Spécialité physique-chimie, Terminale • Exercices corrigés à Montréal
Exercices corrigés : spectroscopie infrarouge et UV-visible (Terminale spécialité)
Voici dix exercices corrigés de spécialité physique-chimie sur la spectroscopie infrarouge et UV-visible, au niveau de la classe de Terminale du programme français, tel qu'il est suivi en France comme dans les lycées du réseau AEFE. Ils couvrent la lecture d'un spectre infrarouge, transmittance et nombre d'onde, l'identification d'un groupe caractéristique à l'aide d'une table de données, l'empreinte digitale, le spectre d'absorption UV-visible, la couleur d'une espèce en solution et le cercle chromatique, ainsi que le dosage par la loi de Beer-Lambert.
À la fin de la série, vous savez associer un spectre à sa molécule (exercices 1, 2 et 9), dire ce qu'un spectre ne peut pas trancher (exercice 3), suivre une transformation par la disparition d'une bande (exercices 4 et 7), prévoir une couleur à partir d'un spectre d'absorption (exercice 5), doser une espèce incolore dans l'ultraviolet (exercice 6) et combiner les deux techniques pour démasquer une fraude (exercice 10). Les exercices 4, 6, 7, 9 et 10 sont au format du baccalauréat. Quatre pièges y sont traités en détail : conclure « pas d'oxygène » faute de bande O-H (exercice 3), donner la couleur vue pour la couleur absorbée (exercice 5), oublier le facteur de dilution (exercice 6) et déclarer un ester pur dès que l'acide a disparu (exercice 7).
Le fil de la série : un spectre ne donne jamais un nom. Une bande présente prouve une liaison, une bande absente exclut cette liaison, et une absorbance mesure sans dire par quoi. C'est la table de données, la formule et la liste des candidats qui transforment ces preuves en identification.
La résonance magnétique nucléaire (RMN) n'est pas au programme de Terminale : elle n'est donc pas traitée ici. Elle fait partie du cours de chimie organique du cégep, avec la spectrométrie de masse, dans la série indiquée en bas de page. Faites chaque exercice au complet avant d'ouvrir la correction.
Série autocorrigéeTape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.
•NOMBRE D'ONDE : σ=λ1, en cm−1. Avec σ en cm−1, λ=σ104 en micromètres. L'axe d'un spectre infrarouge se lit de 4000 à gauche vers 500 à droite.
•TRANSMITTANCE : le pourcentage de rayonnement qui traverse l'échantillon. Une forte absorption est un creux profond de la courbe, pas un pic vers le haut.
•LIRE UNE BANDE : sa position, sa largeur et son intensité, comparées à une table de données fournie. Sous 1500cm−1, l'empreinte digitale ne s'attribue pas : elle se compare à un spectre de référence.
•PREUVE : une bande présente prouve une liaison ; une bande absente exclut seulement cette liaison, dans les limites de détection du spectre. Un spectre répond aux liaisons, pas aux atomes.
•COULEUR : une espèce paraît de la couleur COMPLÉMENTAIRE de celle qu'elle absorbe, diamétralement opposée sur le cercle chromatique. Rouge et cyan, vert et magenta, bleu et jaune.
•BEER-LAMBERT : A=εℓc, valable en solution diluée, à une longueur d'onde fixée. On mesure à λmax, à l'intérieur de la gamme d'étalonnage. λmax caractérise l'espèce, A en mesure la quantité.
Partie A : les bases (/50)
Exercice 1 : Lire un spectre infrarouge sans se tromper de sens : l'éthanol d'un gel
Un technicien sépare le liquide volatil d'un gel pour les mains et enregistre son spectre infrarouge. Il s'attend à trouver de l'éthanol, CH3−CH2−OH. Le spectre porte la transmittance en fonction du nombre d'onde σ=λ1. Trois bandes sont repérées A, B et C.
Liaison
Nombre d'onde (cm⁻¹)
Allure de la bande
O-H d'un alcool
3200 à 3400
forte et large
C-H d'un carbone saturé
2800 à 3000
forte, plusieurs pics
C=O d'une cétone
1705 à 1725
forte et fine
a) Indiquez dans quel sens le nombre d'onde augmente sur l'axe horizontal.
b) Indiquez ce qui, sur ce spectre, traduit une forte absorption du rayonnement par l'échantillon.
c) Calculez, en micromètres, la longueur d'onde du rayonnement absorbé dans la bande A. Précisez à quel domaine elle appartient, sachant que le visible s'arrête vers 0,8μm.
d) À l'aide de la table, attribuez les bandes A et B à une liaison.
e) La molécule contient-elle une liaison C=O ? Justifiez à l'aide du spectre.
f) La bande C appartient à la zone située sous 1500cm−1, dite empreinte digitale. Expliquez pourquoi on n'y attribue pas chaque creux à une liaison, et à quoi cette zone sert.
Voir la correction
Réponses
a)Vers la gauche : σ décroît de 4000 à 500cm−1 quand on lit de gauche à droite
b)Un creux profond : la transmittance y est faible
c)λ≈2,99μm : infrarouge
d)A : O−H d'un alcool ; B : C−H d'un carbone saturé
e)Non : aucune bande entre 1700 et 1750cm−1
f)Trop de vibrations s'y superposent ; cette zone sert à comparer le spectre à un spectre de référence
a)
Sur un spectre infrarouge, les nombres d'onde sont portés dans l'ordre DÉCROISSANT : 4000 à gauche, 500 à droite. Le nombre d'onde augmente donc vers la gauche.
Piège : lire 1500cm−1 à droite de 2000cm−1 parce qu'on lit toujours un axe vers la droite en croissant. Toute attribution faite ainsi tombe dans la mauvaise zone.
b)
L'axe vertical est la transmittance, le pourcentage du rayonnement qui traverse l'échantillon. Un rayonnement absorbé n'est pas transmis : une forte absorption est un creux profond, et non un pic vers le haut.
La ligne de base, en haut, indique les nombres d'onde où rien n'est absorbé.
c)
On convertit en gardant les centimètres :
λ=σ1=3350cm−11≈2,99×10−4cm
Or 1cm=104μm, donc λ≈2,99μm.
Cette valeur dépasse 0,8μm : le rayonnement appartient à l'infrarouge.
d)
La bande A, large et centrée vers 3350cm−1, tombe dans le domaine 3200 à 3400cm−1 : c'est la liaison O−H d'un alcool.
La bande B, à 2975cm−1, tombe entre 2800 à 3000cm−1 : ce sont les liaisons C−H des carbones saturés. Les deux creux voisins de B appartiennent à la même famille de liaisons.
e)
Non. La table place une liaison C=O de cétone dans le domaine 1705 à 1725cm−1, et cette bande serait forte et fine. Le spectre y montre une ligne de base plate. L'absence d'une bande aussi intense exclut la liaison, dans les limites de détection du spectre.
Ce résultat est cohérent avec la formule attendue de l'éthanol, qui n'a qu'un atome d'oxygène, lié par des liaisons simples.
f)
Sous 1500cm−1, de nombreuses vibrations de la molécule entière se superposent. Attribuer chaque creux est hors de portée et n'est jamais demandé.
Cette zone sert autrement : elle est propre à chaque molécule, comme une empreinte digitale. On la compare à celle d'un spectre de référence pour confirmer une identité, ce que fait l'exercice 3.
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Exercice 2 : Quatre flacons, quatre familles : associer chaque spectre à sa molécule
Quatre flacons ont perdu leur étiquette. Ils contiennent, dans le désordre, l'acide pentanoïque CH3−(CH2)3−COOH, l'éthanoate de propyle CH3−COO−(CH2)2−CH3, la pentan-1-amine CH3−(CH2)4−NH2 et la pentan-2-one CH3−CO−(CH2)2−CH3. Les spectres des quatre liquides sont donnés ci-dessous, avec les valeurs relevées sur les bandes utiles.
Liaison
Nombre d'onde (cm⁻¹)
Allure de la bande
O-H d'un acide carboxylique
2500 à 3200
forte et très large, englobe les C-H
N-H d'une amine
3300 à 3500
fine : deux bandes pour NH₂, une pour NH
C-H d'un carbone saturé
2800 à 3000
forte, plusieurs pics
C=O d'un ester
1735 à 1750
forte et fine
C=O d'une cétone
1705 à 1725
forte et fine
C=O d'un acide carboxylique
1700 à 1725
forte et fine
a) Nommez la famille chimique de chacune des quatre molécules.
b) Identifiez le spectre de la molécule azotée. Justifiez le nombre de bandes observées au-dessus de 3000cm−1.
c) Identifiez le spectre de l'acide pentanoïque à l'aide de la forme d'une de ses bandes.
d) Attribuez les deux spectres restants, en vous appuyant sur une valeur relevée.
e) Un élève affirme qu'une bande vers 1710cm−1 suffit à reconnaître une cétone. Montrez à l'aide des spectres que cette affirmation est fausse.
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Réponses
a)Acide carboxylique ; ester ; amine ; cétone
b)Spectre A : l'azote porte deux hydrogènes, donc deux bandes N−H à 3370 et 3290cm−1
c)Spectre C : bande O−H très large de 2500 à 3200cm−1
d)B, à 1717cm−1 : pentan-2-one ; D, à 1745cm−1 : éthanoate de propyle
e)Le spectre C porte une bande à 1711cm−1 et n'est pas celui d'une cétone : c'est un acide
a)
Le suffixe et le groupe caractéristique donnent la famille. −COOH : acide carboxylique. −COO− : ester. −NH2 : amine. −CO− entre deux carbones : cétone.
b)
Seule la pentan-1-amine contient de l'azote. La table prévoit des bandes fines N−H dans le domaine 3300 à 3500cm−1. Seul le spectre A en porte, à 3370cm−1 et 3290cm−1.
On compte les hydrogènes portés par l'azote : le groupe −NH2 en a deux, d'où deux bandes.
Piège : compter tous les hydrogènes de la molécule. Les treize hydrogènes de cette amine ne sont pas tous sur l'azote, et seuls ceux de l'azote donnent une bande N−H.
c)
Le spectre C montre une bande très large qui commence vers 3200cm−1 et descend jusque vers 2500cm−1, en englobant les pics des C−H. C'est la signature de la liaison O−H d'un acide carboxylique : c'est l'acide pentanoïque.
Sa largeur vient des liaisons hydrogène fortes entre molécules d'acide. C'est bien la FORME de cette bande qui décide, et non sa seule position.
d)
Il reste deux molécules à liaison C=O et sans O−H : B et D. La valeur relevée les sépare.
1717 tombe dans le domaine 1705 à 1725cm−1 de la cétone : B est la pentan-2-one.
1745 tombe dans le domaine 1735 à 1750cm−1 de l'ester : D est l'éthanoate de propyle.
e)
Le spectre C porte une bande à 1711cm−1, et sa molécule est un acide. Cette bande prouve une liaison C=O, sans dire dans quelle famille elle se trouve : les domaines de l'acide et de la cétone se recouvrent.
Pour conclure, on regarde l'autre zone du spectre : avec la bande O−H très large c'est un acide, sans elle ce peut être une cétone.
Exercice 3 : Ce qu'un spectre infrarouge ne tranche pas : trois isomères de formule C4H10O
Trois flacons X, Y et Z contiennent des liquides de même formule brute C4H10O : le butan-1-ol, le butan-2-ol et l'éthoxyéthane CH3−CH2−O−CH2−CH3. Leurs spectres infrarouges sont donnés ci-dessous.
a) Représentez la formule semi-développée du butan-1-ol et celle du butan-2-ol.
b) Identifiez le flacon qui contient l'éthoxyéthane, à l'aide de son spectre.
c) Un élève écrit : « le spectre Z n'a pas de bande O−H, donc la molécule ne contient pas d'oxygène ». Corrigez cette phrase.
d) La zone du spectre située au-dessus de 1500cm−1 permet-elle de distinguer les flacons X et Y ? Justifiez.
e) Indiquez quelle zone des spectres de X et Y diffère, et comment on l'exploite pour identifier chacun.
f) Le butan-1-ol et le butan-2-ol sont des isomères de position. Identifiez le contenu des flacons X et Y en comparant les températures mesurées aux valeurs tabulées.
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Réponses
a)CH3−CH2−CH2−CH2−OH et CH3−CH(OH)−CH2−CH3
b)Flacon Z : aucune bande O−H, c'est le seul à ne pas être un alcool
c)L'absence de bande exclut la LIAISON O−H, pas l'atome d'oxygène : l'éthoxyéthane en a un, lié à deux carbones
d)Non : mêmes liaisons, donc mêmes bandes au-dessus de 1500cm−1
e)L'empreinte digitale, sous 1500cm−1 : on la compare à un spectre de référence
f)X : butan-2-ol (99∘C) ; Y : butan-1-ol (118∘C)
a)
Le numéro indique le carbone qui porte le groupe hydroxyle :
butan-1-ol : CH3−CH2−CH2−CH2−OH ;
butan-2-ol : CH3−CH(OH)−CH2−CH3.
b)
Les spectres X et Y portent une bande forte et large vers 3340cm−1, celle du O−H d'un alcool. Le spectre Z n'en porte pas : la ligne de base y est plate.
Or les deux butanols sont des alcools, et l'éthoxyéthane n'a aucune liaison O−H. Le flacon Z contient donc l'éthoxyéthane. Sa température d'ébullition très basse le confirme : sans liaison O−H, les molécules ne forment pas de liaisons hydrogène entre elles.
c)
Un spectre infrarouge répond aux LIAISONS, pas aux atomes. L'éthoxyéthane contient bien un atome d'oxygène, lié à deux carbones.
Phrase correcte : « le spectre Z n'a pas de bande O−H, donc la molécule ne possède pas de liaison O−H ».
Piège : c'est la conclusion trop forte, la plus fréquente sur ces spectres. Une bande absente exclut une liaison, et rien de plus.
d)
Non. Le butan-1-ol et le butan-2-ol ont exactement les mêmes types de liaisons : O−H, C−H, C−C et C−O. Au-dessus de 1500cm−1, leurs spectres se superposent, comme le montre la figure du corrigé.
Une table de bandes identifie un groupe caractéristique. Elle ne dit pas sur quel carbone ce groupe est placé.
e)
Leurs spectres diffèrent dans l'empreinte digitale, sous 1500cm−1. On ne l'interprète pas creux par creux : on superpose le spectre de l'échantillon à des spectres de référence des deux alcools, et on retient celui qui coïncide.
f)
Les deux alcools ont la même chaîne linéaire de quatre carbones. Ce sont des isomères de position : seul le carbone qui porte le groupe hydroxyle change, et leurs températures d'ébullition diffèrent.
On compare aux valeurs tabulées. X, à 99∘C, contient le butan-2-ol. Y, à 118∘C, contient le butan-1-ol.
Piège : dire que le butan-2-ol est ramifié. Sa chaîne carbonée n'a aucune ramification, le groupe hydroxyle n'en est pas une.
Cette mesure simple règle ce que les bandes ne pouvaient pas régler : c'est souvent le rôle d'une seconde technique.
Exercice 4 : Suivre une oxydation au spectre : du menthol à la menthone
La menthone, à l'odeur de menthe poivrée, s'obtient par oxydation du menthol. Dans un ballon, on introduit m1=7,80g de menthol, de formule brute C10H20O, avec un oxydant en excès. On prélève le mélange à intervalles réguliers et on enregistre le spectre infrarouge de la phase organique.
Après deux heures, on isole et on purifie le produit : on recueille m2=6,00g de menthone. Données : M(menthol)=156,3g/mol ; M(menthone)=154,2g/mol.
Liaison
Nombre d'onde (cm⁻¹)
Allure de la bande
O-H d'un alcool
3200 à 3400
forte et large
C-H d'un carbone saturé
2800 à 3000
forte, plusieurs pics
C=O d'une cétone
1705 à 1725
forte et fine
a) Nommez la famille du menthol et celle de la menthone.
b) La menthone a pour formule brute C10H18O. Écrivez la demi-équation électronique du couple menthone / menthol, et précisez le nombre d'électrons échangés.
c) Prévoyez la bande qui doit disparaître et celle qui doit apparaître au cours de la transformation.
d) À l'aide du spectre pris après 30 minutes, indiquez si la transformation est terminée. Justifiez.
e) À l'aide du spectre pris après 2 heures, indiquez si le menthol a été consommé. Justifiez.
f) Calculez la quantité de matière initiale de menthol, puis la masse maximale de menthone attendue.
g) Calculez le rendement de la synthèse.
h) Le spectre final indique une transformation complète et le rendement n'atteint pas 100%. Expliquez pourquoi ces deux résultats ne se contredisent pas.
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Réponses
a)Le menthol est un alcool ; la menthone est une cétone
b)C10H18O+2H++2e−=C10H20O : deux électrons
c)Disparaît : O−H vers 3300cm−1 ; apparaît : C=O vers 1710cm−1
d)Non : les bandes O−H et C=O coexistent
e)Oui : la bande O−H a disparu
f)n1≈4,99×10−2mol ; mmax≈7,70g
g)η≈78%
h)Le spectre décrit la transformation ; le rendement compte aussi les pertes à l'isolement et à la purification
a)
Le menthol porte un groupe hydroxyle −OH sur un carbone de son cycle : c'est un alcool. La menthone porte un groupe carbonyle lié à deux carbones : c'est une cétone.
b)
On équilibre le couple en écrivant la cétone du côté de l'oxydant :
C10H18O+2H++2e−=C10H20O
Deux électrons sont échangés. La formule brute perd deux hydrogènes, ce qui confirme que le menthol est oxydé.
c)
Le réactif a une liaison O−H et pas de liaison C=O. Le produit a une liaison C=O et pas de liaison O−H.
Il faut donc voir disparaître la bande large de 3200 à 3400cm−1, et apparaître une bande forte et fine dans 1705 à 1725cm−1.
d)
Après 30 minutes, le spectre montre les DEUX bandes. La bande C=O prouve qu'il s'est formé de la menthone, et la bande O−H prouve qu'il reste du menthol.
La transformation n'est donc pas terminée.
Piège : conclure à la fin de la réaction dès que le produit apparaît. On guette toujours la disparition de la bande du RÉACTIF.
e)
Après 2 heures, la ligne de base est plate vers 3300cm−1, et il reste la bande C=O à 1710cm−1. Le menthol a été consommé, aux limites de détection de la technique.
f)
n1=M(menthol)m1=156,37,80≈4,99×10−2mol
L'oxydant est en excès et une mole de menthol donne une mole de menthone :
mmax=n1×M(menthone)=4,99×10−2×154,2≈7,70g
g)
η=mmaxm2=7,706,00≈0,78, soit 78%.
h)
Le spectre indique que le réactif restant n'est plus détectable DANS LE MÉLANGE. Le rendement mesure ce qu'on a recueilli à la fin : du produit reste sur la verrerie, dans la phase aqueuse et dans les résidus de purification.
Une transformation peut donc être complète et son rendement inférieur à 100%.
Exercice 5 : Le jus de chou rouge : prévoir une couleur à partir d'un spectre d'absorption
Le jus de chou rouge contient des anthocyanes, dont la forme change avec le pH. On prépare quatre solutions de même concentration totale, à pH 2, 7, 10 et 13, et on enregistre le spectre d'absorption de chacune dans une cuve de 1,00cm.
Une solution absorbe une partie de la lumière blanche, et l'œil perçoit la couleur complémentaire de celle qui est absorbée. Sur le cercle chromatique ci-dessous, deux couleurs complémentaires sont diamétralement opposées. Domaines approximatifs : bleu de 400 à 490nm, vert de 490 à 560nm, jaune de 560 à 590nm, rouge de 590 à 750nm.
a) Relevez la longueur d'onde du maximum d'absorption λmax de chacune des quatre solutions.
b) Indiquez la couleur majoritairement absorbée par la solution à pH 2 et par la solution à pH 13.
c) À l'aide du cercle chromatique, prévoyez la couleur approximative perçue pour chaque solution.
d) Un élève affirme que la solution à pH 13 absorbe le jaune, puisqu'elle paraît jaune. Corrigez cette affirmation.
e) On dilue deux fois la solution à pH 2. Prévoyez λmax et l'absorbance maximale de la solution diluée, en admettant la loi de Beer-Lambert.
f) Expliquez pourquoi λmax dépend du pH, alors qu'il ne change pas à la dilution.
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Réponses
a)525, 565, 610 et 430nm
b)pH 2 : le vert ; pH 13 : le bleu
c)pH 2 : magenta ou rose ; pH 7 : violet ; pH 10 : cyan ou bleu-vert ; pH 13 : jaune
d)Elle absorbe le bleu (430nm) et paraît jaune : la couleur vue est le complément de la couleur absorbée
e)λmax≈525nm ; Amax≈0,46
f)La dilution change la quantité d'espèce, pas l'espèce ; le pH change l'espèce majoritaire, donc son spectre
a)
On lit l'abscisse du sommet de chaque courbe : 525nm à pH 2, 565nm à pH 7, 610nm à pH 10 et 430nm à pH 13.
On lit λmax sur l'axe horizontal. La hauteur du sommet donne l'absorbance, une autre information.
b)
À pH 2, 525nm tombe dans le domaine du vert. À pH 13, 430nm tombe dans le domaine du bleu.
c)
On lit le secteur opposé sur le cercle chromatique.
pH 2 : le vert est absorbé, on voit le magenta, un rose soutenu.
pH 7 : le maximum est à la limite du vert et du jaune, on voit la limite opposée, entre magenta et bleu : du violet.
pH 10 : le rouge est absorbé, on voit le cyan, un bleu-vert.
pH 13 : le bleu est absorbé, on voit le jaune.
Ces couleurs sont approximatives : les bandes d'absorption sont larges, et la teinte réelle dépend de tout le spectre, pas de son seul maximum.
d)
La solution à pH 13 absorbe surtout vers 430nm, c'est-à-dire le bleu, et laisse passer le reste. Le jaune n'est pas absorbé : c'est ce que l'œil reçoit.
Piège : donner la couleur de la solution comme réponse à « quelle couleur absorbe-t-elle ? ». Les deux réponses sont diamétralement opposées sur le cercle.
e)
La loi de Beer-Lambert s'écrit A=εℓc. Diluer deux fois divise c par deux, et ε et ℓ ne changent pas :
Amax=20,92=0,46
Le maximum reste à la même longueur d'onde, 525nm.
f)
λmax est une propriété de l'ESPÈCE absorbante. Diluer ne modifie pas l'espèce : seule la hauteur de la courbe change.
Changer le pH transforme l'anthocyane par échange d'ions hydrogène : l'espèce majoritaire n'est plus la même, son spectre non plus. Le jus de chou rouge est, pour cette raison, un indicateur coloré.
Partie B : problèmes et raisonnement (/50)
Exercice 6 : Doser une espèce incolore dans l'ultraviolet : la caféine d'une boisson énergisante
La réglementation européenne impose la mention « teneur élevée en caféine » sur une boisson qui en contient plus de 150mg/L. Un laboratoire contrôle une boisson énergisante vendue en canette de 250mL. Une extraction préalable, sans changement de volume, a écarté les autres espèces qui absorbent dans l'ultraviolet.
La figure donne le spectre d'absorption d'une solution aqueuse de caféine, solution incolore. On mesure dans une cuve de ℓ=1,00cm l'absorbance de solutions étalons, à la longueur d'onde retenue (tableau). Pour la mesure, on prélève V0=5,0mL de boisson traitée et on complète à V1=100,0mL ; cette solution diluée donne A=0,81. Données : M(cafeˊine)=194,2g/mol ; une cuve en plastique ou en verre ordinaire absorbe fortement sous 300nm, une cuve en quartz reste transparente.
c (mg/L)
5,0
10,0
15,0
20,0
25,0
A
0,25
0,51
0,76
1,01
1,26
a) Justifiez, à l'aide du spectre, que la solution de caféine est incolore.
b) Relevez la longueur d'onde retenue pour le dosage, et justifiez le choix de ce maximum d'absorption.
c) Choisissez la cuve à utiliser. Justifiez.
d) Montrez que les mesures sont en accord avec la loi de Beer-Lambert, puis déterminez le coefficient k de la relation A=kc, avec c en mg/L.
e) Déduisez-en le coefficient d'absorption molaire ε de la caféine à cette longueur d'onde, en L⋅mol−1⋅cm−1.
f) Déterminez la concentration en masse de la solution diluée, puis celle de la boisson.
g) Calculez l'absorbance qu'aurait donnée la boisson sans dilution. Expliquez pourquoi le laboratoire dilue.
h) Choisissez la verrerie de la dilution.
i) La boisson doit-elle porter la mention « teneur élevée en caféine » ? Calculez aussi la masse de caféine d'une canette.
Voir la correction
Réponses
a)Elle n'absorbe que sous 320nm environ, donc aucune lumière visible
b)λmax≈273nm : l'absorbance y est la plus grande et varie le moins avec λ
c)Cuve en quartz : 273nm est sous la limite de 300nm du plastique et du verre ordinaire
d)A proportionnelle à c : k≈0,0505L/mg
e)ε≈9,8×103L⋅mol−1⋅cm−1
f)c1≈16,0mg/L ; boisson : c0≈320mg/L
g)A≈16, très au-delà de la gamme étalon qui s'arrête à 1,26
h)Pipette jaugée de 5,0mL et fiole jaugée de 100,0mL
i)Oui, 320>150mg/L ; une canette contient environ 80mg
a)
La couleur d'une solution vient de la lumière VISIBLE qu'elle absorbe. Le spectre montre une absorbance nulle au-delà de 320nm environ, donc sur tout le visible. Toute la lumière blanche est transmise : la solution est incolore.
Incolore ne veut pas dire sans absorption : la caféine absorbe, mais dans l'ultraviolet, que l'œil ne voit pas.
b)
On relève le maximum situé dans la zone exploitable : λmax≈273nm.
À ce maximum, l'absorbance est la plus grande pour une concentration donnée, donc la mesure est la plus sensible. La courbe y est aussi presque plate : une petite erreur sur le réglage de λ change peu A.
c)
À 273nm, une cuve en plastique ou en verre ordinaire absorberait elle-même fortement : la mesure traduirait la cuve autant que la caféine. On choisit la cuve en quartz, transparente à cette longueur d'onde.
d)
On calcule cA pour chaque étalon : 0,050 ; 0,051 ; 0,051 ; 0,051 ; 0,050. Le rapport est constant aux erreurs de mesure près, et les points s'alignent sur une droite passant par l'origine : A est proportionnelle à c, conformément à la loi de Beer-Lambert.
La droite d'ajustement donne k≈0,0505L/mg.
e)
La loi de Beer-Lambert s'écrit A=εℓcmol, avec cmol=Mc. Comme c est en mg/L, on écrit M=194,2×103mg/mol :
ε=ℓkM=1,000,0505×194,2×103≈9,8×103L⋅mol−1⋅cm−1
f)
La droite d'étalonnage donne la solution diluée :
c1=kA=0,05050,81≈16,0mg/L
La boisson a été diluée 5,0100,0=20 fois, donc c0=20×c1≈320mg/L.
Piège : donner 16,0mg/L comme teneur de la boisson. C'est la concentration dans la cuve, pas dans la canette.
g)
A=kc0=0,0505×320≈16.
Cette valeur est très au-delà de 1,26, dernière valeur de la gamme, et hors de portée d'un spectrophotomètre courant. On ne prolonge jamais une droite d'étalonnage hors de sa gamme : le laboratoire dilue pour ramener A dans la gamme.
h)
Une dilution précise demande une pipette jaugée pour le prélèvement et une fiole jaugée pour le volume final. Une éprouvette et un bécher ne sont pas assez précis.
i)
320mg/L dépasse 150mg/L : la mention est obligatoire.
Masse dans une canette : m=c0×V=320×0,250=80mg.
La droite d'étalonnage passe par l'origine ; la solution diluée se lit à A=0,81, à l'intérieur de la gamme.
Exercice 7 : Une odeur d'orange : synthèse d'un ester contrôlée à chaque étape par l'infrarouge
L'éthanoate d'octyle, à l'odeur d'orange, se synthétise à partir de l'octan-1-ol CH3−(CH2)7−OH et de l'acide éthanoïque CH3−COOH, en présence d'un catalyseur acide. On chauffe à reflux m1=26,0g d'octan-1-ol et m2=24,0g d'acide éthanoïque.
On lave ensuite le mélange par une solution d'hydrogénocarbonate de sodium : une effervescence se produit. La phase organique est séchée puis distillée, et l'on recueille m3=24,1g de liquide. Les spectres sont pris à chaque étape. Masses molaires en g/mol : octan-1-ol, 130,2 ; acide éthanoïque, 60,1 ; éthanoate d'octyle, 172,3.
Liaison
Nombre d'onde (cm⁻¹)
Allure de la bande
O-H d'un alcool
3200 à 3400
forte et large
O-H d'un acide carboxylique
2500 à 3200
forte et très large, englobe les C-H
C-H d'un carbone saturé
2800 à 3000
forte, plusieurs pics
C=O d'un ester
1735 à 1750
forte et fine
C=O d'un acide carboxylique
1700 à 1725
forte et fine
a) Écrivez l'équation de la réaction en formules semi-développées, et nommez l'autre produit formé.
b) Calculez les quantités de matière initiales, puis identifiez le réactif limitant.
c) Prévoyez la bande dont la disparition montre que l'alcool a été consommé, ainsi que le domaine de la bande C=O de l'ester.
d) À l'aide du spectre du mélange brut, indiquez quel réactif est encore présent en grande quantité. Justifiez.
e) Écrivez l'équation de la réaction du lavage entre l'acide éthanoïque et l'ion hydrogénocarbonate HCO3−. Nommez le gaz de l'effervescence, et expliquez pourquoi le lavage retire l'acide de la phase organique.
f) Sur le spectre de la phase lavée, attribuez la bande à 3340cm−1. Quelle espèce trahit-elle ?
g) À l'aide du dernier spectre, indiquez si le liquide distillé peut être l'ester pur. Justifiez.
h) Calculez le rendement de la synthèse.
i) Proposez une modification du protocole qui améliorerait ce rendement. Justifiez-la.
Voir la correction
Réponses
a)CH3−COOH+CH3−(CH2)7−OH⇌CH3−COO−(CH2)7−CH3+H2O ; autre produit : l'eau
b)n1≈0,200mol ; n2≈0,399mol ; l'octan-1-ol est limitant
c)O−H d'alcool, de 3200 à 3400cm−1 ; C=O d'ester entre 1735 et 1750cm−1
d)L'acide éthanoïque : bande très large de 2500 à 3200cm−1 et C=O à 1711cm−1
e)CH3−COOH+HCO3−⟶CH3−COO−+CO2+H2O ; l'ion éthanoate, chargé, passe dans l'eau
f)O−H d'alcool : de l'octan-1-ol n'a pas réagi
g)Oui : plus de bande O−H, une seule bande C=O à 1740cm−1
h)η≈70%
i)Retirer l'eau formée au fur et à mesure (Dean-Stark), ce qui déplace l'équilibre vers l'ester
a)
L'estérification forme un ester et de l'eau, et elle est limitée :
n1=130,226,0≈0,200mol et n2=60,124,0≈0,399mol.
Les coefficients stœchiométriques valent 1 : l'octan-1-ol, en plus petite quantité, est le réactif limitant, et l'acide est en excès.
c)
L'alcool se reconnaît à sa bande O−H large dans 3200 à 3400cm−1. L'ester, sans liaison O−H, présente une bande C=O forte et fine dans 1735 à 1750cm−1.
d)
Le spectre brut montre une bande très large, de 2500cm−1 jusque vers 3200cm−1, qui englobe les pics des C−H, et une bande à 1711cm−1. Ce sont les signatures de l'acide carboxylique : l'acide éthanoïque reste présent en quantité, ce qui est attendu puisqu'il est en excès.
La bande à 1740cm−1 prouve que l'ester s'est formé.
e)
L'ion hydrogénocarbonate est une base. Il réagit avec l'acide :
CH3−COOH+HCO3−⟶CH3−COO−+CO2+H2O
Le gaz est le dioxyde de carbone. L'ion éthanoate formé est chargé : il est beaucoup plus soluble dans l'eau que dans la phase organique, et l'acide quitte ainsi cette phase.
f)
La bande très large a disparu : le lavage a bien retiré l'acide. Il reste une bande large, peu intense, centrée vers 3340cm−1, qui tombe dans 3200 à 3400cm−1 : c'est le O−H d'un alcool.
L'ester n'en a pas et l'acide a été retiré. Cette bande trahit l'octan-1-ol qui n'a pas réagi, ce qui confirme que la transformation est limitée.
Piège : déclarer l'ester pur dès que la bande de l'acide disparaît. On vérifie chaque réactif, un par un.
g)
Oui. La bande O−H a disparu, et il reste les C−H et une seule bande C=O, à 1740cm−1, dans le domaine de l'ester. La distillation a retiré l'alcool restant.
Le spectre est compatible avec l'ester pur. Pour le confirmer, on compare son empreinte digitale à un spectre de référence.
h)
mmax=n1×M(ester)=0,200×172,3≈34,4g
η=mmaxm3=34,424,1≈0,70, soit 70%.
i)
L'estérification est une transformation limitée. Retirer l'eau au fur et à mesure qu'elle se forme, à l'aide d'un montage Dean-Stark, abaisse le quotient de réaction et déplace l'évolution vers l'ester.
Augmenter encore l'excès d'acide est aussi une réponse valable, avec la même justification.
Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger
Chacune des cinq affirmations suivantes est fausse. Pour chacune, expliquez l'erreur, puis donnez la réponse juste en vous appuyant sur un calcul ou sur un résultat des exercices précédents.
a) « Plus le nombre d'onde est grand, plus la longueur d'onde est grande : le rayonnement absorbé à 3300cm−1 a une longueur d'onde supérieure à celui absorbé à 1700cm−1. »
b) « Le spectre de l'éthanoate de propyle ne montre aucune bande O−H, donc cette molécule ne contient pas d'oxygène. »
c) « Une solution qui paraît jaune absorbe le jaune. »
d) « Une bande à 1715cm−1 prouve que la molécule est une cétone. »
e) « Une solution incolore n'absorbe aucun rayonnement, donc un spectrophotomètre ne peut pas la doser. »
Voir la correction
Réponses
a)λ=σ1 : 3,03μm à 3300cm−1 contre 5,88μm à 1700cm−1
b)Elle a deux atomes d'oxygène et aucune liaison O−H : la bande absente exclut la liaison, pas l'atome
c)Elle absorbe le bleu, couleur complémentaire du jaune
d)Elle prouve une liaison C=O ; un acide carboxylique y absorbe aussi, c'est l'autre zone du spectre qui tranche
e)Elle peut absorber hors du visible : la caféine se dose à 273nm
a)
σ et λ sont inverses l'un de l'autre, λ=σ1 : plus σ est grand, plus λ est petite.
En micromètres : 3300104≈3,03μm et 1700104≈5,88μm.
C'est donc le rayonnement absorbé à 1700cm−1 qui a la plus grande longueur d'onde.
b)
Un spectre infrarouge répond aux liaisons, pas aux atomes. L'éthanoate de propyle CH3−COO−C3H7 contient deux atomes d'oxygène, l'un en C=O et l'autre entre deux carbones, sans aucune liaison O−H. Son spectre, à l'exercice 2, porte d'ailleurs une forte bande C=O à 1745cm−1.
c)
Une solution absorbe une partie de la lumière blanche, et l'œil reçoit le reste. Une solution jaune absorbe donc la couleur complémentaire du jaune, le bleu : c'est le cas à pH 13 à l'exercice 5, avec λmax=430nm.
d)
1715cm−1 prouve une liaison C=O, sans en donner la famille : ce nombre tombe dans le domaine de la cétone et dans celui de l'acide carboxylique. Le spectre C de l'exercice 2, à 1711cm−1, est celui d'un acide.
Pour conclure, on regarde la zone de 2500 à 3200cm−1 : avec une bande très large, c'est un acide ; sans elle, ce peut être une cétone, si la formule le permet.
e)
« Incolore » signifie seulement qu'aucune lumière VISIBLE n'est absorbée. La solution peut absorber dans l'ultraviolet. La caféine de l'exercice 6, incolore, se dose à 273nm avec une droite d'étalonnage parfaitement exploitable, à condition d'utiliser une cuve en quartz.
Exercice 9 : Un flacon sans étiquette : de la composition massique au nom de la molécule
Dans une armoire de laboratoire, on retrouve un flacon de liquide incolore, sans étiquette, dont le volume est de 250mL. L'inventaire signale la disparition d'un flacon de 250mL de butanone. L'analyse élémentaire du liquide donne, en masse : 66,7% de carbone, 11,1% d'hydrogène et 22,2% d'oxygène. Sa masse molaire vaut M=72,0g/mol et sa densité d=0,805.
Quatre molécules sont candidates, avec leur température d'ébullition : le butanal (75∘C), la butanone (80∘C), le but-3-én-1-ol (113∘C) et l'éthoxyéthène (33∘C). Le liquide bout à 79,5∘C. Masses molaires atomiques en g/mol : C, 12,0 ; H, 1,0 ; O, 16,0.
Liaison
Nombre d'onde (cm⁻¹)
Allure de la bande
O-H d'un alcool
3200 à 3400
forte et large
C-H d'un carbone saturé
2800 à 3000
forte, plusieurs pics
C-H d'un aldéhyde
2700 à 2850
moyenne, deux pics
C=O d'un aldéhyde
1720 à 1740
forte et fine
C=O d'une cétone
1705 à 1725
forte et fine
C=C d'un alcène
1620 à 1680
moyenne et fine
a) Montrez que la formule brute du liquide est C4H8O.
b) Représentez la formule semi-développée de la butanone et celle du butanal, et précisez le groupe caractéristique de chacune.
c) À l'aide du spectre, éliminez le but-3-én-1-ol. Justifiez.
d) Justifiez que le spectre élimine aussi l'éthoxyéthène.
e) Indiquez ce qui, sur le spectre, sépare le butanal de la butanone, puis identifiez le liquide.
f) Vérifiez la cohérence de ce résultat avec la température d'ébullition.
g) Calculez la masse et la quantité de matière de liquide contenues dans le flacon.
h) Le flacon retrouvé peut-il être celui qui manque à l'inventaire ? Justifiez à l'aide de deux résultats.
Voir la correction
Réponses
a)nC=12,00,667×72,0=4,0 ; nH=8,0 ; nO=1,0
b)CH3−CO−CH2−CH3, groupe carbonyle de cétone ; CH3−CH2−CH2−CHO, groupe carbonyle d'aldéhyde
c)Aucune bande O−H vers 3300cm−1 : ce n'est pas un alcool
d)Le spectre porte une bande C=O forte à 1717cm−1, que l'éthoxyéthène, sans carbonyle, ne donnerait pas
e)1717cm−1 et aucun pic vers 2720 et 2820cm−1 : la butanone
f)Oui : 79,5∘C est proche des 80∘C de la butanone
g)m≈201g ; n≈2,80mol
h)Oui : même molécule (spectre et ébullition) et même volume
a)
Dans une mole de liquide, chaque élément représente son pourcentage de 72,0g :
nC=12,00,667×72,0≈4,0
nH=1,00,111×72,0≈8,0
nO=16,00,222×72,0≈1,0
La formule brute est donc C4H8O. Les quatre candidats ont tous cette formule : elle ne suffit pas à conclure.
b)
Butanone : CH3−CO−CH2−CH3, le carbonyle est lié à deux carbones, c'est une cétone.
Butanal : CH3−CH2−CH2−CHO, le carbonyle porte un hydrogène et se trouve en bout de chaîne, c'est un aldéhyde.
c)
Le but-3-én-1-ol est un alcool, il donnerait une bande O−H forte et large dans 3200 à 3400cm−1. La ligne de base y est plate : la liaison O−H est exclue, et ce candidat avec elle.
d)
L'éthoxyéthène ne contient pas de groupe carbonyle. Le spectre porte pourtant une bande intense à 1717cm−1, dans le domaine des C=O : ce candidat est éliminé.
Une bande présente PROUVE une liaison : c'est l'argument le plus solide de cet exercice.
e)
Deux indices séparent les deux derniers candidats.
La position : 1717 tombe dans le domaine de la cétone, 1705 à 1725cm−1, et sous celui de l'aldéhyde, 1720 à 1740cm−1.
Les deux pics moyens du C−H d'aldéhyde, attendus vers 2720cm−1 et 2820cm−1, sont absents.
Le liquide est la butanone.
Piège : décider sur la seule position du C=O, alors que les domaines de la table se touchent. Le second indice rend la conclusion sûre.
f)
La butanone bout à 80∘C, et le liquide à 79,5∘C. Les deux valeurs sont cohérentes, et le butanal, à 75∘C, en est nettement plus éloigné.
g)
La densité donne la masse volumique : ρ=d×ρeau=0,805g/mL.
m=ρV=0,805×250≈201g
n=Mm=72,0201≈2,80mol
h)
Oui. Le spectre et la température d'ébullition identifient la butanone, et le volume de 250mL correspond à l'inventaire.
Avant de reposer l'étiquette, on peut superposer l'empreinte digitale à un spectre de référence de la butanone, pour lever le dernier doute.
Exercice 10 : Une fraude au curcuma : l'UV-visible dose, l'infrarouge identifie
La curcumine, C21H20O6, donne sa couleur jaune au curcuma. Un fabricant annonce une poudre à au moins 2,5% de curcumine en masse. Or des poudres sont parfois falsifiées par le jaune de métanile, un colorant de synthèse interdit en alimentation, de couleur voisine. Sa molécule porte un groupe sulfonate et une liaison N−H, et ne contient aucun groupe carbonyle. Une importatrice fait contrôler deux lots, A et B.
Protocole du dosage, appliqué à chaque lot : on agite m=0,100g de poudre dans l'éthanol, on filtre et on complète à 100,0mL (solution S0). On dilue S0 dix fois (solution S1), et on mesure l'absorbance de S1 à 425nm, dans une cuve de ℓ=1,00cm. On trouve A=0,40 pour le lot A et A=0,42 pour le lot B. Données pour la curcumine dans l'éthanol : λmax=425nm ; ε=5,5×104L⋅mol−1⋅cm−1 ; M=368,4g/mol.
La première figure donne les spectres UV-visible des deux solutions S1, la seconde les spectres infrarouges de leurs extraits solides.
Spectres d'absorption UV-visible des solutions S1 des lots A et B.
Liaison
Nombre d'onde (cm⁻¹)
Allure de la bande
O-H d'un phénol
3200 à 3600
moyenne à forte
N-H d'une amine
3300 à 3500
fine : deux bandes pour NH₂, une pour NH
C=O conjugué à une C=C
1620 à 1680
forte et fine
C=C d'un cycle aromatique
1450 à 1600
moyenne, plusieurs pics
S=O d'un sulfonate
1150 à 1250
forte
a) Indiquez la couleur majoritairement absorbée à 425nm, et justifiez ainsi la couleur jaune des solutions.
b) Relevez λmax pour chaque lot. Le spectre UV-visible suffit-il à affirmer que les deux lots contiennent de la curcumine ? Justifiez.
c) À l'aide des spectres infrarouges et de la table, identifiez le lot qui contient de la curcumine et celui qui est falsifié.
d) Calculez la concentration en quantité de matière de curcumine de la solution S1 du lot A, puis celle de S0.
e) Montrez que la poudre du lot A contient environ 2,7% de curcumine en masse.
f) Calculez l'absorbance qu'aurait donnée S0, et justifiez la dilution.
g) Calculez le pourcentage de curcumine qu'annoncerait le même calcul pour le lot B.
h) Un dosage seul aurait-il détecté la fraude ? Indiquez le lot à accepter et le rôle de chacune des deux techniques.
Voir la correction
Réponses
a)Le bleu ; la solution paraît de la couleur complémentaire, le jaune
b)425 et environ 432nm : non, ces bandes larges et voisines ne distinguent pas deux colorants jaunes
c)Lot A : curcumine (C=O à 1628cm−1) ; lot B : falsifié (aucune C=O, S=O à 1190cm−1)
d)c(S1)≈7,27×10−6mol/L ; c(S0)≈7,27×10−5mol/L
e)m≈2,68mg dans 0,100g : 2,68%≈2,7%
f)A(S0)≈4,0 : le spectrophotomètre n'est plus fiable à ce niveau, d'où la dilution
g)2,81%, au-dessus du seuil annoncé, alors que le lot ne contient pas de curcumine
h)Non. On accepte le lot A : l'infrarouge identifie, l'UV-visible dose
a)
425nm correspond au bleu, à la limite du violet. La solution absorbe cette lumière et laisse passer le reste : l'œil perçoit la couleur complémentaire du bleu, le jaune.
b)
On lit λmax≈425nm pour le lot A et environ 432nm pour le lot B.
Le spectre ne suffit pas. Ces bandes, larges et voisines, dépendent aussi du solvant : deux colorants jaunes différents peuvent donner presque la même courbe.
Piège : prendre une valeur proche de λmax pour une preuve d'identité. Une bande UV-visible signale une famille de colorants, rarement une molécule unique.
c)
La curcumine porte un groupe carbonyle conjugué : on attend une bande forte et fine dans 1620 à 1680cm−1.
Lot A : une bande à 1628cm−1, avec une bande O−H vers 3510cm−1 et les C=C du cycle aromatique. Ce spectre correspond à la curcumine.
Lot B : rien vers 1620 à 1680cm−1, une bande fine N−H à 3420cm−1, et une forte bande à 1190cm−1 qui tombe dans le domaine du S=O. Ce spectre correspond au jaune de métanile : le lot B est falsifié.
d)
La loi de Beer-Lambert donne la concentration de la solution mesurée :
c(S1)=εℓA=5,5×104×1,000,40≈7,27×10−6mol/L
S0 est dix fois plus concentrée : c(S0)≈7,27×10−5mol/L.
e)
La masse de curcumine contenue dans 100,0mL de S0 est celle de la prise d'essai :
mc=c(S0)×V×M=7,27×10−5×0,100×368,4≈2,68×10−3g
mmc=0,1002,68×10−3≈0,0268, soit environ 2,7%.
Le lot A respecte le minimum annoncé de 2,5%.
f)
A(S0)=10×0,40=4,0.
À ce niveau, presque aucune lumière ne traverse la cuve : la mesure n'est plus fiable, et la proportionnalité de la loi de Beer-Lambert n'est plus garantie. On dilue pour revenir à une absorbance inférieure à 1.
g)
Le même calcul, appliqué à A=0,42, donne :
0,400,42×2,68≈2,81%
Ce pourcentage dépasse le seuil de 2,5%. Il ne veut pourtant rien dire : l'absorbance vient d'une autre espèce.
h)
Non : le dosage seul déclarerait le lot B conforme. Une absorbance mesure combien de lumière est absorbée, sans dire par quoi.
On accepte le lot A et on refuse le lot B. L'infrarouge répond à la question « quelle molécule ? », et l'UV-visible à la question « combien ? ». Un contrôle sérieux pose les deux, dans cet ordre.
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