768Q(5)=32{,}768 mg, Q(4)=0,642×100=40,96=u(2)Q(4)=0{,}64^{2}\times 100=40{,}96=u(2)
  • d) 20 %20\ \% en une heure, 36 %36\ \% en deux heures
  • e) QQ décroissante ; Q(3)=51,2>50Q(3)=51{,}2>50 et Q(4)=40,96<50Q(4)=40{,}96<50 : au bout de 44 heures

a) Toutes les deux heures on multiplie par 0,640{,}64 : uu est géométrique de premier terme 100100 et de raison 0,640{,}64, donc u(n)=100×0,64nu(n)=100\times 0{,}64^{n}. On calcule u(1)=64u(1)=64, u(2)=64×0,64=40,96u(2)=64\times 0{,}64=40{,}96 et u(3)=40,96×0,64=26,214 4u(3)=40{,}96\times 0{,}64=26{,}214\,4 mg. Ces valeurs sont celles des points de la figure en t=2t=2, 44 et 66 : le rang nn compte des périodes de deux heures, pas des heures. Confondre les deux décale tout l'exercice.

b) Deux heures, c'est une heure PUIS une heure : la quantité est multipliée par cc, puis encore par cc, soit par c2c^{2} en deux heures. Or on sait qu'en deux heures elle est multipliée par 0,640{,}64, donc c2=0,64c^{2}=0{,}64 et, cc étant positif, c=0,6412=0,8c=0{,}64^{\frac{1}{2}}=0{,}8. Au bout d'une heure il reste 100×0,8=80100\times 0{,}8=80 mg. La moyenne ARITHMÉTIQUE de 100100 et 6464, soit 8282, suppose que la quantité baisse de la même QUANTITÉ chaque heure, ce qui est le modèle linéaire. Ici elle baisse de la même PROPORTION : la bonne valeur intermédiaire est la moyenne GÉOMÉTRIQUE 100×64=6 400=80\sqrt{100\times 64}=\sqrt{6\,400}=80. C'est exactement ainsi qu'on complète le nuage de points pour obtenir la courbe : moyenne des abscisses, moyenne géométrique des ordonnées.

c) La fonction QQ prolonge la suite à tous les instants. Q(3)=100×0,83=100×0,512=51,2Q(3)=100\times 0{,}8^{3}=100\times 0{,}512=51{,}2 mg et Q(5)=100×0,85=100×0,327 68=32,768Q(5)=100\times 0{,}8^{5}=100\times 0{,}327\,68=32{,}768 mg. Enfin Q(4)=100×0,84=100×(0,82)2=100×0,642=40,96Q(4)=100\times 0{,}8^{4}=100\times\left(0{,}8^{2}\right)^{2}=100\times 0{,}64^{2}=40{,}96, qui est bien u(2)u(2) : la fonction passe exactement par les points mesurés, et Q(2n)=u(n)Q(2n)=u(n) pour tout entier nn. La courbe de la correction relie les mesures, points pleins, et les instants intermédiaires, points vides.

d) Multiplier par 0,80{,}8, c'est retirer 20 %20\ \% : en une heure, 20 %20\ \% du produit présent est éliminé. Multiplier par 0,640{,}64, c'est retirer 36 %36\ \% en deux heures. Le piège classique est de diviser par deux les 36 %36\ \% pour annoncer 18 %18\ \% par heure : on vérifie que 0,822=0,672 40{,}82^{2}=0{,}672\,4, qui n'est pas 0,640{,}64. Les pourcentages d'élimination ne se partagent pas entre les heures, ce sont les coefficients qui se composent.

e) La base 0,80{,}8 est comprise entre 00 et 11, donc QQ est décroissante sur [0 ;+∞[[0\,;+\infty[ : la quantité ne fait que diminuer, sans jamais devenir nulle. On a Q(3)=51,2>50Q(3)=51{,}2>50 et Q(4)=40,96<50Q(4)=40{,}96<50 : la quantité passe sous 5050 mg entre la troisième et la quatrième heure, et l'heure entière demandée est 44. Sur la courbe, on lit que le passage sous la droite d'équation y=50y=50 se fait un peu après t=3t=3 ; le calcul et le graphique se contrôlent mutuellement.

12345678910203040506070809010011050 mgt (h)Q (mg)

Exercice 5 : Le taux d'évolution moyen : la racine, pas la moyenne

La fréquentation d'un site de recettes de cuisine a évolué ainsi sur trois années consécutives : +60 %+60\ \% la première année, +20 %+20\ \% la deuxième, −10 %-10\ \% la troisième.

On appelle taux d'évolution moyen sur ces trois années le taux tt qui, appliqué TROIS fois de suite, produit la même évolution globale.

  • a) Calculez le coefficient multiplicateur global sur les trois années, puis le taux d'évolution global.
  • b) Un rédacteur annonce « une hausse moyenne de 60+20−103≈23,3 %\frac{60+20-10}{3}\approx 23{,}3\ \% par an ». Vérifiez plutôt que trois hausses successives de 20 %20\ \% produisent la même évolution globale que les trois évolutions réelles.
  • c) Écrivez l'équation vérifiée par 1+t1+t, et exprimez 1+t1+t à l'aide d'un exposant. Donnez le taux moyen.
  • d) Sur quatre années, la fréquentation d'un autre site a été multipliée par 0,656 10{,}656\,1. Quel est le taux d'évolution global ? Calculez le taux d'évolution annuel moyen.
  • e) Le taux moyen de la question c) changerait-il si les trois évolutions avaient eu lieu dans l'ordre −10 %-10\ \%, +60 %+60\ \%, +20 %+20\ \% ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) 1,6×1,2×0,9=1,7281{,}6\times 1{,}2\times 0{,}9=1{,}728 : hausse globale de 72,8 %72{,}8\ \%
  • b) 1,23=1,7281{,}2^{3}=1{,}728 : trois hausses de 20 %20\ \% suffisent, 23,3 %23{,}3\ \% est trop
  • c) (1+t)3=1,728(1+t)^{3}=1{,}728, 1+t=1,72813=1,21+t=1{,}728^{\frac{1}{3}}=1{,}2 : taux moyen +20 %+20\ \%
  • d) Baisse globale de 34,39 %34{,}39\ \% ; 0,656 114=0,90{,}656\,1^{\frac{1}{4}}=0{,}9 : −10 %-10\ \% par an en moyenne
  • e) Non : le produit 1,6×1,2×0,91{,}6\times 1{,}2\times 0{,}9 ne dépend pas de l'ordre

a) Chaque évolution se traduit par un coefficient : +60 %+60\ \% donne 1,61{,}6, +20 %+20\ \% donne 1,21{,}2, −10 %-10\ \% donne 0,90{,}9. Des évolutions successives se composent en MULTIPLIANT les coefficients : 1,6×1,2=1,921{,}6\times 1{,}2=1{,}92, puis 1,92×0,9=1,7281{,}92\times 0{,}9=1{,}728. Le coefficient global est 1,7281{,}728, soit une hausse globale de 72,8 %72{,}8\ \%. Additionner les taux, 60+20−10=70 %60+20-10=70\ \%, sous-estime l'évolution : chaque taux s'applique à une valeur déjà modifiée par les précédents.

b) 1,22=1,441{,}2^{2}=1{,}44 et 1,44×1,2=1,7281{,}44\times 1{,}2=1{,}728. Trois hausses de 20 %20\ \% donnent exactement le coefficient global des trois évolutions réelles : le taux moyen est donc 20 %20\ \%. Le rédacteur, lui, a pris la moyenne des trois taux ; appliquée trois fois, sa hausse de 23,3 %23{,}3\ \% donnerait un coefficient d'environ 1,8761{,}876, soit une hausse globale de près de 88 %88\ \% au lieu de 72,8 %72{,}8\ \%. La moyenne des taux n'a aucune raison de reproduire l'évolution globale, parce que les taux ne s'additionnent pas.

c) Le taux moyen tt vérifie (1+t)3=1,728(1+t)^{3}=1{,}728 : trois fois le même coefficient doit donner le coefficient global. Le nombre positif dont le cube vaut 1,7281{,}728 est la racine cubique de 1,7281{,}728, qu'on écrit avec l'exposant 13\frac{1}{3} : 1+t=1,72813=1,21+t=1{,}728^{\frac{1}{3}}=1{,}2, puisque 1,23=1,7281{,}2^{3}=1{,}728. Donc t=0,2t=0{,}2, un taux moyen de +20 %+20\ \% par an. La méthode générale : pour nn évolutions de coefficient global CC, le coefficient moyen est C1nC^{\frac{1}{n}}, et le taux moyen est C1n−1C^{\frac{1}{n}}-1.

d) Coefficient 0,656 10{,}656\,1, donc taux global 0,656 1−1=−0,343 90{,}656\,1-1=-0{,}343\,9 : une baisse de 34,39 %34{,}39\ \% en quatre ans. Le coefficient annuel moyen est 0,656 1140{,}656\,1^{\frac{1}{4}}. Sans calculatrice, on remarque que 0,92=0,810{,}9^{2}=0{,}81 et 0,812=0,656 10{,}81^{2}=0{,}656\,1, donc 0,94=0,656 10{,}9^{4}=0{,}656\,1 et 0,656 114=0,90{,}656\,1^{\frac{1}{4}}=0{,}9. Le taux annuel moyen est 0,9−1=−0,10{,}9-1=-0{,}1, soit −10 %-10\ \% par an. Diviser 34,3934{,}39 par 44 aurait donné −8,6 %-8{,}6\ \%, faux : quatre baisses de 8,6 %8{,}6\ \% ne font perdre qu'environ 30 %30\ \%.

e) Non. Le coefficient global est le produit 0,9×1,6×1,20{,}9\times 1{,}6\times 1{,}2, et un produit ne dépend pas de l'ordre de ses facteurs : on retrouve 1,7281{,}728, donc le même taux moyen de 20 %20\ \%. Le chemin suivi par la fréquentation n'est pas le même, elle commence par baisser, mais le point d'arrivée est identique. Le taux moyen décrit seulement le départ et l'arrivée, jamais le trajet.

Partie B : problèmes et raisonnement (/50)

Exercice 6 : Une dette au bout d'une fraction d'année

Un crédit renouvelable applique un taux annuel de 21 %21\ \% aux sommes non remboursées, les intérêts étant composés : ils portent eux-mêmes intérêt. Sam laisse une dette de 2 0002\,000 dollars sans rien rembourser.

On admet que la dette, en dollars, au bout de xx années vaut D(x)=2 000×1,21xD(x)=2\,000\times 1{,}21^{x} pour tout réel x≥0x\geq 0, y compris quand xx n'est pas entier. Données, sans calculatrice : 1,212=1,464 11{,}21^{2}=1{,}464\,1, 1,213=1,771 5611{,}21^{3}=1{,}771\,561, 1,214≈2,143 61{,}21^{4}\approx 2{,}143\,6 et 1,112≈1,048 81{,}1^{\frac{1}{2}}\approx 1{,}048\,8.

  • a) Calculez la dette au bout d'un an, puis de deux ans.
  • b) Calculez 1,21121{,}21^{\frac{1}{2}} et la dette au bout de six mois. Une amie de Sam affirme que la dette augmente de 10,5 %10{,}5\ \% en six mois, « la moitié de 21 %21\ \% ». Qui a raison ?
  • c) Calculez la dette au bout d'un an et demi, en utilisant 1,5=1+0,51{,}5=1+0{,}5.
  • d) Justifiez que 1,2114=1,1121{,}21^{\frac{1}{4}}=1{,}1^{\frac{1}{2}}. Déduisez-en la dette au bout de trois mois, au centime, et le taux trimestriel.
  • e) Au bout de combien d'années entières la dette a-t-elle doublé ? A-t-elle déjà doublé au bout de trois ans et demi ?

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b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) D(1)=2 420D(1)=2\,420 dollars, D(2)=2 928,20D(2)=2\,928{,}20 dollars
  • b) 1,2112=1,11{,}21^{\frac{1}{2}}=1{,}1 ; D(0,5)=2 200D(0{,}5)=2\,200 dollars, hausse de 10 %10\ \% : l'amie a tort
  • c) D(1,5)=2 000×1,21×1,1=2 662D(1{,}5)=2\,000\times 1{,}21\times 1{,}1=2\,662 dollars
  • d) (1,2112)12=1,112\left(1{,}21^{\frac{1}{2}}\right)^{\frac{1}{2}}=1{,}1^{\frac{1}{2}} ; D(0,25)≈2 097,60D(0{,}25)\approx 2\,097{,}60 dollars, taux trimestriel ≈4,88 %\approx 4{,}88\ \%
  • e) 1,213<2<1,2141{,}21^{3}<2<1{,}21^{4} : au bout de 44 ans ; non, D(3,5)≈3 897,43D(3{,}5)\approx 3\,897{,}43 dollars

a) D(1)=2 000×1,21=2 420D(1)=2\,000\times 1{,}21=2\,420 dollars et D(2)=2 000×1,464 1=2 928,20D(2)=2\,000\times 1{,}464\,1=2\,928{,}20 dollars. La deuxième année, les intérêts portent sur 2 4202\,420 dollars et non sur 2 0002\,000 : ils valent 508,20508{,}20 dollars au lieu de 420420. C'est ce que veut dire « intérêts composés », et c'est ce qui rend la suite des dettes annuelles géométrique de raison 1,211{,}21.

b) 1,12=1,211{,}1^{2}=1{,}21 et 1,1>01{,}1>0, donc 1,2112=1,11{,}21^{\frac{1}{2}}=1{,}1. Au bout de six mois : D(0,5)=2 000×1,1=2 200D(0{,}5)=2\,000\times 1{,}1=2\,200 dollars, une hausse de 10 %10\ \%. L'amie de Sam a tort : avec 10,5 %10{,}5\ \% par semestre, la dette serait multipliée en un an par 1,1052=1,221 0251{,}105^{2}=1{,}221\,025, soit une hausse annuelle de 22,1 %22{,}1\ \% et non 21 %21\ \%. Couper l'année en deux, c'est chercher le coefficient qui, appliqué DEUX fois, donne 1,211{,}21 : c'est une racine carrée, pas une division par deux. Le temps s'additionne, six mois plus six mois ; le coefficient se multiplie, 1,11{,}1 fois 1,11{,}1.

c) Par la propriété admise ax+y=ax×aya^{x+y}=a^{x}\times a^{y} : 1,211,5=1,211×1,210,5=1,21×1,1=1,3311{,}21^{1{,}5}=1{,}21^{1}\times 1{,}21^{0{,}5}=1{,}21\times 1{,}1=1{,}331. Donc D(1,5)=2 000×1,331=2 662D(1{,}5)=2\,000\times 1{,}331=2\,662 dollars. On peut le lire aussi comme trois semestres à 10 %10\ \% : 1,13=1,3311{,}1^{3}=1{,}331. Les deux lectures coïncident, ce qui confirme que le coefficient semestriel est bien 1,11{,}1.

d) 1,2114=1,2112×12=(1,2112)12=1,1121{,}21^{\frac{1}{4}}=1{,}21^{\frac{1}{2}\times\frac{1}{2}}=\left(1{,}21^{\frac{1}{2}}\right)^{\frac{1}{2}}=1{,}1^{\frac{1}{2}}, par la propriété (ax)y=axy\left(a^{x}\right)^{y}=a^{xy}. Avec la donnée 1,112≈1,048 81{,}1^{\frac{1}{2}}\approx 1{,}048\,8 : D(0,25)≈2 000×1,048 8=2 097,60D(0{,}25)\approx 2\,000\times 1{,}048\,8=2\,097{,}60 dollars. Le taux trimestriel est d'environ 4,88 %4{,}88\ \%, et non 214=5,25 %\frac{21}{4}=5{,}25\ \%. Vérification : quatre trimestres donnent 1,048 84≈1,211{,}048\,8^{4}\approx 1{,}21, alors que 1,052 541{,}052\,5^{4} dépasserait 1,221{,}22.

e) La dette double quand 1,21x1{,}21^{x} atteint 22. Aux années entières : 1,213≈1,77<21{,}21^{3}\approx 1{,}77<2 et 1,214≈2,14>21{,}21^{4}\approx 2{,}14>2. La dette n'a donc pas doublé au bout de trois ans, et elle a doublé au bout de quatre ans : D(4)≈4 287D(4)\approx 4\,287 dollars. Au bout de trois ans et demi : 1,213,5=1,213×1,210,5=1,771 561×1,1=1,948 717 11{,}21^{3{,}5}=1{,}21^{3}\times 1{,}21^{0{,}5}=1{,}771\,561\times 1{,}1=1{,}948\,717\,1, donc D(3,5)≈3 897,43D(3{,}5)\approx 3\,897{,}43 dollars, encore sous 4 0004\,000. La dette double entre trois ans et demi et quatre ans. Ordre de grandeur à retenir : à 21 %21\ \% par an, une dette oubliée double en moins de quatre ans.

Exercice 7 : Noyaux radioactifs au bout d'une fraction de demi-vie : l'iode 123

L'iode 123 sert à la scintigraphie de la thyroïde. Sa demi-vie est de 1313 heures : en 1313 heures, la moitié des noyaux présents se désintègre. Une dose contient au départ N0=8,0×1011N_{0}=8{,}0\times 10^{11} noyaux d'iode 123.

On admet que la fraction de noyaux restant au bout de tt heures vaut f(t)=0,5t13f(t)=0{,}5^{\frac{t}{13}} pour tout réel t≥0t\geq 0 ; la figure en donne la courbe. Données : 0,512≈0,7070{,}5^{\frac{1}{2}}\approx 0{,}707 et 0,513≈0,7940{,}5^{\frac{1}{3}}\approx 0{,}794.

13263952650,10,20,30,40,50,60,70,80,91t (h)fraction restante
  • a) Quelle fraction des noyaux reste-t-il au bout de 1313 h, de 2626 h et de 3939 h ? Combien de noyaux reste-t-il au bout de 3939 h ?
  • b) Au bout de 66 h 3030 min, soit une demi demi-vie, quelle fraction reste-t-il ? Combien de noyaux ? Pourquoi n'en reste-t-il pas 75 %75\ \% ?
  • c) Au bout de 1919 h 3030 min, soit une demi-vie et demie, quelle fraction reste-t-il ?
  • d) Quelle fraction reste-t-il au bout d'un tiers de demi-vie, soit 44 h 2020 min ?
  • e) Lisez sur la courbe au bout de combien de temps il ne reste plus que 10 %10\ \% des noyaux. Encadrez ce temps entre deux multiples de la demi-vie par le calcul.
  • f) Même raisonnement en datation : un os ancien ne contient plus que 70,7 %70{,}7\ \% du carbone 14 qu'il contenait à sa mort. La demi-vie du carbone 14 est de 5 7305\,730 ans. Quel est son âge ?

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e)
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  • a) 12\frac{1}{2}, 14\frac{1}{4}, 18\frac{1}{8} ; 1,0×10111{,}0\times 10^{11} noyaux au bout de 3939 h
  • b) 0,512≈0,7070{,}5^{\frac{1}{2}}\approx 0{,}707, soit environ 5,66×10115{,}66\times 10^{11} noyaux ; la décroissance n'est pas linéaire
  • c) 0,51,5=0,5×0,512≈0,3540{,}5^{1{,}5}=0{,}5\times 0{,}5^{\frac{1}{2}}\approx 0{,}354
  • d) 0,513≈0,7940{,}5^{\frac{1}{3}}\approx 0{,}794
  • e) Environ 4343 h ; entre 3939 h (12,5 %12{,}5\ \%) et 5252 h (6,25 %6{,}25\ \%)
  • f) Une demi demi-vie : 2 8652\,865 ans

a) Chaque demi-vie multiplie le nombre de noyaux par 0,50{,}5. 1313 h, 2626 h et 3939 h sont 11, 22 et 33 demi-vies : il reste 12\frac{1}{2}, puis 14\frac{1}{4}, puis 18\frac{1}{8} des noyaux. Au bout de 3939 h : 8,0×10118=1,0×1011\frac{8{,}0\times 10^{11}}{8}=1{,}0\times 10^{11} noyaux. La formule le confirme : f(39)=0,53=0,125f(39)=0{,}5^{3}=0{,}125. Le temps compté en demi-vies est l'exposant.

b) 6,56{,}5 h, c'est 6,513=12\frac{6{,}5}{13}=\frac{1}{2} demi-vie : f(6,5)=0,512≈0,707f(6{,}5)=0{,}5^{\frac{1}{2}}\approx 0{,}707. Il reste environ 0,707×8,0×1011≈5,66×10110{,}707\times 8{,}0\times 10^{11}\approx 5{,}66\times 10^{11} noyaux. Répondre 75 %75\ \%, c'est supposer qu'on perd 25 %25\ \% pendant chaque moitié de la demi-vie, donc une perte linéaire. Or deux demi demi-vies successives doivent donner une demi-vie : le coefficient cc d'une demi demi-vie vérifie c×c=0,5c\times c=0{,}5, donc c=0,512c=0{,}5^{\frac{1}{2}}. Avec 0,750{,}75, on aurait 0,752=0,562 50{,}75^{2}=0{,}562\,5, plus de la moitié : faux. Sur la courbe, le point d'abscisse 6,56{,}5 est au-dessus de la corde qui joint (0 ;1)(0\,;1) à (13 ;0,5)(13\,;0{,}5) : la courbe est creusée vers le bas, elle perd beaucoup au début.

c) 19,519{,}5 h, c'est 1,51{,}5 demi-vie. Par la propriété ax+y=ax×aya^{x+y}=a^{x}\times a^{y} : 0,51,5=0,51×0,50,5≈0,5×0,707≈0,3540{,}5^{1{,}5}=0{,}5^{1}\times 0{,}5^{0{,}5}\approx 0{,}5\times 0{,}707\approx 0{,}354. Il reste environ 35,4 %35{,}4\ \% des noyaux, soit environ 2,83×10112{,}83\times 10^{11} noyaux. Entre la première demi-vie, 50 %50\ \%, et la deuxième, 25 %25\ \%, on est bien plus près de 25 %25\ \% que ne le dirait la moyenne 37,5 %37{,}5\ \%.

d) 44 h 2020 min, c'est 133\frac{13}{3} h, donc un tiers de demi-vie : f(133)=0,513≈0,794f\left(\frac{13}{3}\right)=0{,}5^{\frac{1}{3}}\approx 0{,}794. Contrôle : trois tiers de demi-vie doivent donner une demi-vie, et 0,7943≈0,500 60{,}794^{3}\approx 0{,}500\,6, soit 0,50{,}5 à l'arrondi près. Il reste donc environ 79,4 %79{,}4\ \% des noyaux, et non 1−0,53≈83,3 %1-\frac{0{,}5}{3}\approx 83{,}3\ \%, qui supposerait encore une perte linéaire.

e) On trace la droite horizontale d'ordonnée 0,10{,}1 ; elle coupe la courbe en un point d'abscisse voisine de 4343 h. Par le calcul, aux multiples de la demi-vie : f(39)=0,125>0,1f(39)=0{,}125>0{,}1 et f(52)=0,54=0,062 5<0,1f(52)=0{,}5^{4}=0{,}062\,5<0{,}1. La fraction passe sous 10 %10\ \% entre 3939 h et 5252 h, ce qui est cohérent avec la lecture. La lecture graphique donne une valeur approchée, le calcul donne un encadrement sûr : les deux se complètent. La valeur exacte, 43,243{,}2 h environ, demanderait un outil numérique, par exemple un tableur qui calcule f(t)f(t) de 0,10{,}1 h en 0,10{,}1 h.

f) 70,7 %70{,}7\ \%, c'est la fraction 0,5120{,}5^{\frac{1}{2}} : l'os a vécu une demi demi-vie depuis sa mort, soit 5 7302=2 865\frac{5\,730}{2}=2\,865 ans. Le raisonnement ne dépend pas de l'élément : pour l'iode comme pour le carbone, la fraction restante est 0,50{,}5 puissance le nombre de demi-vies, entier ou non. Seule change l'échelle de temps, des heures pour un examen médical, des millénaires pour l'archéologie.

Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger

Chacune des cinq affirmations ci-dessous est FAUSSE. Elles reprennent les situations des exercices 2 à 7. Pour chacune, dites quelle opération a été faite à la place de la bonne, donnez la valeur correcte et écrivez l'énoncé juste.

Toutes ces erreurs ont la même source : on a traité un coefficient qui se MULTIPLIE comme un taux qui s'additionne ou se partage.

  • a) « Au bout de six mois, la dette de l'exercice 6 a augmenté de 10,5 %10{,}5\ \%, la moitié de 21 %21\ \%. » Donnez le vrai taux semestriel.
  • b) « Le taux d'évolution moyen du site de recettes de l'exercice 5 est 60+20−103≈23,3 %\frac{60+20-10}{3}\approx 23{,}3\ \%. » Donnez le vrai taux moyen.
  • c) « Au bout d'une demi demi-vie, il reste 75 %75\ \% des noyaux d'iode 123 de l'exercice 7. » Donnez le vrai pourcentage, au dixième.
  • d) « 813=838^{\frac{1}{3}}=\frac{8}{3}. » Donnez la vraie valeur.
  • e) « Le pesticide (C) de l'exercice 2 perd 1010 mg/kg la première année : dans cinq ans, il n'en restera plus. » Calculez la masse restante au relevé n=5n=5.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) Coefficient semestriel 1,2112=1,11{,}21^{\frac{1}{2}}=1{,}1 : +10 %+10\ \%
  • b) 1,72813=1,21{,}728^{\frac{1}{3}}=1{,}2 : +20 %+20\ \%
  • c) 0,512≈0,7070{,}5^{\frac{1}{2}}\approx 0{,}707 : environ 70,7 %70{,}7\ \%
  • d) 813=28^{\frac{1}{3}}=2 car 23=82^{3}=8
  • e) 50×0,85=16,38450\times 0{,}8^{5}=16{,}384 mg/kg : il en reste, et il en restera toujours

a) Faux : l'affirmation DIVISE le taux annuel par deux. Deux semestres successifs doivent multiplier la dette par 1,211{,}21, donc le coefficient semestriel cc vérifie c2=1,21c^{2}=1{,}21 et c=1,2112=1,1c=1{,}21^{\frac{1}{2}}=1{,}1 : la hausse semestrielle est de 10 %10\ \%. Avec 10,5 %10{,}5\ \%, un an coûterait 1,1052−1=22,1 %1{,}105^{2}-1=22{,}1\ \%. Énoncé juste : « au bout de six mois, la dette est multipliée par 1,2112=1,11{,}21^{\frac{1}{2}}=1{,}1, soit une hausse de 10 %10\ \% ». Couper le temps en deux, c'est prendre la racine carrée du coefficient.

b) Faux : l'affirmation fait la moyenne ARITHMÉTIQUE des taux. Les trois coefficients se multiplient, 1,6×1,2×0,9=1,7281{,}6\times 1{,}2\times 0{,}9=1{,}728, et le coefficient moyen est la racine cubique 1,72813=1,21{,}728^{\frac{1}{3}}=1{,}2, puisque 1,23=1,7281{,}2^{3}=1{,}728. Énoncé juste : « le taux d'évolution moyen est de 20 %20\ \% par an ». Trois hausses de 23,3 %23{,}3\ \% auraient donné une hausse globale proche de 88 %88\ \%, au lieu de 72,8 %72{,}8\ \%.

c) Faux : l'affirmation suppose une perte LINÉAIRE, 25 %25\ \% par moitié de demi-vie. Le coefficient cc d'une demi demi-vie vérifie c2=0,5c^{2}=0{,}5, donc c=0,512≈0,707c=0{,}5^{\frac{1}{2}}\approx 0{,}707. Énoncé juste : « au bout d'une demi demi-vie, il reste environ 70,7 %70{,}7\ \% des noyaux ». Le test qui tue l'affirmation : si l'on gardait 75 %75\ \% par moitié, une demi-vie entière laisserait 0,752=56,25 %0{,}75^{2}=56{,}25\ \%, et non 50 %50\ \%.

d) Faux : l'exposant 13\frac{1}{3} ne signifie pas « divisé par 33 ». 8138^{\frac{1}{3}} est le nombre positif dont le CUBE vaut 88, c'est-à-dire 22, car 2×2×2=82\times 2\times 2=8. Énoncé juste : « 813=28^{\frac{1}{3}}=2 ». Vérification de l'affirmation fausse : (83)3=51227≈19\left(\frac{8}{3}\right)^{3}=\frac{512}{27}\approx 19, bien loin de 88. Relire la définition (a1n)n=a\left(a^{\frac{1}{n}}\right)^{n}=a suffit à éviter la confusion.

e) Faux : l'affirmation prolonge la baisse de la première année comme si l'on perdait toujours 1010 mg/kg, ce qui est le modèle linéaire. Or la grandeur (C) est géométrique de raison 0,80{,}8 : on perd chaque année 20 %20\ \% de ce qui RESTE. Au relevé 55 : 50×0,85=50×0,327 68=16,38450\times 0{,}8^{5}=50\times 0{,}327\,68=16{,}384 mg/kg. Énoncé juste : « dans cinq ans il restera environ 16,416{,}4 mg/kg, et la masse restera positive à tout instant ». Une décroissance exponentielle ne s'annule jamais ; elle devient seulement très petite.

Exercice 9 : Problème : le modèle de Malthus sur une île

Une île isolée compte 8 0008\,000 habitants à l'année 00. Selon le modèle de Malthus, sans obstacle, la population DOUBLE tous les 2525 ans. Les ressources alimentaires, elles, n'augmentent que d'une même quantité à chaque période : elles permettent de nourrir 12 00012\,000 personnes à l'année 00, et 4 0004\,000 personnes de plus tous les 2525 ans.

On note P(n)P(n) la population et R(n)R(n) le nombre de personnes que les ressources peuvent nourrir, au bout de nn périodes de 2525 ans. Données : 212≈1,4142^{\frac{1}{2}}\approx 1{,}414, 2125≈1,0282^{\frac{1}{25}}\approx 1{,}028 et 210=1 0242^{10}=1\,024.

  • a) Donnez la nature de chacune des suites PP et RR, leur expression en fonction de nn, puis P(2)P(2) et R(2)R(2).
  • b) À partir de quelle période la population dépasse-t-elle strictement les ressources ? En quelle année cela se produit-il ?
  • c) Quel est le taux annuel moyen de croissance de la population, au dixième de pourcentage ? Quelle est la population au bout d'un an ?
  • d) Quelle est la population au bout de 12,512{,}5 ans, arrondie à la dizaine ?
  • e) Calculez P(10)P(10) et R(10)R(10), soit au bout de 250250 ans. Donnez l'ordre de grandeur du rapport P(10)R(10)\frac{P(10)}{R(10)} et commentez.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) PP géométrique de raison 22, P(n)=8 000×2nP(n)=8\,000\times 2^{n} ; RR arithmétique de raison 4 0004\,000, R(n)=12 000+4 000nR(n)=12\,000+4\,000n ; P(2)=32 000P(2)=32\,000, R(2)=20 000R(2)=20\,000
  • b) P(1)=R(1)=16 000P(1)=R(1)=16\,000, P(2)>R(2)P(2)>R(2) : période 22, année 5050
  • c) 2125≈1,0282^{\frac{1}{25}}\approx 1{,}028 : environ 2,8 %2{,}8\ \% par an ; P≈8 224P\approx 8\,224 habitants au bout d'un an
  • d) 8 000×212≈11 3108\,000\times 2^{\frac{1}{2}}\approx 11\,310 habitants
  • e) P(10)=8 192 000P(10)=8\,192\,000, R(10)=52 000R(10)=52\,000 : rapport de l'ordre de 160160

a) La population double à chaque période : on multiplie toujours par 22, PP est géométrique de premier terme 8 0008\,000 et de raison 22, donc P(n)=8 000×2nP(n)=8\,000\times 2^{n}. Les ressources augmentent de 4 0004\,000 à chaque période : on ajoute toujours le même nombre, RR est arithmétique de premier terme 12 00012\,000 et de raison 4 0004\,000, donc R(n)=12 000+4 000nR(n)=12\,000+4\,000n. Ainsi P(2)=32 000P(2)=32\,000 et R(2)=20 000R(2)=20\,000. C'est toute la thèse de Malthus : une population qui croît de façon géométrique contre des ressources qui croissent de façon arithmétique.

b) On compare terme à terme. n=0n=0 : 8 000<12 0008\,000<12\,000, les ressources suffisent. n=1n=1 : 16 000=16 00016\,000=16\,000, égalité, mais pas encore de dépassement STRICT. n=2n=2 : 32 000>20 00032\,000>20\,000. La population dépasse les ressources à partir de la période 22, soit l'année 2×25=502\times 25=50. La figure de la correction montre les deux nuages : l'un est aligné, l'autre se redresse et le croise. Une fois dépassées, les ressources ne rattrapent plus jamais la population : l'écart double presque à chaque période.

c) Sur 2525 ans, le coefficient global est 22. Le coefficient annuel moyen cc vérifie donc c25=2c^{25}=2, soit c=2125≈1,028c=2^{\frac{1}{25}}\approx 1{,}028 : un taux annuel moyen d'environ 2,8 %2{,}8\ \%. Diviser 100 %100\ \% par 2525 pour annoncer 4 %4\ \% par an serait faux : 4 %4\ \% par an pendant 2525 ans multiplierait la population par plus de 2,62{,}6. Au bout d'un an, la population vaut environ 8 000×1,028=8 2248\,000\times 1{,}028=8\,224 habitants. Un taux modeste, moins de 3 %3\ \% par an, suffit à doubler une population en une génération.

d) 12,512{,}5 ans, c'est une demi-période. Le coefficient cc d'une demi-période vérifie c2=2c^{2}=2, donc c=212≈1,414c=2^{\frac{1}{2}}\approx 1{,}414. La population vaut environ 8 000×1,414=11 3128\,000\times 1{,}414=11\,312, soit 11 31011\,310 habitants à la dizaine. La moyenne de 8 0008\,000 et 16 00016\,000, 12 00012\,000, surestime : entre deux relevés, une croissance exponentielle reste sous la corde qui les joint.

e) P(10)=8 000×210=8 000×1 024=8 192 000P(10)=8\,000\times 2^{10}=8\,000\times 1\,024=8\,192\,000, plus de huit millions d'habitants, et R(10)=12 000+40 000=52 000R(10)=12\,000+40\,000=52\,000. Le rapport 8 192 00052 000≈158\frac{8\,192\,000}{52\,000}\approx 158 est de l'ordre de 160160 : le modèle prévoit cent soixante fois plus d'habitants que de rations. Le repère 210≈1032^{10}\approx 10^{3} donne l'ordre de grandeur de tête : dix doublements multiplient par mille. Ce résultat absurde dit que le modèle cesse d'être valable bien avant : famines, émigration ou baisse de la natalité freinent la croissance. Un modèle exponentiel décrit un début, jamais un destin.

123410203040506070populationressourcesn = 1 : confondusnmilliers

Exercice 10 : Problème : le taux de reproduction R0 d'un virus

Au début d'une épidémie, chaque personne infectée contamine en moyenne R0=3R_{0}=3 autres personnes. Ces contaminations ont lieu sur une durée appelée intervalle de génération, ici 55 jours. On compte 2020 nouveaux cas à la génération 00 et l'on note C(n)C(n) le nombre de nouveaux cas à la génération nn.

Données, sans calculatrice : 35=2433^{5}=243, 36=7293^{6}=729, 315≈1,2463^{\frac{1}{5}}\approx 1{,}246.

  • a) Justifiez que CC est une suite géométrique, donnez C(n)C(n) en fonction de nn, puis calculez C(1)C(1), C(2)C(2) et C(3)C(3).
  • b) À partir de quelle génération le nombre de nouveaux cas dépasse-t-il 10 00010\,000 ? Combien de jours après la génération 00 ? Indiquez comment un tableur permettrait de le vérifier.
  • c) Par quel coefficient le nombre de nouveaux cas est-il multiplié en moyenne chaque jour ? Donnez le taux journalier, au dixième de pourcentage.
  • d) À la génération 66, des mesures de prévention font tomber le taux de reproduction à R=0,8R=0{,}8. Combien de générations faut-il ensuite pour que le nombre de nouveaux cas soit divisé au moins par deux ?
  • e) Quel est le sens de variation du nombre de nouveaux cas selon que R>1R>1, R=1R=1 ou 0<R<10<R<1 ?

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a)
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Réponses

  • a) Chaque génération multiplie par 33 : C(n)=20×3nC(n)=20\times 3^{n} ; 6060, 180180, 540540
  • b) C(5)=4 860C(5)=4\,860, C(6)=14 580C(6)=14\,580 : génération 66, soit 3030 jours
  • c) 315≈1,2463^{\frac{1}{5}}\approx 1{,}246 : environ +24,6 %+24{,}6\ \% par jour
  • d) 0,83=0,5120{,}8^{3}=0{,}512 et 0,84=0,409 60{,}8^{4}=0{,}409\,6 : 44 générations
  • e) R>1R>1 croissance ; R=1R=1 stagnation ; 0<R<10<R<1 décroissance

a) Les C(n)C(n) personnes infectées à la génération nn en contaminent chacune 33 à la génération suivante : C(n+1)=3×C(n)C(n+1)=3\times C(n). On multiplie toujours par le même nombre, donc CC est géométrique de premier terme 2020 et de raison R0=3R_{0}=3, et C(n)=20×3nC(n)=20\times 3^{n}. On obtient C(1)=60C(1)=60, C(2)=180C(2)=180, C(3)=540C(3)=540. Le taux de reproduction d'un virus n'est rien d'autre que la raison de la suite des générations : c'est pour cela que les épidémiologistes le surveillent.

b) On cherche le premier nn tel que 20×3n>10 00020\times 3^{n}>10\,000, c'est-à-dire 3n>5003^{n}>500. Avec les données : 35=243<5003^{5}=243<500 et 36=729>5003^{6}=729>500. Donc C(5)=20×243=4 860C(5)=20\times 243=4\,860 et C(6)=20×729=14 580C(6)=20\times 729=14\,580 : le seuil est dépassé à la génération 66, soit 6×5=306\times 5=30 jours après la génération 00. Avec un tableur, on écrit 2020 dans la première cellule, puis dans la suivante une formule qui multiplie la cellule du dessus par 33, et on la recopie vers le bas : la première valeur supérieure à 10 00010\,000 se lit en face de n=6n=6. Le calcul, la table et une courbe donnent la même réponse ; c'est le même seuil par trois chemins.

c) Une génération dure 55 jours et multiplie par 33. Le coefficient journalier cc vérifie donc c5=3c^{5}=3, d'où c=315≈1,246c=3^{\frac{1}{5}}\approx 1{,}246 : le nombre de nouveaux cas augmente d'environ 24,6 %24{,}6\ \% par jour. Deux erreurs sont fréquentes. Diviser la hausse de 200 %200\ \% par 55 donne 40 %40\ \% par jour, et 1,451{,}4^{5} dépasse 55, bien au-delà de 33. Diviser 33 par 55 donne 0,60{,}6, un coefficient inférieur à 11 qui ferait décroître l'épidémie. Répartir une génération sur cinq jours, c'est prendre la racine cinquième.

d) À partir de la génération 66, chaque génération multiplie les nouveaux cas par 0,80{,}8. Après kk générations, ils sont multipliés par 0,8k0{,}8^{k} : 0,80{,}8, 0,640{,}64, 0,5120{,}512, puis 0,409 60{,}409\,6. Après 33 générations on garde encore 51,2 %51{,}2\ \% des cas, plus de la moitié ; après 44 générations, 40,96 %40{,}96\ \% seulement. Il faut donc 44 générations, soit 2020 jours, pour diviser au moins par deux le nombre de nouveaux cas, qui passe de 14 58014\,580 à environ 5 9725\,972. Une réduction de 20 %20\ \% par génération est bien plus lente que la croissance de 200 %200\ \% qui l'a précédée : l'épidémie monte vite et redescend lentement.

e) Le nombre de nouveaux cas est une suite géométrique de raison RR, à termes strictement positifs. Si R>1R>1, chaque génération est plus nombreuse que la précédente : croissance exponentielle, l'épidémie s'étend. Si R=1R=1, la suite est constante : l'épidémie stagne. Si 0<R<10<R<1, chaque génération est moins nombreuse : décroissance exponentielle, l'épidémie recule sans que le nombre de cas devienne nul d'un coup. Le seuil décisif est donc R=1R=1, et non R=0R=0 : faire passer RR de 1,21{,}2 à 0,90{,}9 change tout, alors que l'écart semble faible.

Chapitre précédent Modélisation quadratique

Ce chapitre resservira dans

Les chapitres qui le réclament en amont, plus tard dans l'année ou dans les années suivantes.

© Ahmed Squalli Houssaini. Série publiée sur www.letuteurscientifique.ca/exercices/1mtc-variation-exponentielle. Libre pour l'usage personnel et en classe ; sa republication ailleurs demande une autorisation écrite (mentions légales).

Voir aussi

Les pourcentages et les puissances bloquent en Première à Montréal ?

Contactez-moi pour une première séance. Ce chapitre est au cœur de l'épreuve anticipée de fin de Première, et il se travaille très bien sans calculatrice dès qu'on a compris que le temps s'additionne et que le coefficient se multiplie.

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