Spécialité physique-chimie, Terminale • Exercices corrigés à Montréal

Fiche de révision : spectroscopie infrarouge et UV-visible (Terminale spécialité)

Cette fiche accompagne la ligne « spectroscopie infrarouge et UV-visible » du programme de Terminale spécialité : exploiter un spectre et une table de données pour identifier un groupe caractéristique ou une espèce chimique, avec la couleur d'une espèce en solution et la loi de Beer-Lambert.

Elle ne redit pas le cours. Elle dit ce qui coûte des points au baccalauréat, ce qu'il faut regarder sur le spectre et dans quel ordre, et ce qu'on a le droit de conclure. La RMN n'est pas au programme de Terminale : elle n'apparaît donc pas ici. Elle est traitée avec la chimie organique du cégep, dans la fiche indiquée en bas de page.

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Le fil du chapitre

Un spectre ne donne jamais un nom. Une bande présente prouve une liaison, une bande absente exclut seulement cette liaison, et une absorbance mesure sans dire par quoi.

Ce chapitre fait partie de Spécialité physique-chimie en Terminale
Pour s'entraîner Les exercices corrigés de ce chapitre, 10 exercices

Avant ce chapitre

Cette fiche suppose ces notions acquises. Si une méthode ci-dessous reste opaque, c'est presque toujours l'une d'elles qui manque, pas la fiche.

Remonter plus loin : la chaîne complète (10 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1 Ions, pH, acides et bases Troisième
  2. 2 Constitution de la matière Seconde
  3. 3 L'atome et la classification périodique Seconde
  4. 4 Molécules, mole et quantité de matière Seconde
  5. 5 Équations de réaction et réactif limitant Seconde
  6. 6 Synthèse d'une espèce chimique présente dans la nature Seconde
  7. 7 Entités chimiques et transformations Seconde
  8. 8 Avancement et dosages Première
  9. 9 Cohésion, polarité, dissolution et extraction Première
  10. 10 Chimie organique et synthèse Première

Le tableau du chapitre

Reconnaître une bande infrarouge en un coup d'œil

Une colonne par bande utile. Lisez d'abord le nombre d'onde, puis l'allure : c'est souvent elle qui tranche. Les valeurs exactes sont toujours données par la table de l'énoncé, à laquelle vous vous référez sur la copie.

O-H d'alcool groupe hydroxyle
Où
32003200 à 3400 cm−13400\ \mathrm{cm^{-1}}
Allure
forte et large
Le détail qui décide
bien séparée des C−H\mathrm{C{-}H}
Son absence exclut
un alcool
O-H d'acide groupe carboxyle
Où
25002500 à 3200 cm−13200\ \mathrm{cm^{-1}}
Allure
forte et très large
Le détail qui décide
englobe les pics des C−H\mathrm{C{-}H}
Son absence exclut
un acide
N-H amine ou amide
Où
33003300 à 3500 cm−13500\ \mathrm{cm^{-1}}
Allure
fine, plus faible
Le détail qui décide
deux bandes pour NH2\mathrm{NH_{2}}, une pour NH\mathrm{NH}
Son absence exclut
une amine à N-H
C=O groupe carbonyle
Où
17001700 à 1750 cm−11750\ \mathrm{cm^{-1}}
Allure
forte et fine
Le détail qui décide
la position donne la famille, avec prudence
Son absence exclut
acide, ester, aldéhyde, cétone
C-H presque partout
Où
28002800 à 3000 cm−13000\ \mathrm{cm^{-1}}
Allure
forte, plusieurs pics
Le détail qui décide
n'apprend presque rien
Son absence exclut
presque aucune molécule organique

Légende : les mots du tableau

Bande
Un creux de la courbe : le rayonnement y est absorbé par une liaison de la molécule.
Large
Le creux s'étale sur plusieurs centaines de cm−1\mathrm{cm^{-1}}, à cause des liaisons hydrogène entre molécules.
Fine
Le creux est étroit, quelques dizaines de cm−1\mathrm{cm^{-1}}, comme une encoche.

Avant toute colonne, vérifiez le sens de l'axe : 40004000 est à gauche, 500500 à droite. Sous 1500 cm−11500\ \mathrm{cm^{-1}}, on n'attribue rien : on compare à une référence.

L'essentiel

Trois zones utiles, et une zone à ne pas interpréter

  • • L'axe porte σ=1λ\sigma=\dfrac{1}{\lambda} en cm−1\mathrm{cm^{-1}}, DÉCROISSANT de gauche à droite. L'axe vertical est la TRANSMITTANCE : une forte absorption est un creux profond.
  • • De gauche à droite : O−H\mathrm{O{-}H} et N−H\mathrm{N{-}H} vers le haut de l'échelle, puis C−H\mathrm{C{-}H}, puis un grand vide, puis C=O\mathrm{C{=}O} et C=C\mathrm{C{=}C}.
  • • Sous 1500 cm−11500\ \mathrm{cm^{-1}}, l'empreinte digitale ne s'attribue pas : elle se compare à un spectre de référence.
  • • Conversion : avec σ\sigma en cm−1\mathrm{cm^{-1}}, λ=104σ\lambda=\dfrac{10^{4}}{\sigma} en micromètres. À 1700 cm−11700\ \mathrm{cm^{-1}}, λ≈5,88 μm\lambda\approx 5{,}88\ \mu\mathrm{m}.
400035003000250020001500100050050100nombre d'onde σ (cm⁻¹)transmittance (%)O-H et N-HC-HC=Oempreinte digitalegrand σ, petite λ
Une bande se cherche de gauche à droite : O−H\mathrm{O{-}H} et N−H\mathrm{N{-}H}, puis C−H\mathrm{C{-}H}, puis C=O\mathrm{C{=}O} et C=C\mathrm{C{=}C}, et enfin l'empreinte grisée, qu'on ne détaille pas.

Le grand vide entre 2500 cm−12500\ \mathrm{cm^{-1}} et 1800 cm−11800\ \mathrm{cm^{-1}} est utile : une bande qui y tomberait est rare, ce qui rend la lecture rapide.

Ce qu'une bande autorise à conclure

  • • Une bande PRÉSENTE prouve une liaison, à condition que sa position et son allure correspondent à la table.
  • • Une bande ABSENTE exclut cette liaison, dans les limites de détection du spectre, et seulement elle : ni l'atome, ni toute la famille voisine.
  • • Un spectre répond aux LIAISONS. Deux molécules aux mêmes liaisons ont presque le même spectre au-dessus de 1500 cm−11500\ \mathrm{cm^{-1}}.

C'est la phrase de conclusion qui rapporte : « la bande à ... prouve la liaison ..., donc ... ».

UV-visible : la couleur vue est le complément de la couleur absorbée

  • • On lit λmax⁡\lambda_{\max} sur l'axe horizontal et on repère la couleur absorbée. La couleur perçue est diamétralement opposée sur le cercle chromatique : rouge et cyan, vert et magenta, bleu et jaune.
  • • λmax⁡\lambda_{\max} caractérise l'espèce : la dilution ne le déplace pas. L'absorbance mesure la quantité : A=ε ℓ cA=\varepsilon\,\ell\,c.
  • • Une solution incolore n'absorbe rien DANS LE VISIBLE, et peut très bien absorber dans l'ultraviolet : la caféine se dose à 273 nm273\ \mathrm{nm}.
0,20,40,60,81,0350400450500550600650700750longueur d'onde λ (nm)absorbance Amaximum dans le bleurougemagentableucyanvertjaunesolution vue jaune
Le maximum à 450 nm450\ \mathrm{nm} tombe dans le bleu : la solution absorbe le bleu, et l'œil voit le secteur opposé du cercle, le jaune.

Les pièges qui coûtent des points

Les erreurs ci-dessous sont celles que je corrige le plus souvent en séance. Chacune coûte des points sur une copie, même quand le raisonnement est juste.

1. Lire l'axe des nombres d'onde dans le sens habituel

1 point, et toutes les attributions qui suivent

Ce qu'il ne faut pas écrire

« La bande à droite du spectre a le plus grand nombre d'onde, donc la plus grande énergie. »

Ce qu'il faut écrire

« L'axe est décroissant : la bande de gauche, à 3300 cm−13300\ \mathrm{cm^{-1}}, a le plus grand nombre d'onde et la plus petite longueur d'onde. »

Pourquoi : Tous les graphes de l'année croissent vers la droite, sauf celui-ci. L'erreur place chaque bande dans la mauvaise zone de la table.

2. Conclure qu'un atome est absent faute de bande

1 point sur une identification

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Il n'y a pas de bande O−H\mathrm{O{-}H} sur ce spectre, donc la molécule ne contient pas d'oxygène. »

Ce qu'il faut écrire

« Il n'y a pas de bande O−H\mathrm{O{-}H} sur ce spectre, donc la molécule ne possède pas de liaison O−H\mathrm{O{-}H}. Un ester ou une cétone contient pourtant de l'oxygène. »

Pourquoi : Une table associe une bande à une liaison. Elle ne dit rien d'un atome engagé dans d'autres liaisons, comme l'oxygène d'un ester.

3. Confondre le O-H d'un alcool et celui d'un acide

2 points : la famille est fausse et la suite aussi

Ce qu'il ne faut pas écrire

« La bande large vers 3000 cm−13000\ \mathrm{cm^{-1}} est un O−H\mathrm{O{-}H} d'alcool, et la molécule est donc un alcool. »

Ce qu'il faut écrire

« Cette bande très large, de 25002500 à 3200 cm−13200\ \mathrm{cm^{-1}}, englobe les C−H\mathrm{C{-}H} : c'est le O−H\mathrm{O{-}H} d'un acide carboxylique, confirmé par la bande C=O\mathrm{C{=}O} à 1711 cm−11711\ \mathrm{cm^{-1}}. »

400035003000250020001500100050050100transmittance (%)O-HC-Halcool : large, sépare les C-H400035003000250020001500100050050100nombre d'onde σ (cm⁻¹)O-H d'acideacide : très large, englobe les C-H
En haut, le creux de l'alcool laisse voir les pics C−H\mathrm{C{-}H} bien à part. En bas, celui de l'acide est si large que les C−H\mathrm{C{-}H} sont posés dessus.

Pourquoi : Dans un acide, les liaisons hydrogène sont plus fortes et étalent davantage la bande. C'est la FORME qui décide, pas seulement la position.

4. Prendre une bande C=O pour la preuve d'une famille

1 à 2 points : il manque la justification par élimination

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Il y a une bande à 1715 cm−11715\ \mathrm{cm^{-1}}, donc c'est une cétone. »

Ce qu'il faut écrire

« La bande à 1715 cm−11715\ \mathrm{cm^{-1}} prouve une liaison C=O\mathrm{C{=}O}. Sans bande O−H\mathrm{O{-}H} très large ni pics vers 2720 cm−12720\ \mathrm{cm^{-1}} et 2820 cm−12820\ \mathrm{cm^{-1}}, ce n'est ni un acide ni un aldéhyde : c'est une cétone. »

400035003000250020001500100050050100transmittance (%)2720 et 2820C=Oaldéhyde : deux pics de plus400035003000250020001500100050050100nombre d'onde σ (cm⁻¹)C=Océtone : rien à cet endroit
Les deux C=O\mathrm{C{=}O} sont voisines : ce sont les deux petits pics vers 27202720 et 2820 cm−12820\ \mathrm{cm^{-1}}, présents en haut et absents en bas, qui séparent l'aldéhyde de la cétone.

Pourquoi : Les domaines de l'acide, de la cétone et de l'aldéhyde se recouvrent. Le correcteur attend qu'on regarde aussi l'autre zone du spectre.

5. Vouloir attribuer l'empreinte digitale creux par creux

Du temps perdu et 0 point

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Le pic à 1170 cm−11170\ \mathrm{cm^{-1}} est une liaison C−C\mathrm{C{-}C}, celui à 1130 cm−11130\ \mathrm{cm^{-1}} une autre, celui à 950 cm−1950\ \mathrm{cm^{-1}} une troisième. »

Ce qu'il faut écrire

« On n'attribue pas cette zone : on la compare au spectre de référence de l'espèce supposée. »

Pourquoi : Ces bandes viennent de vibrations de la molécule entière, que le programme ne demande pas d'analyser. Leur usage est la comparaison.

6. Croire qu'une table sépare deux isomères de position

1 point : la conclusion dépasse ce que le spectre prouve

Ce qu'il ne faut pas écrire

« D'après la table, le spectre montre un O−H\mathrm{O{-}H} : c'est le butan-1-ol et non le butan-2-ol. »

Ce qu'il faut écrire

« La table montre un alcool, sans dire lequel. Je compare l'empreinte digitale à une référence, ou je mesure la température d'ébullition. »

400035003000250020001500100050050100nombre d'onde σ (cm⁻¹)transmittance (%)O-HC-Hempreinte digitalebutan-2-olbutan-1-olcourbes confonduesau-dessus de 1500
Au-dessus de 1500 cm−11500\ \mathrm{cm^{-1}}, les deux spectres coïncident. Seule l'empreinte, grisée, les sépare, et c'est pourquoi on la compare à une référence.

Pourquoi : Les deux alcools ont exactement les mêmes liaisons. La table identifie un groupe caractéristique, pas sa place sur la chaîne.

7. Donner la couleur vue pour la couleur absorbée

1 point

Ce qu'il ne faut pas écrire

« La solution est jaune, donc elle absorbe le jaune. »

Ce qu'il faut écrire

« λmax⁡=430 nm\lambda_{\max}=430\ \mathrm{nm} : la solution absorbe le bleu, et paraît de la couleur complémentaire, le jaune. »

Pourquoi : L'œil reçoit ce qui n'est pas absorbé. Absorbée et perçue sont justement les deux couleurs opposées du cercle.

8. Croire que la dilution déplace le maximum d'absorption

1 point

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Diluée deux fois, la solution a un λmax⁡\lambda_{\max} divisé par deux. »

Ce qu'il faut écrire

« Diluée deux fois, la solution garde le même λmax⁡\lambda_{\max}, et son absorbance maximale est divisée par deux. »

Pourquoi : λmax⁡\lambda_{\max} est une propriété de l'espèce, et AA est proportionnelle à sa concentration. Seul un changement d'espèce, par exemple de pH, déplace le maximum.

9. Oublier de remonter à l'échantillon après la dilution

2 points, souvent toute la conclusion

Ce qu'il ne faut pas écrire

« La droite d'étalonnage donne 16,0 mg/L16{,}0\ \mathrm{mg/L} : la boisson contient donc 16,0 mg/L16{,}0\ \mathrm{mg/L} de caféine. »

Ce qu'il faut écrire

« La solution mesurée contient 16,0 mg/L16{,}0\ \mathrm{mg/L}. Diluée 2020 fois, la boisson en contient 20×16,0=320 mg/L20\times 16{,}0=320\ \mathrm{mg/L}. »

Pourquoi : L'étalonnage donne la concentration DANS LA CUVE. La question porte sur l'échantillon de départ, plus concentré puisqu'on l'a dilué.

10. Prendre un dosage pour une preuve d'identité

1 à 2 points sur la question finale

Ce qu'il ne faut pas écrire

« L'absorbance à 425 nm425\ \mathrm{nm} donne 2,8 %2{,}8\ \% de curcumine, donc la poudre contient bien de la curcumine. »

Ce qu'il faut écrire

« L'absorbance mesure combien de lumière est absorbée, pas par quoi. Je vérifie d'abord l'identité de l'espèce au spectre infrarouge. »

Pourquoi : Deux colorants voisins absorbent presque aux mêmes longueurs d'onde. L'infrarouge identifie, l'UV-visible dose : on ne demande pas à l'un le travail de l'autre.

Quelle méthode choisir

Lire un spectre infrarouge dans l'ordre

On regarde d'abord au-dessus de 2500 cm−12500\ \mathrm{cm^{-1}}, puis vers 1700 cm−11700\ \mathrm{cm^{-1}}. La famille se décide sur les deux zones réunies.

400035003000250020001500100050050100transmittance (%)O-H large : alcool400035003000250020001500100050050100O-H très large et C=O : acide400035003000250020001500100050050100une ou deux bandes fines : amine400035003000250020001500100050050100nombre d'onde σ (cm⁻¹)ni O-H ni N-H, et C=O : ester, cétone ou aldéhyde
Les quatre allures entre lesquelles l'arbre décide, à la même échelle : O−H\mathrm{O{-}H} large, O−H\mathrm{O{-}H} très large, bandes fines de l'amine et C=O\mathrm{C{=}O} seule.
  • Si une bande très large de 25002500 à 3200 cm−13200\ \mathrm{cm^{-1}}, qui englobe les C−H\mathrm{C{-}H} → c'est un acide carboxylique

    Exemple : Bande à 2950 cm−12950\ \mathrm{cm^{-1}} très étalée et C=O\mathrm{C{=}O} à 1711 cm−11711\ \mathrm{cm^{-1}}.

  • Si une bande large de 32003200 à 3400 cm−13400\ \mathrm{cm^{-1}}, bien séparée des C−H\mathrm{C{-}H} → c'est un alcool, ou un phénol

    Exemple : Bande à 3340 cm−13340\ \mathrm{cm^{-1}}, et aucune C=O\mathrm{C{=}O} vers 1700 cm−11700\ \mathrm{cm^{-1}}.

  • Si une ou deux bandes fines de 33003300 à 3500 cm−13500\ \mathrm{cm^{-1}} → c'est une liaison N−H\mathrm{N{-}H} : une amine ou un amide

    Exemple : Bandes à 3370 cm−13370\ \mathrm{cm^{-1}} et 3290 cm−13290\ \mathrm{cm^{-1}} : deux hydrogènes sur l'azote, groupe −NH2\mathrm{{-}NH_{2}}.

    Pas de bande N−H\mathrm{N{-}H} n'exclut pas une amine : une amine tertiaire n'a aucune liaison N−H\mathrm{N{-}H}.

  • Si une bande forte et fine de 17001700 à 1750 cm−11750\ \mathrm{cm^{-1}}, sans O−H\mathrm{O{-}H} → c'est un ester, un aldéhyde ou une cétone : on lit la position et on cherche les deux pics vers 2720 cm−12720\ \mathrm{cm^{-1}} et 2820 cm−12820\ \mathrm{cm^{-1}}

    Exemple : 1745 cm−11745\ \mathrm{cm^{-1}} : ester. 1730 cm−11730\ \mathrm{cm^{-1}} et deux pics : aldéhyde. 1715 cm−11715\ \mathrm{cm^{-1}} sans pics : cétone.

  • Si seulement des C−H\mathrm{C{-}H} au-dessus de 1500 cm−11500\ \mathrm{cm^{-1}} → ni alcool, ni acide, ni carbonyle : un alcane ou un éther, selon la formule

    Exemple : C4H10O\mathrm{C_{4}H_{10}O} sans O−H\mathrm{O{-}H} : un éther, l'éthoxyéthane par exemple.

Si deux candidats restent, le spectre a dit ce qu'il pouvait : une empreinte de référence ou une température d'ébullition tranche.

Quelle technique selon la question posée

C'est le verbe de l'énoncé qui décide, avant toute lecture.

  • Si « identifier un groupe caractéristique » → un spectre infrarouge et sa table

    Exemple : C=O\mathrm{C{=}O} à 1745 cm−11745\ \mathrm{cm^{-1}} : un ester.

  • Si « identifier une espèce parmi des isomères » → infrarouge, puis empreinte de référence ou mesure physique

    Exemple : Butan-1-ol ou butan-2-ol : 118118 ou 99 ∘C99\ \mathrm{^{\circ}C}.

  • Si « justifier la couleur » → le spectre UV-visible et le cercle chromatique

    Exemple : λmax⁡=525 nm\lambda_{\max}=525\ \mathrm{nm} : le vert est absorbé, la solution paraît magenta.

  • Si « déterminer une concentration » → la loi de Beer-Lambert à λmax⁡\lambda_{\max}, avec une droite d'étalonnage

    Exemple : A=0,81A=0{,}81 et k=0,0505 L/mgk=0{,}0505\ \mathrm{L/mg} : c≈16,0 mg/Lc\approx 16{,}0\ \mathrm{mg/L}.

La résonance magnétique nucléaire n'est pas au programme de Terminale : un sujet du baccalauréat ne vous la demandera pas.

La rédaction attendue

Le correcteur coche des étapes. Les voici dans l'ordre, avec la phrase de conclusion qu'il attend mot pour mot.

Identifier une espèce à partir d'un spectre infrarouge

Quand l'utiliser : « À l'aide du spectre et de la table, identifier... » ou « justifier que le produit est... ».

  1. 1 Écrire, pour chaque candidat, les liaisons qui le distinguent et les bandes attendues.
  2. 2 Relever les bandes utiles, avec leur nombre d'onde et leur allure, et les rapprocher des lignes de la table.
  3. 3 Dire aussi ce qui MANQUE : l'absence d'une bande forte est un argument.
  4. 4 Éliminer chaque candidat restant, un par un, avec sa raison.
  5. 5 Conclure par une phrase qui nomme l'espèce.

Phrase de conclusion

« La bande forte et fine à 1715 cm−11715\ \mathrm{cm^{-1}} correspond à une liaison C=O\mathrm{C{=}O} de cétone. L'absence de bande O−H\mathrm{O{-}H} et de pics vers 2720 cm−12720\ \mathrm{cm^{-1}} exclut l'acide, l'alcool et l'aldéhyde. Le spectre est donc compatible avec la propanone. »

Le piège : Écrire seulement « c'est la propanone d'après le spectre » : sans bande citée ni élimination, la réponse ne rapporte presque rien.

Barème : Le plus souvent : 1 point pour la bande citée avec sa valeur, 1 point pour la conclusion justifiée.

Déterminer une concentration par étalonnage

Quand l'utiliser : « À l'aide de la droite d'étalonnage, déterminer la teneur de... ».

  1. 1 Justifier le choix de λmax⁡\lambda_{\max} : l'absorbance y est la plus grande, donc la mesure la plus sensible.
  2. 2 Montrer que AA est proportionnelle à cc et déterminer kk dans A=k cA=k\,c.
  3. 3 Vérifier que l'absorbance mesurée est À L'INTÉRIEUR de la gamme.
  4. 4 Calculer cc dans la solution mesurée, puis multiplier par le facteur de dilution.
  5. 5 Comparer à la valeur de référence et répondre à la question posée.

Phrase de conclusion

« A=0,81A=0{,}81 est dans la gamme : c1=Ak≈16,0 mg/Lc_{1}=\dfrac{A}{k}\approx 16{,}0\ \mathrm{mg/L}. La dilution étant de facteur 2020, la boisson contient c0≈320 mg/Lc_{0}\approx 320\ \mathrm{mg/L}, soit plus que le seuil de 150 mg/L150\ \mathrm{mg/L}. »

Le piège : S'arrêter à c1c_{1}. La question porte sur l'échantillon, et non sur la cuve.

Barème : Le plus souvent : 1 point pour la lecture ou le calcul de c1c_{1}, 1 point pour le facteur de dilution, 1 point pour la comparaison rédigée.

Vérifier avant de rendre

Cinq minutes de vérification récupèrent plus de points qu'un exercice de plus commencé à la hâte.

L'exercice type décortiqué

Un flacon de formule C3H6O

Un flacon contient un liquide de formule brute C3H6O\mathrm{C_{3}H_{6}O}. Trois espèces sont candidates : le propanal, la propanone et le prop-2-én-1-ol. À l'aide du spectre infrarouge ci-dessous et de la table de la synthèse, identifiez le liquide. Données : la table place le C=O\mathrm{C{=}O} d'un aldéhyde dans 17201720 à 1740 cm−11740\ \mathrm{cm^{-1}} et celui d'une cétone dans 17051705 à 1725 cm−11725\ \mathrm{cm^{-1}}, et la liaison C=C\mathrm{C{=}C} d'un alcène dans 16201620 à 1680 cm−11680\ \mathrm{cm^{-1}}.

400035003000250020001500100050050100nombre d'onde σ (cm⁻¹)transmittance (%)1715
Le spectre du liquide. On cherche d'abord un O−H\mathrm{O{-}H} au-dessus de 3000 cm−13000\ \mathrm{cm^{-1}}, puis les bandes voisines de 1700 cm−11700\ \mathrm{cm^{-1}}.

Étape 1

On écrit les liaisons qui distinguent les candidats. Propanal : C=O\mathrm{C{=}O} et deux pics C−H\mathrm{C{-}H} d'aldéhyde. Propanone : C=O\mathrm{C{=}O} seule. Prop-2-én-1-ol : O−H\mathrm{O{-}H} et C=C\mathrm{C{=}C}.

Pourquoi

On sait ce qu'on cherche avant de regarder le spectre : c'est ce qui évite d'attribuer des creux au hasard.

Étape 2

Aucune bande large dans 32003200 à 3400 cm−13400\ \mathrm{cm^{-1}} : la ligne de base y est plate. Le spectre exclut la liaison O−H\mathrm{O{-}H}, donc le prop-2-én-1-ol.

Pourquoi

Une bande absente élimine un candidat. C'est le premier point de la question, et le plus sûr.

Étape 3

Une bande forte et fine à 1715 cm−11715\ \mathrm{cm^{-1}}. Elle prouve une liaison C=O\mathrm{C{=}O} et tombe dans le domaine de la cétone, sous celui de l'aldéhyde.

Pourquoi

La valeur citée fait gagner le point : « une bande vers 1700 » ne suffit pas pour séparer les deux familles.

Étape 4

Aucun des deux pics vers 2720 cm−12720\ \mathrm{cm^{-1}} et 2820 cm−12820\ \mathrm{cm^{-1}} : le propanal est écarté une seconde fois.

Pourquoi

Les domaines de la table se touchent. Un second indice rend la conclusion solide si la bande tombe près d'une limite.

Étape 5

On vérifie la formule : CH3−CO−CH3\mathrm{CH_{3}{-}CO{-}CH_{3}} contient bien 33 carbones, 66 hydrogènes et 11 oxygène, et une seule liaison C=O\mathrm{C{=}O}.

400035003000250020001500100050050100nombre d'onde σ (cm⁻¹)transmittance (%)pas de O-HC=O de cétonepas de C-Hd'aldéhyde

Pourquoi

La vérification relie la conclusion à la donnée de départ, en quelques secondes.

Conclusion rédigée

Le spectre présente une bande C=O\mathrm{C{=}O} à 1715 cm−11715\ \mathrm{cm^{-1}}, sans bande O−H\mathrm{O{-}H} ni pics d'aldéhyde : le liquide est la propanone.

L'erreur classique sur cet exercice : Conclure dès la bande à 1715 cm−11715\ \mathrm{cm^{-1}}, sans éliminer le propanal ni citer l'absence de bande O−H\mathrm{O{-}H}.

À savoir par cœur

  • • AXE : nombre d'onde σ=1λ\sigma=\dfrac{1}{\lambda}, décroissant de gauche à droite ; un creux est une absorption.
  • • O−H\mathrm{O{-}H} d'alcool : LARGE, de 32003200 à 3400 cm−13400\ \mathrm{cm^{-1}}. O−H\mathrm{O{-}H} d'acide : TRÈS LARGE, de 25002500 à 3200 cm−13200\ \mathrm{cm^{-1}}.
  • • N−H\mathrm{N{-}H} : fine, de 33003300 à 3500 cm−13500\ \mathrm{cm^{-1}}. Deux bandes pour NH2\mathrm{NH_{2}}, une pour NH\mathrm{NH}.
  • • C=O\mathrm{C{=}O} : forte et fine, de 17001700 à 1750 cm−11750\ \mathrm{cm^{-1}}. Ester le plus haut, puis aldéhyde, puis cétone et acide.
  • • Bande PRÉSENTE : prouve une liaison. Bande ABSENTE : exclut seulement cette liaison.
  • • Couleur vue = couleur COMPLÉMENTAIRE de la couleur absorbée : rouge et cyan, vert et magenta, bleu et jaune.
  • • A=ε ℓ cA=\varepsilon\,\ell\,c, en solution diluée, à λmax⁡\lambda_{\max}, dans la gamme ; λmax⁡\lambda_{\max} dit QUI, AA dit COMBIEN.

Questions fréquentes

Comment lire un spectre infrarouge en Terminale ?

On vérifie d'abord le sens de l'axe : le nombre d'onde décroît de 4000 à gauche vers 500 à droite, et une absorption est un creux. On regarde ensuite au-dessus de 2500, où se trouvent les liaisons O-H, N-H et C-H, puis vers 1700 pour la liaison C=O. On compare chaque bande à la table fournie, en citant sa valeur et son allure. La zone sous 1500 ne s'interprète pas.

Quelle différence entre la bande O-H d'un alcool et celle d'un acide carboxylique ?

La bande O-H d'un alcool est large et centrée vers 3300 inverse de centimètre, bien séparée des pics C-H. Celle d'un acide carboxylique est beaucoup plus large, de 2500 à 3200 environ, et englobe les pics C-H, qui semblent posés dessus. Un acide montre en plus une bande C=O vers 1710. C'est donc la forme de la bande, et non sa seule position, qui permet de les distinguer.

La RMN est-elle au programme de Terminale ?

Non. Le programme de spécialité physique-chimie de Terminale, en vigueur depuis 2020, ne retient que la spectroscopie infrarouge et UV-visible, pour identifier un groupe caractéristique ou une espèce chimique. La résonance magnétique nucléaire figurait dans l'ancien programme, ce qui explique sa présence dans d'anciens sujets et manuels. On la retrouve plus tard, en chimie organique au cégep ou à l'université.

Pourquoi une solution jaune absorbe-t-elle le bleu ?

Une solution paraît de la couleur de ce qu'elle laisse passer. Si elle absorbe surtout le bleu, l'œil reçoit le reste de la lumière blanche, qu'il perçoit comme du jaune, la couleur complémentaire du bleu. Sur le cercle chromatique, ces deux couleurs sont diamétralement opposées. On lit donc la longueur d'onde du maximum d'absorption, on repère sa couleur, puis on prend le secteur opposé.

Une solution incolore peut-elle se doser par spectrophotométrie ?

Oui, si elle absorbe dans l'ultraviolet. Incolore signifie seulement qu'elle n'absorbe pas la lumière visible. La caféine, par exemple, a un maximum d'absorption vers 273 nanomètres et se dose à cette longueur d'onde, dans une cuve en quartz, car le verre ordinaire et le plastique absorbent l'ultraviolet. La méthode reste la même : droite d'étalonnage et loi de Beer-Lambert.

Passer à la pratique

Exercices corrigés : Spectroscopie infrarouge et UV-visible : lire un spectre, identifier, doser

Une méthode se prouve sur une copie, pas sur une fiche. La série du même chapitre reprend chacun de ces pièges dans un exercice, avec le corrigé rédigé étape par étape.

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© Ahmed Squalli Houssaini. Fiche publiée sur www.letuteurscientifique.ca/fiches/tspc-spectroscopie. Libre pour l'usage personnel et en classe ; sa republication ailleurs demande une autorisation écrite (mentions légales).

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