Voici une série d'exercices corrigés sur la variation exponentielle pour les élèves de Première qui suivent les mathématiques du tronc commun, intégrées à l'enseignement scientifique, sans spécialité maths. Elle suit le programme français de 2026 et s'adresse aux élèves des lycées français, dont le Lycée Marie de France et le Collège Stanislas à Montréal, et à tout élève qui prépare l'épreuve anticipée de fin de Première, passée sans calculatrice.
L'exercice 0.1 ouvre la série par dix calculs directs, comme dans les listes des manuels : terme de rang n et raison d'une suite géométrique, coefficient multiplicateur d'une baisse et de deux évolutions successives, racine n-ième et exposant rationnel comme 62541 et 12532, taux d'évolution moyen sur deux puis trois périodes, coefficient sur une demi-période et valeur au bout d'un tiers de période. Chaque ligne a sa valeur à trouver sans calculatrice, vérifiée en direct.
Le fil de la série tient en une phrase : le temps s'additionne, le coefficient se multiplie. n périodes, c'est le coefficient à la puissance n ; une fraction n1 de période, c'est la racine n-ième du coefficient ; un taux moyen sur n évolutions, c'est la racine n-ième du coefficient global. Toutes les erreurs du chapitre, du « 10,5% en six mois » aux « 75% au bout d'une demi demi-vie », viennent d'un taux qu'on a divisé ou additionné.
Tous les nombres ont été choisis pour se calculer de tête ou à la main ; quand une racine ne tombe pas juste, sa valeur est donnée dans l'énoncé. Faites chaque exercice au complet avant d'ouvrir la correction : c'est en cherchant qu'on apprend, pas en lisant la solution.
Série autocorrigéeTape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.
•FRACTION DE PÉRIODE : si le coefficient d'une période est C, celui d'une fraction n1 de période est Cn1. Six mois à 21% par an : 1,2121=1,1.
•TAUX MOYEN de n évolutions de coefficient global C : tm=Cn1−1. Jamais la moyenne des taux.
•SEUIL : on calcule les termes un à un, on lit la courbe ou on remplit une colonne de tableur, jusqu'au premier terme qui franchit la valeur demandée.
Calculs : puissances, coefficients et taux à calculer
Exercice 0.1 : Calculer avec les puissances et les suites géométriques : dix calculs directs
Pour chaque ligne, calculez la valeur demandée, sans calculatrice : un terme ou la raison d'une suite géométrique, un coefficient multiplicateur, une racine n-ième, une puissance à exposant rationnel, un taux d'évolution moyen ou une valeur au bout d'une fraction de période. Les taux se donnent en pourcentage, avec leur signe.
Une seule méthode : tout passer en COEFFICIENTS MULTIPLICATEURS. Un taux t devient le coefficient 1+t ; des évolutions successives se multiplient ; n périodes donnent la puissance n du coefficient ; une fraction n1 de période, ou un taux moyen sur n périodes, donne sa racine n-ième. On ne revient au pourcentage qu'à la toute fin.
a) u(n)=3×4n : calculez u(3).
b) u est une suite géométrique avec u(4)=48 et u(5)=12 : donnez sa raison q.
c) Une grandeur baisse de 15% : donnez le coefficient multiplicateur.
d) Une hausse de 50% est suivie d'une baisse de 40% : donnez le coefficient multiplicateur global.
e) Calculez 62541.
f) Calculez 12532.
g) Une hausse de 80% est suivie d'une baisse de 20% : donnez le taux d'évolution moyen par période.
h) Une grandeur baisse globalement de 65,7% en trois périodes : donnez le taux d'évolution moyen par période.
i) Une grandeur est multipliée par 1,69 à chaque période : par quel coefficient l'est-elle sur une demi-période ?
j) Q(t)=250×0,064t pour t≥0 : calculez Q(31).
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Réponses
a)u(3)=3×64=192
b)q=4812=0,25
c)Coefficient 0,85
d)1,5×0,6=0,9, baisse de 10%
e)62541=5
f)12532=52=25
g)1,4421=1,2 ; taux moyen +20%
h)0,34331=0,7 ; taux moyen −30%
i)1,6921=1,3
j)250×0,4=100
Le geste qui décide de tout : on ne calcule jamais sur les pourcentages, on calcule sur les COEFFICIENTS. Le temps s'additionne, le coefficient se multiplie : deux évolutions se multiplient, n périodes donnent une puissance, et partager une période ou chercher un taux moyen donne une racine. Presque toutes les erreurs de cette liste sont un taux additionné ou divisé.
a)
u(3)=3×43=3×64=192. Piège : calculer (3×4)3=123=1728 ; la puissance ne porte que sur la raison 4, pas sur le premier terme.
b)
q=u(4)u(5)=4812=41=0,25. La suite est décroissante, puisque 0<q<1. Piège : prendre l'écart 12−48=−36, qui est la raison d'une suite ARITHMÉTIQUE, ou le quotient à l'envers 1248=4.
c)
Une baisse de 15% multiplie par 1−0,15=0,85. Piège : répondre 0,15, qui est la part retirée, pas la part qui reste.
d)
Les coefficients sont 1,5 et 0,6, donc le coefficient global vaut 1,5×0,6=0,9 : c'est une BAISSE globale de 10%. Piège : additionner les taux, +50−40=+10%, ce qui donnerait 1,1.
e)
62541 est le nombre positif dont la puissance quatrième vaut 625. Or 52=25 et 252=625, donc 54=625 et 62541=5. Piège : diviser par 4 ; l'exposant 41 est une racine quatrième, pas un quart.
f)
12532=(12531)2=52=25, car 53=125. On prend la racine d'abord : les nombres restent petits. Piège : calculer 125×32.
g)
Le coefficient global vaut 1,8×0,8=1,44. Le coefficient moyen c vérifie c2=1,44, donc c=1,4421=1,2 : le taux moyen est +20%. Contrôle : 1,2×1,2=1,44. Piège : la moyenne des taux, 280−20=30%, qui donnerait 1,32=1,69.
h)
Le coefficient global vaut 1−0,657=0,343, et 0,343=0,73 puisque 73=343. Le coefficient moyen est donc 0,34331=0,7, soit un taux moyen de −30% par période. Piège : diviser le taux par trois, 3−65,7=−21,9%.
i)
Deux demi-périodes font une période : le coefficient c d'une demi-période vérifie c2=1,69, donc c=1,6921=1,3, puisque 132=169. Piège : partager le taux, 1+20,69=1,345 ; or 1,3452=1,69.
j)
0,06431=0,4, car 0,43=0,064 (43=64). Donc Q(31)=250×0,4=100. Piège : diviser le coefficient par trois, 250×30,064 ; un tiers de période, c'est la racine cubique du coefficient.
Contrôle : chaque racine se vérifie en remontant à la puissance, 54=625, 1,32=1,69, 0,43=0,064 ; chaque taux moyen se vérifie en l'appliquant autant de fois qu'il y a de périodes, 0,7×0,7×0,7=0,343, ce qui redonne bien la baisse globale de 65,7%.
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Partie A : les bases (/50)
Exercice 1 : Le triangle de Sierpinski : de la récurrence au terme de rang n
On part d'un triangle équilatéral noir d'aire 64 cm². À chaque étape, dans CHAQUE triangle noir, on relie les milieux des trois côtés et l'on retire le petit triangle central, qui devient blanc. Chaque triangle noir est ainsi remplacé par trois triangles noirs, dont chacun a une aire quatre fois plus petite. La figure montre les étapes 0, 1 et 2 ; les triangles noirs y sont hachurés.
On note T(n) le nombre de triangles noirs et A(n) l'aire noire totale, en cm², après n étapes. Ainsi T(0)=1 et A(0)=64.
a) Comptez T(1) et T(2) sur la figure, puis calculez T(3) sans dessiner.
b) Exprimez T(n+1) en fonction de T(n). Quelle est la nature de la suite T ? Donnez T(n) en fonction de n, puis calculez T(5).
c) Justifiez que A(n+1)=43×A(n), puis calculez A(1), A(2) et A(3).
d) Donnez le sens de variation de chacune des deux suites, en justifiant par leur raison.
e) À partir de quelle étape l'aire noire devient-elle inférieure à 20 cm² ?
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Réponses
a)T(1)=3, T(2)=9, T(3)=27
b)T(n+1)=3T(n) : suite géométrique de raison 3, T(n)=3n, T(5)=243
c)A(1)=48, A(2)=36, A(3)=27 (en cm²)
d)T croissante (raison 3>1), A décroissante (raison 0<43<1)
e)A(4)=20,25 et A(5)=15,1875 : à partir de l'étape 5
a)
À l'étape 1, le grand triangle est coupé en quatre et l'on retire celui du milieu, pointe en bas : il reste T(1)=3 triangles noirs. Le piège est d'en compter quatre, en prenant le trou pour un triangle : le triangle central est BLANC, il ne compte pas. À l'étape 2, chacun des 3 triangles noirs subit la même opération et donne 3 triangles : T(2)=3×3=9. Sans dessiner, l'étape 3 donne T(3)=9×3=27. On ne compte plus sur la figure, on applique la règle.
b)
Chaque triangle noir est remplacé par trois : T(n+1)=3×T(n). On passe d'un terme au suivant en MULTIPLIANT toujours par le même nombre, donc T est une suite géométrique de premier terme T(0)=1 et de raison 3. Le terme de rang n s'obtient en multipliant n fois par 3 : T(n)=1×3n=3n. Donc T(5)=35=243. Remarquez la différence avec une suite arithmétique, où l'on AJOUTE toujours le même nombre : ici les écarts 2, 6, 18 ne sont pas constants, ce sont les quotients qui le sont.
c)
Passer de l'étape n à l'étape n+1 remplace chaque triangle noir par trois triangles d'aire quatre fois plus petite : chaque triangle garde 43 de son aire noire, donc l'aire noire TOTALE est multipliée par 43. D'où A(n+1)=43A(n) et A(n)=64×(43)n. On obtient A(1)=64×43=48, A(2)=48×43=36 et A(3)=36×43=27. Contrôle par l'autre bout : à l'étape 2 il y a 9 triangles, chacun d'aire 1664=4 cm², soit 9×4=36 cm². Les deux calculs concordent.
d)
Tous les termes sont strictement positifs, donc le sens de variation se lit sur la raison. T a pour raison 3>1 : chaque terme est plus grand que le précédent, T est croissante. A a pour raison 43, comprise entre 0 et 1 : chaque terme est plus petit que le précédent, A est décroissante. La même figure porte donc une croissance exponentielle, le nombre de triangles, et une décroissance exponentielle, l'aire noire : il n'y a aucune contradiction, les triangles se multiplient mais rapetissent plus vite.
e)
On continue le calcul terme à terme, ce que ferait un tableur avec la formule « cellule du dessus fois 0,75 » recopiée vers le bas : A(3)=27, A(4)=27×0,75=20,25, A(5)=20,25×0,75=15,1875. L'aire est encore supérieure à 20 cm² à l'étape 4, de peu, et passe en dessous à l'étape 5. Comme A est décroissante, elle y restera ensuite. Réponse : à partir de l'étape 5. L'erreur fréquente est de s'arrêter à l'étape 4 parce que 20,25 « vaut presque 20 » : un seuil se franchit, il ne s'approche pas.
Exercice 2 : Linéaire ou exponentielle : le test des quotients
Trois grandeurs sont relevées à intervalles de temps réguliers ; n désigne le numéro du relevé.
(A) Le nombre de bornes de recharge installées dans une commune, en fin d'année : 40, 55, 70, 85, 100.
(B) Une rumeur se propage en cascade : chaque personne qui l'apprend la transmet dans l'heure suivante à trois personnes qui l'ignoraient, puis ne la répète plus. Nombre de personnes nouvellement informées à l'heure n : 2, 6, 18, 54, 162.
(C) La masse d'un pesticide restant dans un sol, en milligrammes par kilogramme de terre, mesurée chaque année : 50, 40, 32, 25,6, 20,48.
La figure représente deux de ces grandeurs, pour n allant de 0 à 4.
a) Pour (A), calculez les écarts entre termes consécutifs, puis les quotients. Quelle est la nature de la suite ?
b) Même travail pour (B) et (C). Donnez la raison de chacune.
c) Pour (C), quel est le taux d'évolution annuel ? Quel est le sens de variation de la suite ?
d) En prolongeant chaque modèle, calculez la valeur de chaque grandeur au relevé n=6. Pour (C), arrondissez au dixième.
e) Associez chaque nuage de la figure à sa grandeur, et dites comment on reconnaît à l'œil le nuage d'une suite arithmétique.
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Réponses
a)Écarts constants égaux à 15, quotients non constants : suite arithmétique de raison 15
b)(B) quotients constants : géométrique de raison 3 ; (C) quotients constants : géométrique de raison 0,8
c)Baisse de 20% par an ; suite décroissante
d)(A) 130 ; (B) 1458 ; (C) 13,1072≈13,1 mg/kg
e)Nuage 1 : (C) ; nuage 2 : (A), dont les points sont alignés
a)
Écarts de (A) : 55−40=15, 70−55=15, 85−70=15, 100−85=15. Ils sont tous égaux. Quotients : 4055=1,375 puis 5570≈1,27 : ils ne sont pas constants. On ajoute toujours 15 bornes : (A) est une suite arithmétique de raison 15, c'est une croissance LINÉAIRE. Le test se fait toujours dans cet ordre : écarts constants, arithmétique ; quotients constants, géométrique ; ni l'un ni l'autre, aucun des deux modèles.
b)
Pour (B), les écarts 4, 12, 36, 108 ne sont pas constants, mais les quotients le sont : 26=618=1854=54162=3. C'est une suite géométrique de raison 3, ce que dit l'énoncé : chaque personne informée en informe trois. Pour (C), les écarts −10, −8, −6,4, −5,12 ne sont pas constants, et les quotients valent tous 0,8 : 5040=4032=3225,6=25,620,48=0,8. Suite géométrique de raison 0,8. Le piège de (C) : des écarts qui rétrécissent peuvent faire croire à une baisse « qui ralentit au hasard » ; c'est au contraire la signature d'une décroissance exponentielle, où l'on perd toujours la même PROPORTION, donc une quantité de plus en plus petite.
c)
Multiplier par 0,8, c'est multiplier par 1−0,2 : la masse baisse de 20% chaque année. Tous les termes sont positifs et la raison est comprise entre 0 et 1, donc la suite est décroissante. Elle ne s'annule jamais : on garde chaque année 80% de ce qui reste, et 80% d'un nombre positif est encore positif.
d)
(A) : on ajoute deux fois 15 à 100, soit 130 bornes. (B) : on multiplie deux fois par 3, 162×9=1458 personnes nouvellement informées. (C) : 20,48×0,8=16,384 puis 16,384×0,8=13,1072, soit environ 13,1 mg/kg. Pour une suite géométrique on multiplie à chaque pas, on n'ajoute jamais le dernier écart : prolonger (C) par l'écart −5,12 donnerait 10,24 au relevé 6, une erreur de près d'un quart.
e)
Le nuage 2 monte de 15 à chaque pas : ses points sont ALIGNÉS, c'est (A). Le nuage 1 descend de moins en moins vite, ses points dessinent une courbe qui s'aplatit : c'est (C). La grandeur (B) n'est pas représentée ; avec des valeurs de 2 à 162, elle sortirait d'ailleurs de la fenêtre bien avant n=6. À retenir : le nuage d'une suite arithmétique est aligné, celui d'une suite géométrique est courbé, vers le haut si la raison dépasse 1, vers le bas en s'aplatissant si elle est comprise entre 0 et 1.
Exercice 3 : L'exposant 1/n : la racine n-ième, sans calculatrice
Pour un réel a>0 et un entier n≥1, le nombre an1 est le nombre POSITIF dont la puissance n-ième vaut a : (an1)n=a. On l'appelle la racine n-ième de a ; pour n=2, c'est la racine carrée.
On admet que les puissances à exposant non entier ont les mêmes propriétés que les puissances entières : ax×ay=ax+y, (ax)y=axy et ax×bx=(ab)x. Aucune calculatrice n'est autorisée.
a) Calculez de tête 4921, 831, 8141, 1,2121 et 0,6421.
b) Vérifiez par la définition que 2731=3, puis calculez 2732 de deux façons différentes.
c) À l'aide des propriétés, calculez 41,5, 160,75 et 221×821.
d) Un élève écrit : « 1,2121=1+20,21=1,105 ». Calculez 1,1052 et concluez.
e) Sans calculatrice, encadrez 1021 entre deux entiers consécutifs, puis entre deux nombres à un chiffre après la virgule.
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Réponses
a)7 ; 2 ; 3 ; 1,1 ; 0,8
b)33=27 ; 2732=(2731)2=(272)31=9
c)41,5=8 ; 160,75=8 ; 221×821=1621=4
d)1,1052=1,221025=1,21 : l'élève a tort, 1,2121=1,1
e)3<1021<4 et 3,1<1021<3,2
a)
Pour chaque nombre, on cherche le nombre positif qui, élevé à la bonne puissance, redonne a. 72=49, donc 4921=7. 23=8, donc 831=2 et non 38 : l'exposant 31 ne divise pas par 3, il demande quel nombre, pris trois fois en FACTEUR, donne 8. 34=81, donc 8141=3. 1,12=1,21, donc 1,2121=1,1. 0,82=0,64, donc 0,6421=0,8. Réflexe utile : connaître les carrés jusqu'à 152 et les cubes jusqu'à 53 rend presque toutes les questions de ce chapitre faisables de tête.
b)
33=3×3×3=27, et 3 est positif : par définition 2731=3. Pour 2732, on écrit 32=31×2 et l'on utilise (ax)y=axy. Première façon : 2732=(2731)2=32=9. Seconde façon : 2732=(272)31=72931, et comme 93=729, on retrouve 9. Les deux chemins donnent le même nombre, mais le premier est bien plus court : on prend la racine d'abord, quand le nombre est encore petit.
c)
41,5=41×40,5=4×2=8, grâce à ax+y=ax×ay avec 1,5=1+0,5. 160,75=1643=(1641)3=23=8, car 24=16. Enfin 221×821=(2×8)21=1621=4, grâce à ax×bx=(ab)x. Aucun de ces calculs ne demande de connaître 221 ni 821, qui ne sont pas des nombres décimaux : les propriétés permettent de contourner les valeurs qu'on ne sait pas calculer.
d)
1,1052=1,105×1,105=1,221025, qui n'est pas 1,21. Donc 1,105 n'est pas la racine carrée de 1,21 ; la bonne valeur est 1,1, puisque 1,12=1,21. L'erreur de l'élève est celle qui revient dans tout le chapitre : il a DIVISÉ le taux 21% par 2, alors que deux hausses de 10,5% se composent en 1,105×1,105, qui dépasse 1,21. Deux hausses successives de 10% font une hausse de 21%, pas de 20% : c'est la même remarque lue dans l'autre sens.
e)
32=9<10<16=42, et la racine carrée conserve l'ordre des nombres positifs, donc 3<1021<4. Pour affiner, on essaie les dixièmes : 3,12=9,61<10 et 3,22=10,24>10, donc 3,1<1021<3,2. C'est la méthode de l'ordre de grandeur sans machine : on encadre par des carrés connus, puis on resserre. Elle servira pour tous les seuils du chapitre, où l'on encadre une puissance entre deux entiers consécutifs.
Exercice 4 : Prolonger la suite en fonction : un produit de contraste dans le sang
Pour un examen d'imagerie, on injecte à un patient 100 mg d'un produit de contraste. Le laboratoire mesure la quantité restant dans le sang toutes les deux heures : à chaque mesure, elle a été multipliée par 0,64 depuis la précédente. On note u(n) la quantité, en mg, après n périodes de deux heures ; ainsi u(0)=100. La figure place les cinq premières mesures en fonction du temps t, en heures.
Entre deux mesures, rien n'est relevé. On cherche à savoir ce qui se passe entre les points.
a) Exprimez u(n) en fonction de n, puis calculez u(1), u(2) et u(3).
b) On note c le coefficient par lequel la quantité est multipliée en UNE heure. Justifiez que c2=0,64, déduisez-en c puis la quantité au bout d'une heure. Pourquoi n'est-ce pas la moyenne de 100 et 64 ?
c) On admet que la quantité au bout de t heures vaut Q(t)=100×0,8t pour tout réel t≥0. Calculez Q(3) et Q(5), et vérifiez que Q(4)=u(2).
d) Quel pourcentage du produit présent est éliminé en une heure ? en deux heures ?
e) Quel est le sens de variation de Q ? L'examen doit être terminé avant que la quantité passe sous 50 mg : au bout de combien d'heures entières est-elle pour la première fois inférieure à 50 mg ?
e)Q décroissante ; Q(3)=51,2>50 et Q(4)=40,96<50 : au bout de 4 heures
a)
Toutes les deux heures on multiplie par 0,64 : u est géométrique de premier terme 100 et de raison 0,64, donc u(n)=100×0,64n. On calcule u(1)=64, u(2)=64×0,64=40,96 et u(3)=40,96×0,64=26,2144 mg. Ces valeurs sont celles des points de la figure en t=2, 4 et 6 : le rang n compte des périodes de deux heures, pas des heures. Confondre les deux décale tout l'exercice.
b)
Deux heures, c'est une heure PUIS une heure : la quantité est multipliée par c, puis encore par c, soit par c2 en deux heures. Or on sait qu'en deux heures elle est multipliée par 0,64, donc c2=0,64 et, c étant positif, c=0,6421=0,8. Au bout d'une heure il reste 100×0,8=80 mg. La moyenne ARITHMÉTIQUE de 100 et 64, soit 82, suppose que la quantité baisse de la même QUANTITÉ chaque heure, ce qui est le modèle linéaire. Ici elle baisse de la même PROPORTION : la bonne valeur intermédiaire est la moyenne GÉOMÉTRIQUE 100×64=6400=80. C'est exactement ainsi qu'on complète le nuage de points pour obtenir la courbe : moyenne des abscisses, moyenne géométrique des ordonnées.
c)
La fonction Q prolonge la suite à tous les instants. Q(3)=100×0,83=100×0,512=51,2 mg et Q(5)=100×0,85=100×0,32768=32,768 mg. Enfin Q(4)=100×0,84=100×(0,82)2=100×0,642=40,96, qui est bien u(2) : la fonction passe exactement par les points mesurés, et Q(2n)=u(n) pour tout entier n. La courbe de la correction relie les mesures, points pleins, et les instants intermédiaires, points vides.
d)
Multiplier par 0,8, c'est retirer 20% : en une heure, 20% du produit présent est éliminé. Multiplier par 0,64, c'est retirer 36% en deux heures. Le piège classique est de diviser par deux les 36% pour annoncer 18% par heure : on vérifie que 0,822=0,6724, qui n'est pas 0,64. Les pourcentages d'élimination ne se partagent pas entre les heures, ce sont les coefficients qui se composent.
e)
La base 0,8 est comprise entre 0 et 1, donc Q est décroissante sur [0;+∞[ : la quantité ne fait que diminuer, sans jamais devenir nulle. On a Q(3)=51,2>50 et Q(4)=40,96<50 : la quantité passe sous 50 mg entre la troisième et la quatrième heure, et l'heure entière demandée est 4. Sur la courbe, on lit que le passage sous la droite d'équation y=50 se fait un peu après t=3 ; le calcul et le graphique se contrôlent mutuellement.
Exercice 5 : Le taux d'évolution moyen : la racine, pas la moyenne
La fréquentation d'un site de recettes de cuisine a évolué ainsi sur trois années consécutives : +60% la première année, +20% la deuxième, −10% la troisième.
On appelle taux d'évolution moyen sur ces trois années le taux t qui, appliqué TROIS fois de suite, produit la même évolution globale.
a) Calculez le coefficient multiplicateur global sur les trois années, puis le taux d'évolution global.
b) Un rédacteur annonce « une hausse moyenne de 360+20−10≈23,3% par an ». Vérifiez plutôt que trois hausses successives de 20% produisent la même évolution globale que les trois évolutions réelles.
c) Écrivez l'équation vérifiée par 1+t, et exprimez 1+t à l'aide d'un exposant. Donnez le taux moyen.
d) Sur quatre années, la fréquentation d'un autre site a été multipliée par 0,6561. Quel est le taux d'évolution global ? Calculez le taux d'évolution annuel moyen.
e) Le taux moyen de la question c) changerait-il si les trois évolutions avaient eu lieu dans l'ordre −10%, +60%, +20% ?
Voir la correction
Réponses
a)1,6×1,2×0,9=1,728 : hausse globale de 72,8%
b)1,23=1,728 : trois hausses de 20% suffisent, 23,3% est trop
d)Baisse globale de 34,39% ; 0,656141=0,9 : −10% par an en moyenne
e)Non : le produit 1,6×1,2×0,9 ne dépend pas de l'ordre
a)
Chaque évolution se traduit par un coefficient : +60% donne 1,6, +20% donne 1,2, −10% donne 0,9. Des évolutions successives se composent en MULTIPLIANT les coefficients : 1,6×1,2=1,92, puis 1,92×0,9=1,728. Le coefficient global est 1,728, soit une hausse globale de 72,8%. Additionner les taux, 60+20−10=70%, sous-estime l'évolution : chaque taux s'applique à une valeur déjà modifiée par les précédents.
b)
1,22=1,44 et 1,44×1,2=1,728. Trois hausses de 20% donnent exactement le coefficient global des trois évolutions réelles : le taux moyen est donc 20%. Le rédacteur, lui, a pris la moyenne des trois taux ; appliquée trois fois, sa hausse de 23,3% donnerait un coefficient d'environ 1,876, soit une hausse globale de près de 88% au lieu de 72,8%. La moyenne des taux n'a aucune raison de reproduire l'évolution globale, parce que les taux ne s'additionnent pas.
c)
Le taux moyen t vérifie (1+t)3=1,728 : trois fois le même coefficient doit donner le coefficient global. Le nombre positif dont le cube vaut 1,728 est la racine cubique de 1,728, qu'on écrit avec l'exposant 31 : 1+t=1,72831=1,2, puisque 1,23=1,728. Donc t=0,2, un taux moyen de +20% par an. La méthode générale : pour n évolutions de coefficient global C, le coefficient moyen est Cn1, et le taux moyen est Cn1−1.
d)
Coefficient 0,6561, donc taux global 0,6561−1=−0,3439 : une baisse de 34,39% en quatre ans. Le coefficient annuel moyen est 0,656141. Sans calculatrice, on remarque que 0,92=0,81 et 0,812=0,6561, donc 0,94=0,6561 et 0,656141=0,9. Le taux annuel moyen est 0,9−1=−0,1, soit −10% par an. Diviser 34,39 par 4 aurait donné −8,6%, faux : quatre baisses de 8,6% ne font perdre qu'environ 30%.
e)
Non. Le coefficient global est le produit 0,9×1,6×1,2, et un produit ne dépend pas de l'ordre de ses facteurs : on retrouve 1,728, donc le même taux moyen de 20%. Le chemin suivi par la fréquentation n'est pas le même, elle commence par baisser, mais le point d'arrivée est identique. Le taux moyen décrit seulement le départ et l'arrivée, jamais le trajet.
Partie B : problèmes et raisonnement (/50)
Exercice 6 : Une dette au bout d'une fraction d'année
Un crédit renouvelable applique un taux annuel de 21% aux sommes non remboursées, les intérêts étant composés : ils portent eux-mêmes intérêt. Sam laisse une dette de 2000 dollars sans rien rembourser.
On admet que la dette, en dollars, au bout de x années vaut D(x)=2000×1,21x pour tout réel x≥0, y compris quand x n'est pas entier. Données, sans calculatrice : 1,212=1,4641, 1,213=1,771561, 1,214≈2,1436 et 1,121≈1,0488.
a) Calculez la dette au bout d'un an, puis de deux ans.
b) Calculez 1,2121 et la dette au bout de six mois. Une amie de Sam affirme que la dette augmente de 10,5% en six mois, « la moitié de 21% ». Qui a raison ?
c) Calculez la dette au bout d'un an et demi, en utilisant 1,5=1+0,5.
d) Justifiez que 1,2141=1,121. Déduisez-en la dette au bout de trois mois, au centime, et le taux trimestriel.
e) Au bout de combien d'années entières la dette a-t-elle doublé ? A-t-elle déjà doublé au bout de trois ans et demi ?
Voir la correction
Réponses
a)D(1)=2420 dollars, D(2)=2928,20 dollars
b)1,2121=1,1 ; D(0,5)=2200 dollars, hausse de 10% : l'amie a tort
e)1,213<2<1,214 : au bout de 4 ans ; non, D(3,5)≈3897,43 dollars
a)
D(1)=2000×1,21=2420 dollars et D(2)=2000×1,4641=2928,20 dollars. La deuxième année, les intérêts portent sur 2420 dollars et non sur 2000 : ils valent 508,20 dollars au lieu de 420. C'est ce que veut dire « intérêts composés », et c'est ce qui rend la suite des dettes annuelles géométrique de raison 1,21.
b)
1,12=1,21 et 1,1>0, donc 1,2121=1,1. Au bout de six mois : D(0,5)=2000×1,1=2200 dollars, une hausse de 10%. L'amie de Sam a tort : avec 10,5% par semestre, la dette serait multipliée en un an par 1,1052=1,221025, soit une hausse annuelle de 22,1% et non 21%. Couper l'année en deux, c'est chercher le coefficient qui, appliqué DEUX fois, donne 1,21 : c'est une racine carrée, pas une division par deux. Le temps s'additionne, six mois plus six mois ; le coefficient se multiplie, 1,1 fois 1,1.
c)
Par la propriété admise ax+y=ax×ay : 1,211,5=1,211×1,210,5=1,21×1,1=1,331. Donc D(1,5)=2000×1,331=2662 dollars. On peut le lire aussi comme trois semestres à 10% : 1,13=1,331. Les deux lectures coïncident, ce qui confirme que le coefficient semestriel est bien 1,1.
d)
1,2141=1,2121×21=(1,2121)21=1,121, par la propriété (ax)y=axy. Avec la donnée 1,121≈1,0488 : D(0,25)≈2000×1,0488=2097,60 dollars. Le taux trimestriel est d'environ 4,88%, et non 421=5,25%. Vérification : quatre trimestres donnent 1,04884≈1,21, alors que 1,05254 dépasserait 1,22.
e)
La dette double quand 1,21x atteint 2. Aux années entières : 1,213≈1,77<2 et 1,214≈2,14>2. La dette n'a donc pas doublé au bout de trois ans, et elle a doublé au bout de quatre ans : D(4)≈4287 dollars. Au bout de trois ans et demi : 1,213,5=1,213×1,210,5=1,771561×1,1=1,9487171, donc D(3,5)≈3897,43 dollars, encore sous 4000. La dette double entre trois ans et demi et quatre ans. Ordre de grandeur à retenir : à 21% par an, une dette oubliée double en moins de quatre ans.
Exercice 7 : Noyaux radioactifs au bout d'une fraction de demi-vie : l'iode 123
L'iode 123 sert à la scintigraphie de la thyroïde. Sa demi-vie est de 13 heures : en 13 heures, la moitié des noyaux présents se désintègre. Une dose contient au départ N0=8,0×1011 noyaux d'iode 123.
On admet que la fraction de noyaux restant au bout de t heures vaut f(t)=0,513t pour tout réel t≥0 ; la figure en donne la courbe. Données : 0,521≈0,707 et 0,531≈0,794.
a) Quelle fraction des noyaux reste-t-il au bout de 13 h, de 26 h et de 39 h ? Combien de noyaux reste-t-il au bout de 39 h ?
b) Au bout de 6 h 30 min, soit une demi demi-vie, quelle fraction reste-t-il ? Combien de noyaux ? Pourquoi n'en reste-t-il pas 75% ?
c) Au bout de 19 h 30 min, soit une demi-vie et demie, quelle fraction reste-t-il ?
d) Quelle fraction reste-t-il au bout d'un tiers de demi-vie, soit 4 h 20 min ?
e) Lisez sur la courbe au bout de combien de temps il ne reste plus que 10% des noyaux. Encadrez ce temps entre deux multiples de la demi-vie par le calcul.
f) Même raisonnement en datation : un os ancien ne contient plus que 70,7% du carbone 14 qu'il contenait à sa mort. La demi-vie du carbone 14 est de 5730 ans. Quel est son âge ?
Voir la correction
Réponses
a)21, 41, 81 ; 1,0×1011 noyaux au bout de 39 h
b)0,521≈0,707, soit environ 5,66×1011 noyaux ; la décroissance n'est pas linéaire
c)0,51,5=0,5×0,521≈0,354
d)0,531≈0,794
e)Environ 43 h ; entre 39 h (12,5%) et 52 h (6,25%)
f)Une demi demi-vie : 2865 ans
a)
Chaque demi-vie multiplie le nombre de noyaux par 0,5. 13 h, 26 h et 39 h sont 1, 2 et 3 demi-vies : il reste 21, puis 41, puis 81 des noyaux. Au bout de 39 h : 88,0×1011=1,0×1011 noyaux. La formule le confirme : f(39)=0,53=0,125. Le temps compté en demi-vies est l'exposant.
b)
6,5 h, c'est 136,5=21 demi-vie : f(6,5)=0,521≈0,707. Il reste environ 0,707×8,0×1011≈5,66×1011 noyaux. Répondre 75%, c'est supposer qu'on perd 25% pendant chaque moitié de la demi-vie, donc une perte linéaire. Or deux demi demi-vies successives doivent donner une demi-vie : le coefficient c d'une demi demi-vie vérifie c×c=0,5, donc c=0,521. Avec 0,75, on aurait 0,752=0,5625, plus de la moitié : faux. Sur la courbe, le point d'abscisse 6,5 est au-dessus de la corde qui joint (0;1) à (13;0,5) : la courbe est creusée vers le bas, elle perd beaucoup au début.
c)
19,5 h, c'est 1,5 demi-vie. Par la propriété ax+y=ax×ay : 0,51,5=0,51×0,50,5≈0,5×0,707≈0,354. Il reste environ 35,4% des noyaux, soit environ 2,83×1011 noyaux. Entre la première demi-vie, 50%, et la deuxième, 25%, on est bien plus près de 25% que ne le dirait la moyenne 37,5%.
d)
4 h 20 min, c'est 313 h, donc un tiers de demi-vie : f(313)=0,531≈0,794. Contrôle : trois tiers de demi-vie doivent donner une demi-vie, et 0,7943≈0,5006, soit 0,5 à l'arrondi près. Il reste donc environ 79,4% des noyaux, et non 1−30,5≈83,3%, qui supposerait encore une perte linéaire.
e)
On trace la droite horizontale d'ordonnée 0,1 ; elle coupe la courbe en un point d'abscisse voisine de 43 h. Par le calcul, aux multiples de la demi-vie : f(39)=0,125>0,1 et f(52)=0,54=0,0625<0,1. La fraction passe sous 10% entre 39 h et 52 h, ce qui est cohérent avec la lecture. La lecture graphique donne une valeur approchée, le calcul donne un encadrement sûr : les deux se complètent. La valeur exacte, 43,2 h environ, demanderait un outil numérique, par exemple un tableur qui calcule f(t) de 0,1 h en 0,1 h.
f)
70,7%, c'est la fraction 0,521 : l'os a vécu une demi demi-vie depuis sa mort, soit 25730=2865 ans. Le raisonnement ne dépend pas de l'élément : pour l'iode comme pour le carbone, la fraction restante est 0,5 puissance le nombre de demi-vies, entier ou non. Seule change l'échelle de temps, des heures pour un examen médical, des millénaires pour l'archéologie.
Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger
Chacune des cinq affirmations ci-dessous est FAUSSE. Elles reprennent les situations des exercices 2 à 7. Pour chacune, dites quelle opération a été faite à la place de la bonne, donnez la valeur correcte et écrivez l'énoncé juste.
Toutes ces erreurs ont la même source : on a traité un coefficient qui se MULTIPLIE comme un taux qui s'additionne ou se partage.
a) « Au bout de six mois, la dette de l'exercice 6 a augmenté de 10,5%, la moitié de 21%. » Donnez le vrai taux semestriel.
b) « Le taux d'évolution moyen du site de recettes de l'exercice 5 est 360+20−10≈23,3%. » Donnez le vrai taux moyen.
c) « Au bout d'une demi demi-vie, il reste 75% des noyaux d'iode 123 de l'exercice 7. » Donnez le vrai pourcentage, au dixième.
d) « 831=38. » Donnez la vraie valeur.
e) « Le pesticide (C) de l'exercice 2 perd 10 mg/kg la première année : dans cinq ans, il n'en restera plus. » Calculez la masse restante au relevé n=5.
Voir la correction
Réponses
a)Coefficient semestriel 1,2121=1,1 : +10%
b)1,72831=1,2 : +20%
c)0,521≈0,707 : environ 70,7%
d)831=2 car 23=8
e)50×0,85=16,384 mg/kg : il en reste, et il en restera toujours
a)
Faux : l'affirmation DIVISE le taux annuel par deux. Deux semestres successifs doivent multiplier la dette par 1,21, donc le coefficient semestriel c vérifie c2=1,21 et c=1,2121=1,1 : la hausse semestrielle est de 10%. Avec 10,5%, un an coûterait 1,1052−1=22,1%. Énoncé juste : « au bout de six mois, la dette est multipliée par 1,2121=1,1, soit une hausse de 10% ». Couper le temps en deux, c'est prendre la racine carrée du coefficient.
b)
Faux : l'affirmation fait la moyenne ARITHMÉTIQUE des taux. Les trois coefficients se multiplient, 1,6×1,2×0,9=1,728, et le coefficient moyen est la racine cubique 1,72831=1,2, puisque 1,23=1,728. Énoncé juste : « le taux d'évolution moyen est de 20% par an ». Trois hausses de 23,3% auraient donné une hausse globale proche de 88%, au lieu de 72,8%.
c)
Faux : l'affirmation suppose une perte LINÉAIRE, 25% par moitié de demi-vie. Le coefficient c d'une demi demi-vie vérifie c2=0,5, donc c=0,521≈0,707. Énoncé juste : « au bout d'une demi demi-vie, il reste environ 70,7% des noyaux ». Le test qui tue l'affirmation : si l'on gardait 75% par moitié, une demi-vie entière laisserait 0,752=56,25%, et non 50%.
d)
Faux : l'exposant 31 ne signifie pas « divisé par 3 ». 831 est le nombre positif dont le CUBE vaut 8, c'est-à-dire 2, car 2×2×2=8. Énoncé juste : « 831=2 ». Vérification de l'affirmation fausse : (38)3=27512≈19, bien loin de 8. Relire la définition (an1)n=a suffit à éviter la confusion.
e)
Faux : l'affirmation prolonge la baisse de la première année comme si l'on perdait toujours 10 mg/kg, ce qui est le modèle linéaire. Or la grandeur (C) est géométrique de raison 0,8 : on perd chaque année 20% de ce qui RESTE. Au relevé 5 : 50×0,85=50×0,32768=16,384 mg/kg. Énoncé juste : « dans cinq ans il restera environ 16,4 mg/kg, et la masse restera positive à tout instant ». Une décroissance exponentielle ne s'annule jamais ; elle devient seulement très petite.
Exercice 9 : Problème : le modèle de Malthus sur une île
Une île isolée compte 8000 habitants à l'année 0. Selon le modèle de Malthus, sans obstacle, la population DOUBLE tous les 25 ans. Les ressources alimentaires, elles, n'augmentent que d'une même quantité à chaque période : elles permettent de nourrir 12000 personnes à l'année 0, et 4000 personnes de plus tous les 25 ans.
On note P(n) la population et R(n) le nombre de personnes que les ressources peuvent nourrir, au bout de n périodes de 25 ans. Données : 221≈1,414, 2251≈1,028 et 210=1024.
a) Donnez la nature de chacune des suites P et R, leur expression en fonction de n, puis P(2) et R(2).
b) À partir de quelle période la population dépasse-t-elle strictement les ressources ? En quelle année cela se produit-il ?
c) Quel est le taux annuel moyen de croissance de la population, au dixième de pourcentage ? Quelle est la population au bout d'un an ?
d) Quelle est la population au bout de 12,5 ans, arrondie à la dizaine ?
e) Calculez P(10) et R(10), soit au bout de 250 ans. Donnez l'ordre de grandeur du rapport R(10)P(10) et commentez.
Voir la correction
Réponses
a)P géométrique de raison 2, P(n)=8000×2n ; R arithmétique de raison 4000, R(n)=12000+4000n ; P(2)=32000, R(2)=20000
b)P(1)=R(1)=16000, P(2)>R(2) : période 2, année 50
c)2251≈1,028 : environ 2,8% par an ; P≈8224 habitants au bout d'un an
d)8000×221≈11310 habitants
e)P(10)=8192000, R(10)=52000 : rapport de l'ordre de 160
a)
La population double à chaque période : on multiplie toujours par 2, P est géométrique de premier terme 8000 et de raison 2, donc P(n)=8000×2n. Les ressources augmentent de 4000 à chaque période : on ajoute toujours le même nombre, R est arithmétique de premier terme 12000 et de raison 4000, donc R(n)=12000+4000n. Ainsi P(2)=32000 et R(2)=20000. C'est toute la thèse de Malthus : une population qui croît de façon géométrique contre des ressources qui croissent de façon arithmétique.
b)
On compare terme à terme. n=0 : 8000<12000, les ressources suffisent. n=1 : 16000=16000, égalité, mais pas encore de dépassement STRICT. n=2 : 32000>20000. La population dépasse les ressources à partir de la période 2, soit l'année 2×25=50. La figure de la correction montre les deux nuages : l'un est aligné, l'autre se redresse et le croise. Une fois dépassées, les ressources ne rattrapent plus jamais la population : l'écart double presque à chaque période.
c)
Sur 25 ans, le coefficient global est 2. Le coefficient annuel moyen c vérifie donc c25=2, soit c=2251≈1,028 : un taux annuel moyen d'environ 2,8%. Diviser 100% par 25 pour annoncer 4% par an serait faux : 4% par an pendant 25 ans multiplierait la population par plus de 2,6. Au bout d'un an, la population vaut environ 8000×1,028=8224 habitants. Un taux modeste, moins de 3% par an, suffit à doubler une population en une génération.
d)
12,5 ans, c'est une demi-période. Le coefficient c d'une demi-période vérifie c2=2, donc c=221≈1,414. La population vaut environ 8000×1,414=11312, soit 11310 habitants à la dizaine. La moyenne de 8000 et 16000, 12000, surestime : entre deux relevés, une croissance exponentielle reste sous la corde qui les joint.
e)
P(10)=8000×210=8000×1024=8192000, plus de huit millions d'habitants, et R(10)=12000+40000=52000. Le rapport 520008192000≈158 est de l'ordre de 160 : le modèle prévoit cent soixante fois plus d'habitants que de rations. Le repère 210≈103 donne l'ordre de grandeur de tête : dix doublements multiplient par mille. Ce résultat absurde dit que le modèle cesse d'être valable bien avant : famines, émigration ou baisse de la natalité freinent la croissance. Un modèle exponentiel décrit un début, jamais un destin.
Exercice 10 : Problème : le taux de reproduction R0 d'un virus
Au début d'une épidémie, chaque personne infectée contamine en moyenne R0=3 autres personnes. Ces contaminations ont lieu sur une durée appelée intervalle de génération, ici 5 jours. On compte 20 nouveaux cas à la génération 0 et l'on note C(n) le nombre de nouveaux cas à la génération n.
Données, sans calculatrice : 35=243, 36=729, 351≈1,246.
a) Justifiez que C est une suite géométrique, donnez C(n) en fonction de n, puis calculez C(1), C(2) et C(3).
b) À partir de quelle génération le nombre de nouveaux cas dépasse-t-il 10000 ? Combien de jours après la génération 0 ? Indiquez comment un tableur permettrait de le vérifier.
c) Par quel coefficient le nombre de nouveaux cas est-il multiplié en moyenne chaque jour ? Donnez le taux journalier, au dixième de pourcentage.
d) À la génération 6, des mesures de prévention font tomber le taux de reproduction à R=0,8. Combien de générations faut-il ensuite pour que le nombre de nouveaux cas soit divisé au moins par deux ?
e) Quel est le sens de variation du nombre de nouveaux cas selon que R>1, R=1 ou 0<R<1 ?
Les C(n) personnes infectées à la génération n en contaminent chacune 3 à la génération suivante : C(n+1)=3×C(n). On multiplie toujours par le même nombre, donc C est géométrique de premier terme 20 et de raison R0=3, et C(n)=20×3n. On obtient C(1)=60, C(2)=180, C(3)=540. Le taux de reproduction d'un virus n'est rien d'autre que la raison de la suite des générations : c'est pour cela que les épidémiologistes le surveillent.
b)
On cherche le premier n tel que 20×3n>10000, c'est-à-dire 3n>500. Avec les données : 35=243<500 et 36=729>500. Donc C(5)=20×243=4860 et C(6)=20×729=14580 : le seuil est dépassé à la génération 6, soit 6×5=30 jours après la génération 0. Avec un tableur, on écrit 20 dans la première cellule, puis dans la suivante une formule qui multiplie la cellule du dessus par 3, et on la recopie vers le bas : la première valeur supérieure à 10000 se lit en face de n=6. Le calcul, la table et une courbe donnent la même réponse ; c'est le même seuil par trois chemins.
c)
Une génération dure 5 jours et multiplie par 3. Le coefficient journalier c vérifie donc c5=3, d'où c=351≈1,246 : le nombre de nouveaux cas augmente d'environ 24,6% par jour. Deux erreurs sont fréquentes. Diviser la hausse de 200% par 5 donne 40% par jour, et 1,45 dépasse 5, bien au-delà de 3. Diviser 3 par 5 donne 0,6, un coefficient inférieur à 1 qui ferait décroître l'épidémie. Répartir une génération sur cinq jours, c'est prendre la racine cinquième.
d)
À partir de la génération 6, chaque génération multiplie les nouveaux cas par 0,8. Après k générations, ils sont multipliés par 0,8k : 0,8, 0,64, 0,512, puis 0,4096. Après 3 générations on garde encore 51,2% des cas, plus de la moitié ; après 4 générations, 40,96% seulement. Il faut donc 4 générations, soit 20 jours, pour diviser au moins par deux le nombre de nouveaux cas, qui passe de 14580 à environ 5972. Une réduction de 20% par génération est bien plus lente que la croissance de 200% qui l'a précédée : l'épidémie monte vite et redescend lentement.
e)
Le nombre de nouveaux cas est une suite géométrique de raison R, à termes strictement positifs. Si R>1, chaque génération est plus nombreuse que la précédente : croissance exponentielle, l'épidémie s'étend. Si R=1, la suite est constante : l'épidémie stagne. Si 0<R<1, chaque génération est moins nombreuse : décroissance exponentielle, l'épidémie recule sans que le nombre de cas devienne nul d'un coup. Le seuil décisif est donc R=1, et non R=0 : faire passer R de 1,2 à 0,9 change tout, alors que l'écart semble faible.
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Les pourcentages et les puissances bloquent en Première à Montréal ?
Contactez-moi pour une première séance. Ce chapitre est au cœur de l'épreuve anticipée de fin de Première, et il se travaille très bien sans calculatrice dès qu'on a compris que le temps s'additionne et que le coefficient se multiplie.